APRES
Le bord de mer, qui de nos jours semble retenir plus particulièrement l'attention des médecins, s’il possède également un air de grande pureté lorsque le vent souffle de la mer, les poussières et les micro-organismes étant refoulés vers l’intérieur des terres, est plus ou moins souillé lorsque souffle le vent de terre.
Ajoutons la fréquence sur les côtes des brouillards des brumes et comme partout ailleurs des pluies, du vent, de la neige, du froid.
Certes, ces inconvénients sont en grande partie corrigés par l’heureuse influence de l’océan, mais ils sont encore assez évidents pour ne pas être négligés.
Or, si aucun lieu sur le continent n’est susceptible d'offrir aux tuberculeux des conditions climatiques idéales, ces qualités sont l’apanage du climat de la haute mer. ;
Et à juger par les résultats merveilleux obtenus au bord de la mer dans tous les cas de tuberculose (tubersulose pulmonaire exceptée), alors que l’atmosphère marine est diluée et en partie neutralisée par les influences météorologiques du continent, n'est-il pas logique d'admettre que l’action de la cure sera beaucoup plus puissante au large où le malade trouvera un air d’une pureté absolue, exempt de tous germes, de toutes poussières, et où il jouira, en même temps, d’une lumière plus abondante et plus riche que partout ailleurs ?
Aussi il n’est pas exagéré de penser que les tubèrculeux chirurgicaux qui, jusqu’à ces dernières années, allaient chercher une amélioration, sinon une guérison de leur affection au bord de la mer, où ils remplissaient
des sanatoria dits marins, verront s’accomplir des mer-
CS YCyE
veilles, le jour où ils pourront bénéficier des cures en pleine mer.
En ce qui concerne les tuberculeuses osseuses et ostéoarticulaires, la presque unanimité des auteurs admettent de nos jours un temps minimum de traitement, audessous duquel la guérison n’est pas à espérer.
Pour Calvé, l’immobilisation ininterrompue et continue doit avoir une durée minimum de 2 ans à 2 ans et demi pour les membres supérieurs, de 3 à 4 ans pour les membres inférieurs et la colonne vertébrale. Il ajoute que ces chiffres sont optimistes et concernent les enfants. Chez les adultes, la durée du traitement est encore plus grande. ;
En Allemagne, Karmer et Wiese, publient une statistique sur le temps de traitement dans un grand sanatorium. Pour eux, il faudrait une moyenne de 4 ans et demi pour le genou, 4 ans pour la hanche.
« Or, aucun des auteurs que nous avons consultés, écrit Saidman, ne fournit l’explication de ce délai, qu’il serait si utile de connaître pour tenter de l’abréger ; d’ailleurs on ne peut assigner une durée de trois années à l'évolution du microbe tuberculeux (la vitalité du bacille de Koch est loin d’être aussi grande). »
Enfin si l’on considère, comme Hibbs, que dix ans après le début du traitement, il y a encore 48 p. 100 de tuberculose ostéo-articulaire en évolution parmi les malades soignés à New-York, on se rend compte qu’il n'existe aucune durée moyenne précise sur le temps d'évolution des lésions, mais que de toutes façons la
thérapeutique la plus rationnelle, actuellement le séjour
FANS
en sanatorium, exige de la part du malade un certain nombre d’années rarement inférieur à trois.
Aussi nous pensons qu’en accord avec une thérapeutique plus active, les tuberculeux verraient diminuer le temps d’évolution de leurs lésions.
« Toutefois, à l’heure actuelle, et tant que de véritables navires sanatoria ne seront pas aménagés, en ce qui concerne les tuberculeux osseux, on ne pourra conseiller les voyages au long cours, écrit le Dr Paillard, qu'aux sujets déjà soumis à un traitement orthopédique et chirurgical. »
On n’embarquera pas les malades atteints de coxalgie, de tumeur blanche du genou et de mal de Pott, qui sont immobilisés et couchés dans un appareil plâtré ou orthopédique quelconque, par suite des difficultés à faire circuler dans les coursives et à monter chaque jour, sur le pont, ces malades appareillés.
On conseillera l’embarquement surtout aux sujets atteints de petites affections osseuses ne condamnant pas à l’immobilisation sur un brancard, lésions telles que tuberculose du coude, du poignet, de l’articulation scapulo-humérale, abcès froid osseux...
De même pour les personnes atteintes d’adénite bacillaire, d’adénopathie trachéo-bronchique, les convalescents de pieurésie séro-fibrineuse et de tuberculose péritonéale chronique, qu’il s'agisse des formes ascitiques pures de forme ulcéro-caséeuses ou fibreuses, nul doute que la pleine mer ne leur offre les moyens physiothérapiques les meilleurs et les plus puissamment efficaces, en plus des éléments les plus actifs de stimulation de
toutes les forces de résistance de l’organisme.