MONTAGNES
C'est dans l'Asie que s'élèvent les plus belles et les plus hautes montagnes du globe.
DE l'ancien monde.
On remarque parmi elles, au nord, le mont Altaï, dont le point central est appelé Bogdo-Oola, hauteur majestueuse qui se divise en une multitude de ramifications.
Une des principales sont les monts Célestes ou Bolor, à l'ouest. Ces montagnes projettent elles-mêmes des rameaux jusque dans TAsie- Mineure, et ces rameaujt sont :
Le Taurus et TArarat ; le Liban et FAnti-Liban ; le Sinaï et THoreb, qui occupent le sud-ouest de la petite Asie ; et enfin le Caucase, placé entre' la mer Noire et la mer Caspienne.
De la mer Caspienne à l'océan Glacial arctique, remonte aussi la chaîne des monts Ourals, qui conservent presque constamment la même hauteur. Seulement vers leur milieu, les Ourals prennent le nom de Crète de Werkhotourii.
Au nord-est, s'élève le Grand-Altaï, qui touche au mont Royal-Kangaï, en Chine, montagne sacrée des Mantchous, chantée par un empereur chinois du nom de Kien-Lon, et se. prolonge jusqu'en Corée et dans le Japon.
Au sud-est, on distingue encore les monts Kouen-Lun.
Enfin, dans l'Inde, au sud-est du plateau central de l'Asie, se montrent sous une forme majestueuse indescriptible, les plus hautes montagnes de la terre. C'est l'imposant et formidable Ifymalaya, en langue sanskrite montagne de neige, et le Mcrstag, l'antique Imaiis, d'où se détachent, pour courir vers le nord-est, les montagnes de la Tartarie, Hinkan, Tablonoï ou Stavonoï.
Dans le sud de l'Inde ou Hindoustan, on signale encore deux dernières chaînes, les Chattes orientales, à l'est de la péninsule, et les Chattes occidentales, à l'ouest.
Il n'est rien au monde qui égale la magnificence du colossal Hymalaya.
Une de ses principales ramifications est le Dsawala-Giri, roi des montagnes, haut, d'après Webb, de 26,872 pieds, et selon Blacke, de 28,015. Ce Dsawala-Giri et les vallons qui l'entourent sont ombragés de cèdres et de sapins. C'est le lieu où, depuis des millions d'années, les Indous vont en pèlerinage adorer leurs dieux.
Ce sanctuaire de la nature est, en effet, d'une physionomie grandiose inimaginable.
C'est dans cette partie de l'Asie que les plus beaux fleuves du monde prennent leur source. Sortis des flancs des hautes montagnes qui composent l'Himalaya, ils se fraient un lit sur d'innombrables bancs de rochers, à travers les gouffres et les ravins, portent la richesse et l'abondance dans les immenses plaines qu'ils arrosent, et vont de là se jeter dans la mer, en suivant toutes sortes de directions.
Or, le Gange, le plus sacré desfleuvesde l'Inde, descend des sommets
s LES CURIOSITÉS
inaccessibles du Dsawala-Giri, et se perd dans les entonnoirs de ses crêtes aiguës ; puis il reparaît à l'endroit où les Indous ont trouvé un sanctuaire merveilleux formô par la nature, après s'être dérobé jusque-là sous des montagnes de neige et des masses de rochers, ce qui donne à ce lieu un aspect de terreur religieuse, et environne d'une crainte mystérieuse les approches du trône de leur Mohadeu, placé, ainsi que les autres autels des Indous, au pied du Dsawala-Giri.
Parmi les montagnes qui sont les ramitlcations de la chaîne principale et qui forment une succession de plateaux , de vallées , de steppes, etc., se terminant à la mer, en forme de langue de terre, on distingue le Caucase, dont la nature et la composition sont particulières à l'Asie occidentale, et dont les versants se prolongent dans les contrées situées entre la Méditerranée, la mer Noire et la mer Caspienne. Les semmets les plus élevés du Caucase ne dépassent pas 10,000 pieds d'altitude.
En promenant le regard sur ces différentes montagnes de l'Asie, on reconnaît qu'elles ne sont pas, comme en Europe, disposées de manière à former un bassin à leur centre, mais qu'au contraire elles forment un plateau extrêmement élevé, d'où se détachent une multitude de branches qui, tantôt vont en s'abaissant graduellement, tantôt font, avec les plaines ou les mers, des saillies escarpées.