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LES GASTRO-ENTÉRITES DE L'ADULTE

De toutes les maladies rencontrées en pays chauds, celles qui touchent à l'appareil digestif sont les plus fréquentes. Aussi les étudierons -nous tout d'abord, regrettant de ne pouvoir leur consacrer une plus longue place da<ns la nosologie tropicale qu'elles dominent de bien haut.

Pour être complète, une étude sur les indications des cures thermales dans les affections de l'estomac et de l'intestin contractées aux pays chauds nécessiterait une revue détaillée de toute la pathologie digestive et de toute l'hydrologie. En effet, la plupart des maladies propres à l'estomac et à l'in'testin se retrouvent en pays chauds avec des caractères paiv ticuliers dus au climat, au mode d'existence et à l'alimentation. D'autre part, toutes ou presque toutes les stations thermales revendiquent la cure des dyspepsies et des entérites. Le problème se présente donc comme assez complexe, let pour le résoudre il faut l'envisager sous différentes faces.

Influence du climat sur l'appareil digestif.

Tout d'abord, le séjour dans les pays chauds exerce-t-il sur l'appareil digestif une influence particulièi-e ? La question n'est pas discutable, et la chaleur a sur la musculature et sur les sécrétions gastro-intestinales une influence manifeste. C'est ainsi qu'en Afrique du Nord, pendant les chaleurs et particulièrement les jours où souffle le sirocco, l'appétit est

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diminué, la soif augincnlée ; les digestions sont toujours ralenties, s' accompagnant souvent de troubles intestinaux.

L'anorexie se manifestant surtout pour l'alimentation carnée et la nourriture fade, le colonial ne tarde pas à composer ses repas de crudités fortement vinaigrées, de tomates, de concombres, de poivrons et à surcharger tous les mets d'épices variées. Non satisfait de ces excitants, il recourt souvent aux apéritifs, absinthe, vermouth, etc., et met à profit les crampes que provoque leur usage pour f^ire des repas trop abondants et à heures irrégulières. Et peu à peu s'installe la gastrite avec tout son cortège symptomatique. L'appétit se modifie de plus en plus, souvent diminué, parfois augmenté, le plus souvent irrégulier ; la bouche est pâteuse au réveil, la langue épaisse.

Dès r arrivée des aliments dans l'estomac, se produisent des sensations douloureuses, de la gêne, du gonflement, des bâillements. La tendance au sommeil s'accentue, avec une difficulté au travail de plus en plus grande. Après une certaine période, se produisent des douleurs tardives, survenant de quatre à six heures après les repas, généralement taxées de douleurs hyperchlorhydriques, mais souvent sans rapport avec une sécrétion exagérée d'acide chlorydrique.

Les vomissements, assez rares dans les gastrites habituellement rencontrées dans la métropole, sont fréquents dans les gastrites coloniales; il semble pourtant quils soient plus fréquents chez les sujets dont le système nerveux est pins surexcité. Ils se présentent sous ^eux formes vomissements pituiteux du matin au réveil, vomissements almien- Ta res de la période digestive. Rarement la fonctionnement i rstinal restée normal ; la diarrhée est ^^f^^^^^^^^^^^^^ tes sont aussi les alternatives de constipation et de diarrhée.

T le est la forme gastrique la plus fréquemment rencontrée Or l'on a voulu parfois donner à ces gastrites un caractère purement subjectif et en faire exclusivement d^ .as^o-né^oses coloniales. L'on s'est basé pour cela sui^ la ÏÏ^tL^ des symptômes gastriques et ^^^^ festations névropsychiques si f'^quentes chez les col^^^^^^^^ et l'on a voulu, suivant en cela les idées Dubo s de Be,^^^^^ et du Prof. Déjerine, donner à ces 1'^,^ \ \ psychonévrosés, en faisant prédominer 1 état neiveux les manifestations gastriques.

LES GASTRO-ENTIÎUITES DE l'aUULTE.

La coiilroverse a son importance au point de vue tliérapeutique, et, selon que l'on admettra ou que l'on repoussera l'origine névropalhique de ces troubles digestifs, l'on basera leur traitement sur l'isolement, le repos, la psychothérapie et la sur.alinientation, ou sur le régime et les cures thermales.

