‹ Les cures hélio-marines par les voyages en merChapitre 15 sur 27 · ES LE · texte numérisé non relu

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viscères, facilitant la tendance à la décompensation cardiaque : d’où le grand nombre de crises d’asystolie en mer, chez des sujets qui, d’autre part supportaient bien leurs lésions avant l’embarquement.

On refusera ces voyages aux grands cachectiques, sujets incapables de réagir, de même qu’aux personnes atteintes de manies, de troubles mentaux, ainsi qu'aux comitiaux.

Ces derniers surtout ne seront pas embarqués : il est rare qu’un épileptique puisse passer quinze jours à bord sans faire de crise.

De même contre-indication chez les tuberculeux avancés, avec tendance aux hémoptysies, bien que de nombreuses observations soient rapportées de tuberculeux gravement atteints qui reprirent leurs forces pendant leur rapatriement.

Toutefois, tant qu’il n’existera pas de navires sanatoria, le médecin ne laissera pas embarquer cette catégorie de malades, par raison sociale : d’ailleurs les Compagnies de navigation auraient bientôt fait de les refuser, et avec juste raison.

« Faut-il embarquer les mélancoliques, ces malades qui sont étiquetés le plus souvent « neurasthéniques », écrit le Dr Paillard ? Les Anglais conseillent vivement les voyages en mer aux personnes atteintes de « spleen » et il ajoute : « On a souvent l’exemple de ces familles de la classe aisée qui essayent de distraire un des leurs qui est neurasthénique. »

On tente tous les divertissements, même les plus coû-

teux, sans succès; on tente parfois un voyage en mer et

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finalement le malade est conduit au psychiâtre. Le premier soin de ce médecin est d'isoler le sujet dans une maison de santé, dont la vie monacale est plus bienfaisante pour lui que le séjour à bord d’un navire, séjour que le malade trouverait ou trop attrayant ou trop mono-

tone.

La Tuberculose et la haute mer

Pour comprendre l'intérêt que la cure de haute mer peut présenter chez les tuberculeux, il convient de rappeler que de nos jours, comme à toutes les époques, la climatothérapie reste le facteur de base de la guérison de la tuberculose.

A toutes les époques, en effet, l’air et le soleil furent considérés comme les éléments essentiels de la thérapeutique de cette affection.

Dans l’antiquité, les Orientaux avec Sucruta, Hérophile, les Grecs avec Hippocrate, les Romains avec Pline l’Ancien, Celse, signalent l'influence bienfaisante du repos, du grand air, de la montagne, chez les phtisiques.

Au Moyen Age, Sidoine, Apollinaire, Avicenne, à la Renaissance, Ambroise Paré, Petrus Forestus, enfin Laennec et plus près de nous Brehemer et Deittveiler ont insisté sur la valeur de la climatologie.

Aujourd’hui, des recherches scientifiques en cours tracent une voie qui permettra peut-être de découvrir une thérapeutique spécifique. Ainsi le Prof. Maragliano de Gênes affirme depuis longtemps que l’on peut obtenir chez l’homme, et en particulier chez l’enfant, une certaine immunisation au moyen de l’inoculation de bacil-

les morts.

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Toutefois les médecins se rendent compte que la tuberculose échappe aux lois banales de la thérapeutique et qu’il faut, pour la vaincre, autre chose qu’un peu d’arsenic, de créosote ou de cacodylate.

Ils sont de plus en plus convaincus que c’est aux agents naturels, aux: modificateurs hygiéniques, à lair, à la lumière, à la température, qu’il faut faire appel pour combattre victorieusement une maladie dont le caractère principal est la déchéance constitutionnelle de l’organisme et dont les causes remontent jusqu'aux sources mêmes de la vie (Dr A. Edom).

« Malgré l'importance de la collapsothérapie du poumon tuberculeux, de l’action du pneumothorax et de la thoracoplastie, l’élément thérapeutique de plus grande importance reste encore la climatothérapie », écrit le Dr Armand Delille.

Et ce n’est pas à l’heure où la climatologie entre dans le domaine scientifique que nous devons méconnaître ce qu’elle a donné, alors qu’elle n’était que pratiques issues de l’empirisme.

Bien au contraire, parallèlement à une connaissance plus exacte des formes anatomo-cliniques de la maladie, des notions plus précises quant aux caractéristiques hydro-climatiques de diverses régions, permettent de mieux fixer les indications et contre-indications (L. Bernard et Even).

Or, on peut affirmer que si tous les avantages climatiques étaient réunis en un point de la terre, tous les fondateurs de sanatoria auraient choisi ce lieu.

Mais cet endroit privilégié ne paraît pas exister, puis-

que les sanatoria sont construits dans des régions les

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plus diverses et les plus dissemblables : les uns en plaine, les autres en montagne, plusieurs dans les pays chauds aux confins du désert même, quelques-uns dans les contrées froides.

Il faut se rendre à l’évidence, et si ces établissements possèdent au moins quelques-uns des attributs qui sont leur raison d’être, leur justification, ils subissent en contre-partie les inconvénients résultant tant du climat que de l’altitude, de la latitude et de l'orientation rendant leur action souvent insuffisante sinon inutile.

Tout d’abord, dans le traitement des tuberculeux chirurgicaux, la recherche des facteurs climatiques essentiels a conduit à envoyer les malades dans des régions aussi nombreuses que variées, et tour à tour, campagne, montagne, bord de mer ont été en vogue.

Or les médecins sont obligés de reconnaître qu’en aucun de ces lieux, ces facteurs existent dans toute leur pureté et qu’ils sont accompagnés d’autre part d’inconvénients parfois considérables.

Le climat de la haute montagne, par exemple, offre sans doute au malade un air pur et riche en oxygène, une héliothérapie riche en ultra-violets; il est démontré néanmoins que sur les plus hauts sommets, le vent apporte des poussières qu’il a ramassées au loin, sur les routes, les rochers, sur tout son parcours (Eden).

Pour trouver réunis les avantages de l’altitude, il faut atteindre 1.500 mètres, mais alors interviennent des inconvénients résultant de la température, des brouillards, des pluies, de la neige, des vents froids, inconvénients qui détruisent souvent les bienfaits résultant de

la pureté atmosphérique.

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