‹ Les Curiosités de l'Ancien MondeChapitre 19 sur 97 · GUÈBRES ET ZOROASTRE · texte numérisé non relu

GUÈBRES ET ZOROASTRE

Zoroastre naquit en Médie , sous le règne d'Hyslaspe , père de Darius P^

La religion des Mèdes étant chargée par les mages de pratiques superstitieuses, Zoroaslre entreprit de la réformer. Il prescrivit le culte du feu, qui n'est autre que l'adoration du soleil, pratiquée déjà chez les Assyriens et les Chaldéens.

Le culte imposé par Zoroastre réglait la vie publique comme la vie privée ; il annonçait des peines et des récompenses après la mort. Ormuzd et Mithras étaient ses dieux, et les mages ses prêtres.

De nos jours on donne le nom de sabéïsme au culte du feu, qui est encore pratiqué dans certaines contrées, et on appelle Guèbres les sectateurs de ce culte.

Guèbre, du mot persan ghebr, de même que giaour en turc, signifie inlidèle. C'est le nom que les musulmans donnent aux peuples qui adorent le feu. On les nomme aussi Parsis, parce qu'ils sont originaires de Pars, et Mandjous, de l'appellation antique de mages, ministres de la religion de Zoroastre.

Les Guèbres, comme les Arabes de l'Yémen, connus sous le nom de Sabéens, du mot sabéïsme expliqué plus haut, adorent le soleil comme l'image de la divinité et le type du feu le plus pur. Jamais ils n'éteignent le feu volontairement, mais ils le laissent mourir faute d'aliment. Si leur maison brûle, ils ne cherchent pas à éteindre l'incendie. Ils ont en outre un attachement superstitieux pour leur ceinture, et ne la quittent jamais.

Ils conservent religieusement les livres de Zoroastre.

Les Guèbres, qui se trouvent plus particulièrement en Perse, sont doux, bienfaisants, fidèles, et ne méritent nullement le mépris auquel ils sont condamnés chez les musulmans.

Dans les Indes, ils sont fort nombreux : ils y habitent les bords de rindus et le Guzarate ; mais leur véritable patrie est Bombay.

C'est sur les hauteurs que, d'ordinaire, ils adorent le soleil, et allument de petits feux de branches sèches devant lesquels ils se prosternent et prient avec une ferveur digne d'une autre divinité.

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