BOUDDHISME
Le brahmanisme donna naissance au bouddhisme, l'une des plus fausses religions. En effet le bouddhisme se forma dans l'Inde mille ans environ avant notre ère, on le suppose du moins. Longtemps avant J.-G. celte religion régnait parmi les hordes nombreuses de l'Asie centrale.
Introduite en Chine dans le i" siècle, la Corée, le Japon, le Thibet la reçurent successivement. Les Mongols enfin l'embrassèrent sous les premiers successeurs de Gengis-Khan , et aujourd'hui elle couvre une immense partie de l'Asie, où elle compte plus de deux millions de sectateurs.
Le bouddhisme prétend que notre existence actuelle est imparfaite et sans réalité. Il dit que ce monde de la matière est une illusion de nos sens. Il enseigne la nécessité de dégager notre âme de ce monde périssable, pour lui donner entrée dans ce monde immatériel et vrai, où réside Bouddha, l'intelligence suprême et la raison parfaite, qui habite au-dessus de l'espace lumineux, dans une région éternelle et indestructible. C'est là que résident les âmes déjà parvenues à l'état de Bouddha, assistant à la création et à la destruction des mondes, car le boud-
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dhisme admet une série perpétuelle de créations et de destructions du monde.
Les plus parfaites de ces âmes, les Bouddhas accomplis, peuvent s'incarner et descendre sur la terre afin de dégager les âmes enchaînées dans ce monde matériel, sur lequel elles ont un empire souverain.
Chakyamouni, le quatrième des Bouddhas, déjà paru, est mort l'an 542 avant notre ère, et Maitreya, le cinquième Bouddha, doit paraître cinq mille ans après lui.
Après la mort d'un Bouddha incarné, sa représentation reste sur la terre jusqu'à la venue d'un autre Bouddha, et elle est animée par les incarnations successives de Bouddhas moins parfaits. Ainsi les bouddhistes adorent aujourd'hui Padmapani, ou la représentation de Chakyamouni, qu'ils croient toujours visibles du dalaï-lama, du Thibet, leur grand pontife, dont nous allons dire quelques mots.
Du reste, la religion bouddhique est assez pure dans les dogmes moraux; elle tend à l'adoucissement des mœurs et au perfectionnement de l'individu. Elle a brisé l'inflexible barrière des castes hindoues.
Les sectateurs de Bouddha pensent qu'il suffit, pour que les prières adressées à la divinité soient efficaces, qu'elles soient mises en mouvement, soit récitées par la bouche de l'homme, soit écrites et agitées par un moyen quelconque. Aussi voit-on dans les temples bouddhiques un grand nombre de cylindres qui tournent continuellement par le mécanisme d'un moulin à eau. Ils renferment les livres religieux, dont le contenu, ainsi agité, doit être d'une influence très heureuse sur le bien du genre humain. Dans les grandes solennités on allume aussi un guéridon garni de cent huit lampes qui représentant les volumes sacrés et que Ton fait tourner dans le même sens que les cylindres. Les chapelets des prêtres bouddhistes se composent également du même nombre de grains, cent huit.