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LES MALADIES MICROBIENNES A LOCALISATION ABDOMINALE

présence dans le sang dn spirille d'Obermeyer, fréquente en Egypte, en Abj^ssinie, dans l'Inde et en Indochine. Bon nombre de ses symptômes sont semblables à ceux de la fièvre typhoïde, comme ses complications et ses séquelles, et le traitement hydrominéral et climatique en sera le même.

Fièvre jaune.

La fièvre jaune, elle aussi laisse souvent après elle des processus gastro-intestinaux et annexiels qui indiquent, d'une façon formelle, la cure hydrominérale.

On connaît à la fièvre jaune trois foyers principajux : le foyer mexicain, dont dépendent nos Antilles, — le foyer brésilien, qui comprend notre Guyane, — le foyer africain, dont font partie nos possessions du Soudan, d'Afrique centrale et d'Afrique occidentale.

Dans cette infection, les voies digestives et leurs annexes sont principalement frappées. Les symptômes sont d'abord gastriques, puis hépatiques ; les lésions anatomo-pathologiqties portent principalement sur le tube digestif, oiî l'on retrouve des plaques ecchymotiques et des ulcérations et sur le foie, .toujours atteint de dégénérescence graisseuse et ressemblant au foie gras des phtisiques (Louis).

La mortalité de la fièvre jaune varie avec les épidémies de 14 à 50 0/0 (Dutrouleau) . Dans les cas suivis de guérison, la convalescence es"t toujours longue et un rapatriement aussi prompt que possible s'impose.

Chez ces convalescents rapatriés, une cure climatique en altitude est nécessaire. Elle devra précéder souvent la cure thermale, pour permettre au convalescent de reprendre des forces ; quand l'amélioration sera suffisante, la cure thermale sera indiquée, à dominante intestinale ou hépatique, selon la situation.

Si l'intestin appelle surtout l'attention, ce n'est pas à Châtel-Guyon qu'il faudra avoir recours, en raison du processus c ongestif et hémorrhagique suivi par la maladie, mais à Plombières, dont l'action sédative sera suivie des plus heureux effets. Si l'état hépatique domine, c'est à Vichy que devra aller le convalescent car ses eaux chaudes agiront en même temps et sur son foie et sur son état général.

LES HÉPATOPATHIES DES PAYS CHAUDS

Le l'oie est, de tous les organes nobles de l'éconoaiie, celui qui semble, en raison même de ses fonctions multiples, subir le plus facilement l'influence des climats chauds. Le séjour aux pays tropicaux en effet impose à cet organe un fonctionnement exagéré, qui ne tarde pa|S à se traduire par un trouble dans ses différentes fonctions.

Indépendamment des causes d'altération dues aux maladies gastro-intestinales et au paludisme, il est d'autres causes dues à l'inobservance des règles d'hygiène si importantes sous les tropicpes, où le colonial qui a souci de sa isarité doit mener une vie des mieux réglées. S'il mange trop et mal, s'il boit avec excès, s'il ne fait pas d'exercice, s'il se couche tard et se lève tard, il obhge son foie à un travail excessif entraînant une hypéremie qui, passagère au début, ne tarde pas à devenir chronique: ainsi se constitue le premier stade de la congestion hépatique.

Si sur ce foie congestionné viennent agir des infections à point de départ intestinal remontant le long des voies d'excrétion biliaire, alors se forme toute la série des hépatites, des cirrhoses. Toutes les fonctions du foie sont altérées tour à tour, et l'on voit se produire des troubles multiples, pai'f ois difficiles à rattacher à leur cause originelle. Les graisses ne sont plus fixées ni transformées ; la fonction glycogénique est déviée, l'hypoazoturie permanente s'établit, le pouvoir antitoxique diminue, la fonction biliaire en dernier lieu

LES HÉl'ATOPATHlES' DES PAYS CHAUDS.

passe par toiis les points séparant l'hyporcholie de l'acholie. Toutes ces dysfonctions peuvent se traduire isolément, portant sur une seule fonction ; mais elles agissent souvent de concert, produisant, en dernier résultat, l'insuffisance hépatique avec toutes ses graves conséquences..

