SES
brouillards, par contre, une chaleur trop sèche, si elle s'accompagne d’un peu de vent, prédispose aux poussées congestives : mais la stabilité hygrométrique s’impose avant tout.
Le vent, grand ennemi des tuberculeux, doit être très redouté; au contraire les brises légères venant rafraichir l’atmosphère sans y provoquer de brassages violents, exercent une influence heureuse (L. Bernard, Even).
La lumière solaire a une action incontestable sur les phtysiques, or, autant l’insolation, l’application directe des rayons solaires sur les téguments de ces malades, est dangereux, en raison des risques qu’elle est susceptible de leur faire courir par les réactions qu’elle peut provoquer, autant la iuminosité, l’ensoleillement, leur est favorable.
Comme on le voit, chacun des éléments climatiques agit moins par son action propre que par sa constance: fraicheur ou chaleur, sécheresse ou humidité, pression basse ou élevée, importent moins que la fréquence ou la rareté des variations de ces facteurs.
Le tuberculeux pulmonaire en voie d’évolution n’estil pas un malade fragile, constamment guetté par une quinte de toux, un accès de fièvre ? Très sensible, il appréhende tout ce qui peut déranger son équilibre chancelant.
Aussi la pleine mer paraît constituer un lieu d’élection pour ces malades, où mieux que n’importe où, leurs organes respiratoires atteints, pourront se reposer.
A cela s’ajoute également un élément indispensable à tout succès en matière de climatothérapie, le repos
complet tant physique que moral, que permettront ces séjours en mer.
« Il convient en effet, écrit le Dr Villaret, de procurer au phtisique une quiétude morale et intellectuelle aussi complète que possible, en lui évitant l'attrait des distractions mondaines trop fatigantes, comme celles de certains points de la Riviera, en l’isolant en quelque sorte de ses soucis habituels, sans toutefois déterminer chez lui l’ennui. »
Bien plus, on comprend toute l’importance de ces cures héliomarines, puisqu’elles permettraient aux tuberculeux chirurgicaux présentant des lésions pulmonaires, de bénéficier des immenses ressources thérapeutiques du climat marin, alors qu’ils étaient jusqu'ici privés de tous séjours au bord de mer.
Cependant, le médecin se gardera de prescrire ces séjours aux vieux tuberculeux cachectiques, chez lesquels l'organisme n’est plus capable de réaction, ainsi que dans les formes aiguës (phtisie galopante, granulie, typho-bacillose).
Et tant qu’il n’existera pas de véritables bateaux sanatoria, nous nous refuserons de faire embarquer des tuberculeux dont l’expectoration est en permanence chargée de bacilles; aucun passager ne voudrait, d’ailleurs, partager sa cabine avec un tuberculeux, qui serait rapidement mis à l’écart sur le bateau : la vie deviendrait pour lui vite impossible.
La seule solution raisonnable du problème consisterait donc à frêter des navires spécialement pour les
tuberculeux. Ils pourraient alors bénéficier de la cure