‹ Les cures hélio-marines par les voyages en merChapitre 21 sur 27 · ST GORE · texte numérisé non relu

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en pleine mer, sans risquer d’être une gêne ou un danger à bord.

« Actuellement, écrit le Dr Paillard, nous n’admettrons que ces tuberculeux fibreux, à expectoration discrète ou même nulle, ne contenant des bacilles que dans quelques poussées évolutives », ajoutant : « les autres. passagers ne se douteront même pas que parmi leurs compagnons se trouvent des malades faisant leur cure de repos au grand air de la mer. Ces malades prendront d’ailleurs, dès l’embarquement, le titre moins rébarbatif de touristes ou de « globe-trotters », comme s’intitulent si souvent les malades anglais sur leurs paquebots. »

Ces voyages qui semblent mettre les malades dans des. conditions idéales de traitement, conditions qui ne peuvent être égalées dans aucune station continentale, n’ont pas été malgré tout à l’abri des critiques.

Bien au contraire, ainsi que nous l’avons déjà dit; les. les médecins de marine, dès 1854, constataient de nombreux cas de tuberculose chez des marins et de violentes. objections s’élevèrent.

Elles coïncident du reste avec l’apparition de la navigation à vapeur : « La tuberculose marche vite à bord », déclarait Rochard.

Aussi, dès cette époque, tous les tuberculeux pulmonaires sont systématiquement éloignés de la mer, des. voyages sur l’océan, comme des séjours sur le littoral.

En réalité, si l’on examine de près les observations. rapportées et les objections de Rochard, on constate vite: qu’elles concernent exclusivement la marine de guerre;

bien plus, s’il accusait uniquement le climat de la mer

Spies

d’être responsable de l’éclosion de nombreux cas de tuberculose, il refusait de prendre en considération les conditions défectueuses dans lesquelles vivent les matelots.

Il y a peu de temps encore, rapporte Paillard, le Dr Brunet, médecin de l’escadre de la Méditerranée, révélait l’insalubrité des logements à bord des navires de guerre et dénonçait l'insuffisance d'hygiène; d’autre part, on connaît la fréquence de l’alcoolisme chez les matelots.

Comment s'étonner de l’éclosion de la tuberculose chez ces hommes qui, après avoir été soumis à de durs travaux, dans des batteries sans air, dans des salles de machines surchauffées, après avoir été exposés au dehors aux intempéries, sont obligés de s’entasser dans des postes exigus où ils respirent un air confiné ! Et on peut faire la même remarque pour les marins de la flotte de commerce, car l’habitabilité des postes sur les navires marchands n’est guère plus satisfaisante.

Les mauvaises conditions hygiéniques des postes d’éuipage, exiguité, défaut d’aération, de lumière naturelle, humidité, créent, soit par la promiscuité de l’en- <ombrement, soit par une diminution inévitable de la résistance de l’organisme, les conditions les plus favorables à l’éclosion comme à la propagation de la tuberculose (Dr Clerc, La Tuberculose dans la marine marchande (Vigo, édit.).

On sait fort bien d’ailleurs que nos navires de guerre mouillent parfois dans des rades brumeuses ou restent le plus souvent ancrés dans des ports enfumés.

Comment alors établir un parallèle entre la vie de nos

marins soumis constamment à l’air du littoral et la vie des passagers, flânant sur .:e pont et respirant à pleins poumons l'air du large ! |

Van der Smissen rapporte cette observation très intéressante, concernant le cas d’un officier qui contracta la tuberculose à bord d’un bâtiment ancré au port. Après. quelques mois de navigation au large, son état était

transformé.

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