C'est pour éviter ces modifications lentes que le séjour aux pays chauds produit sur l'anatomie et sur la physiologie de la glande hépatique, qu'il est prudent de conseiller .lux coloniaux des cures hydrominérales à intervalles plus ou moins éloignés, et ces cures, c'est à Vichy qu'ils doivent les effectuer.

L'eau de Vichy a, en effet, sur la glande hépatique une action d'élection que nulle autre eau minérale ne peut revendiquer. Elle a en outre sur l'organisme une action désintoxicante générale qui vient renforcer son action locale. Son ialdministration produit au début une poussée congestivie qui semble nécessaire à la cure, puis, peu à peu, dès que la diurèse s'étabht, la glande hépatique diminue de volume, cesse d'être douloureuse, en même temps que le teint se modifie et que les fonctions digestives se régularisent. L'urologie démontre l'action précise de l'eau alcaline sur le foie en permettant de constater l'élévation rapide du pouvoir azoturique, preuve de l'augmentation du pouvoir uropoiétique et la modification de la nutrition.

L'eau de Vichy absorbée à jeun passe de l'intestin dans la veine porte, dont elle augmente la pression. Cette hypertension se transmet à l'organe tributaire de .cette veine, c'est-à-dire au foie, dont elle accroît l'irrigation en régularisant sa fonction. Grâce à son isotonie, cette eau, dont la teneur saline est d'environ 7 grammes par litre, pénètre sous pression dans la cellule, où elle occasionne un véritable lavage, entraînant avec elle les produits d'ordre .toxique retenus dans la gangue protoplasmique et les produits de desassimilation comme le pigment biliaire dû à la destruction de -l'hémoglobine, produits qui, après s'être accumulés dans le foie, passent dans le sang, occasionnant ainsi la cholémie. Peut-être aussi les colloïdes, récemment découverts dans les eaux chaudes de Vichy, jouent-ils un rôle antiioxique particuHcr, dont le mécanisme est encore h préciser En môme temps et par la même action, la cure thermale

fail sentir ses effets sur le foie en régularisant ses fonctions physiologiques.

Le foie, glande vasculaire sanguine et glande sécrétrice, a des fonctions complexes, dont trois principales : la fonction biliaire, la fonction glycogénique et la fonction modificatrice du sang.

L'alcalinisation du înilieu exalte la biligénèse et, en excitant la sécrétion biliaire, facilite la formation des taurocholate et glycocholate de soude qui, en se dédoubla'nt, donneront de l'acide cholalique. En régularisant le fonctionnement de la cellule hépatique, la cure alcaline stimule la fonction glycogénique et permet l'accumulation de glycogène dans cotte Inêmc cellule, débarrassée des produits étrangers qui l'encombraient. Elle exalte, en outre, le pouvoir modificateur du foie sur le sang en facilitant la formation de l'urée aux dépens des produits azotés de la destruction des albuminoïdes et de l'acide urique par le dédoublement des nucléines.

C'est ainsi que l'eau alcaline rend au foie altéré par un séjour aux pays chauds son fonctionnement normal. Sous son influence, la cellule hépatique est profondément modifiée, ses fonctions se régularisent, et, après une crise surevenant en général du huitième au dixième jour du traitement, le foie hypertrophié diminue 'de .volume.

C'est dans les congestions du foie consécutives à la diarrhée de Cochinchine ou à la dysenterie dont j'ai longuement pa-lé plus haut que l'action de la cure de Vichy est des plus heureuses et entraîne rapidement la disparition de l'engorgement hépatique en réveillant les fonctions de la glande. Ce sont ces coloniaux que l'on voit se transformer à vue d'œil, recou\a'ant leurs forces, leur appétit et leur sommeil, perdant leur bouffissure et leur teint jaune, colorant leurs lèvres et leur muqueuse conjonctivale.

Les hépatites constituées, les cirrhoses, sont aussi profondément modifiées par la cure alcaline quand la glande n'a pas encore atteint la phase de sclérose et que les lésions rénales corrélatives ne sont pas trop prononcées. Encore faut-il, pour obtenir 'un résultat 'durable, que le m al ad'e veuille bien consentir à abandonner les habitudeîs fâcheuses qu'il a pu contracter aux colonies, notamment l'intempérance des

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