GÉNÉRALITÉS SUR LA CURE THRRMALÉ
Dans cette zone plus que dans toute autre, le climat a une grande influence sur l'organisme et sur la pathologie et l'acclimatement de l'Européen est fort difficile. Les échanges y sont profondément modifiés par le climat, et l'on a constaté que le taux de l'urée s'abaisse à mesure que l'on se rapproche de l'équateur.
En outre, en même temps que l'organisme offre une réceptivité plus grande aux maladies, les parasites doivent à la chaleur et à l'humidité une vitalité plus grande, qu'ils manifestent en s'attaquant à l'homme avec plus de fréquence et d'intensité.
De toutes les maladies tropicales, le paludisme est la plus importante ; c'est en Afrique centrale qu'il revêt les formes les plus graves et fait le plus de dégâts. Il existe partout, en toute saison, avec plus ou moins d'intensité ; son maximum de gravité est dans les endroits où les maj'ais p,ersistent pendant toute l'année. Peu d'Européens échappent à la malaria qui les atteint d'une façon plus ou moins forte. L'anémie y est l'aboutissant des troubles fonctionnels de la nutrition et de la régulation des différents appareils, notamment digestif et hématopoiétique.
Le troisième groupe, isolé à l'extrémité orientale du continent asiatique, forme un ensemble auquel on peut rattacher nos établissements de l'Inde, Pondichéry, Karikal, Yanaom, Mahé et Chandernagor. Il comprend les Etats de Cochinchine, du Cambodge, du Laos, de l'Annam et du Tonkin. Le climat y est assez variable en raison des zones climatériques différentes que l'on y rencontre. Au Tonkin, la région montagneuse a un climat tempéré, modérément humide, mais le paludisme y sévit avec intensité ; la région basse, plus chaude, est saine et salubre.
En Annam, la partie haute est assez fraîche ; le littoral est sain et son climat agréable.
En Cochinchine, si la région haute est salubre, la région basse a un climat pénible, déprimant et malsain, et peut être considérée, à juste titre, comme une des plus néfastes du globe pour l'Européen.
Dans toute la région basse de l'Indochine, que recouvrent des broussailles et des forêts, où s'étendent de vastes rizières, le paludisme sévit avec une grande violence, entraînant avec
lui toute la séquelle des accidents d'origine paludéenne, fièvre bilieuse hémoglobinurique, hépatopathies, splénopatliies ,et pancréatopathies, anémies, etc.. La dysenterie amibienne frappe avec une particulière rigueur, causant fréquemment l'abcès du foie ; les entérites catarrhales et folliculaires font payer un lourd tribut à l'Européen.
Ce rapide aperçu géographique montre quelle variété offrent les climats propres à nos colonies. Il nous permet de déduire que la pathologie tropicale n'est pas uniforme, que l'évolution des maladies rencontrées dans cette zone dépend, dans la même latitude et sous la même longitude, de conditions d'altitude, d'humidité, de ventilation, d'aridité ou de culture, variables avec la colonie.
Chaque pays a une pathologie qui lui est propre. Si les grandes lignes des processus morbides restent les mêmes partout, l'évolution clinique des maladies diffère notablement. Or, la thérapeutique est fonction de cette évolution clinique et nécessite, pour être rationnellement appliquée, en même temps que la notion de la maladie elleT-même, la parfaite connaissance du terrain auquel elle s'adresse, et aussi celle des agents thérapeutiques que l'on doit employer.
Le praticien devra faire appel à tout son savoir clinique pour faire de la bonne thérapeutique et, sans jamais laisser au hasard ou au désir du malade le choix de la station, en poser nettement les indications et formuler par écrit sa prescription tout coirnne s'il s'agissait d'une prescription pharmaoothérapique.