Sans prendre position au point de me doctrinal, je dois dire que bien rares sont les gastropathes coloniaux chez lesquels on peut achneltre l'origine purement inerveuse des troubles digestifs qu'ils présentent : la recherche détaillée des commémoratifs, l'étude du fonctionnement des organes permettent d'être affirmatif sur l'origine nettement gastrique de la maladie digestive.

Toutes les formes de dyspepsie se rencontrent dans les pays chauds, et il n'est pas conforme' à la réalité de vouloir donner le p^as à la dyspepsie hyposthénique sur la dyspepsie hypersthénique. Hypersthéniques, hyposthéniques, dyspeptiques pjor fermentation se rencontrent nombreux, sans prédominance bien marquée d'une forme sur l'autre. L'activité gl,andulaire des organes digestifs semble bien subir une certaine inhibition par l'influence de la chaleur, m^is la sensibilité du tube digestif paraît accrue et le pyrosis avec les douleurs tardives à forme hyperchlorhydrique se reiX^ contrent fréquemment chez les coloniaux. Ce qui est surtout important, c'est de bien définir l'origine de ces troubles gastriques, afin d'ordonner la cure thermale qui convient à la cause des manifesiations dyspeptiques accusées par le malade.

Les entérites

Or, si la symptomatologie gastro-intestinale coloniale est dominée pa^- des sympitômes d'ordre gastrique sur lesquels est amenée sm'tout la vigilance du clinicien, l'examen attentif du malade ne permet pas toujours de localiser à l'estomac ou au foie la cause des manifestations observées. L'attention est souvent appelée vers l'intestin, et il résulte d'une fréqueiv tation assidue des coloniaux que chez eux cet organe est soirvent le prinmm movens des troubles gastriques et hépatiques.

Le malade raconte que quelque temps après, son arrivée

dans les pays chauds se sont produilcs des irrégiilarilé±; inlesliiiales, dont il ne s'est pas préoccupé tout d'abord. Chaque matin, il a eu une ou deux selles diarrhéiques, souvent fétides, alternant parfois avec d'assez longues périodes de constipation. Cet état a duré pendant plusieurs années sans s'accomp'agner d'autres symptômes let sans qule le malade ait rien fait pour le combattre. Puis ont apparu des symptômes d'ordre gastrique, pyrosis, gasti'algie, vomissements ; et, soit en Inême temps, soit coins écutivement, des manifestations d'ordre hépatique, des douleurs à l'hypocondire droit, avec irradiations vers l'épaule, du subictère, des urines foncées. C'est alors qu'a été (posé le diagnastic de gastrite, de congestion du foie, de lithiase biUaire, s' accompagnant de troubles intestinaux, etc., alors qu'au contraire, l'intestin est le foyer morbide primitif, que l'estomac manifeste seulement par réflexe et qu^e le foie n'est atteint que secondairement par voie ascendante.

DuodéfùAes. — Il semble, en effet, que chez un grand nom'bre de coloniaux l'intestin soit tout particulièrement frappé et que le foyer primitif de l'affection siège dans le duodénum, où permet de le localiser un examen fonctionnel attentif. Là se porte l'action nocive d'une hygiène alimentaire défec,tueuse, entraînant une dysfonction glandulaire et transformant le 'duodénum' en foyer d'intoxication, intoxication dont les effets ne tardent pas à se faire sentir sm' les glandes voisines, foie et pancréas, puis à distance sur les différents appareils.

Les symptômes fonctionnels des duod-énites sont ceux des gastrites, en y ajoutant la diarrhée .et la oonsûpation ; les symptômes physiques sont surtout le tympanisme abdominal quelques heures apnès les repas et l'alaondante production de gaz ; les symptômes généraux sont, en première ligne, le teint terreux caractéristique chez les coloniaux, l'asthénie, l'amaigrissement. A côté de cette symptomatologie se présente régulièrement une urologie particulière, cai^actérisee par la diminution de l'urée et une coprologie indiquant l'hypphépatie ou l'hyperhépatie et le déficit de la sécrétion pancréatique.

■ Dim-rhé^e chronique. - Une forme un peu particuhei'c d' entérite est la diarrhée chronique des pays chauds ou diarrhée de Cochinchine, la sprue des Anglais.

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