‹ Les cures hélio-marines par les voyages en merChapitre 22 sur 27 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

X.., officier, 32 ans, convalescent de fièvre typhoïque, épidémie d’origine tellurique, survenue à bord, pendant une escale de plusieurs mois à la côte Nord du Chili, débute assez brusquement une tuberculose pulmonaire à caractère galopant : fièvre hectique, hémoptysies fréquentes, bacilles de K., signes stéthocopiques de ramolissement. Pronostic fatal et à brève échéance.

La maladie évoluait depuis quelques semaines, lorsque le navire dut appareilier. À cause de l’impossibilité matérielle d'abandonner le malade sur un rivage inhospitalier, je fus. bien forcé de l’emmener. Son état s’était compliqué d’une thrombose du membre inférieur avec un aedème considérable, condamnant le malade à l’immobilité absolue, et rendant même son transport difficile dans les escaliers étroits. du navire. L’alizé sud devait nous entraîner au loin dans le Pacifique pendant des semaines avant de pouvoir retrouver le vent d’ouest qui allait nous repousser vers le Cap Horn. Et le malade fut installé sur le pont, à peine protégé par: une légère tente, des rayons ardents du soleil tropical... vingt-quatre heures par jour, c'était la cure d’air aseptique du large, et douze heures par jour, la cure d’un soleil que pas un brûleur d’une lampe à rayons ultra-violets n’aurait pu égaler.

J’assistai à une véritable résurrection. La fièvre tomba. les hémoptysies cessèrent, la cure fut maintenue même pendant le passage du Cap Horn, heureusement vite doublé et, après trois mois de ce régime, X.. reprit ses occupations, guéri.

Jadis, rapporte également Van der Smissen, les Hol-.

Ada

landais, colons de Batavia, qui contractaient le mal du pays, comme on appelait alors la tuberculose, allaient chercher la guérison dans leur brumeuse contrée natale.

En voilier par le cap de Bonne-Espérance, en quatre ou cinq mois, sans escale, ils retournaient chez eux et y guérissaient. ou plutôt étaient guéris en arrivant, par la cure de plein large à laquelle, inconsciemment, ils avaient été soumis.

Certes, l’apparition de la navigation à vapeur, la multiplication des escales, le charbonnage, diminuèrent considérablement les effets bienfaisants des longues traversées.

Et nous ne pourrions mieux terminer, pour illustrer la valeur de ces séjours en mer, que rapporter ces paroles d’un vieux médecin hollandais de l’armée des Indes, sceptique vis-à-vis des nouvelles thérapeutiques

« Jadis, quand je renvoyais mes poitrinaires en Hollande, le climat du pays les guérissait, mais actuellement nos jeunes confrères les envoient dans les montagnes suisses, et ils y meurent. »

Il ne se rendait pas compte de la cause du succès du passé ! <

Critique des cures hélio - marines

par les voyages en haute mer

Malgré les avantages considérables de ces cures en pleine mer tant par les qualités de l’air du large et du rayonnement solaire que par la quiétude physique et morale si salutaire qu’ils procurent aux malades, nombreux cependant, restent les médecins persuadés de l'impossibilité d’une réalisation pratique de ces séjours en mer, devant les inconvénients inévitables qu’ils entraînent.

La principale critique, mise en avant et le plus souvent évoquée, est sans nul doute la crainte du mal de mer : N’achèverait-on pas les malades en les livrant aux éléments déchainés et par suite aux affres du mal de mer ?

Cette naupathie, ainsi que l’avait baptisée la Faculté, s’attaquait en effet à la majorité des navigateurs novices, puisque, à en croire les statistiques, à peine 3 p. 100 des individus y échappaient. On avait du reste proposé toutes les pathogénies, les uns incriminant les canaux semi-circulaires, les autres les otholites. D’aucuns attribuaient le vertige naupatique à un trouble oculaire,

se combinant avec le trouble vestibulaire, l’œil étant en

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