‹ Les Curiosités de l'Ancien MondeChapitre 31 sur 97 · UNE CHASSE DANS L'INDE · texte numérisé non relu

UNE CHASSE DANS L'INDE

Le récit de chasse que nous mettons sous les yeux du lecteur a été publié par notre tueur de lions, le fameux Jules Gérard, et le héros de cette expédition cynégétique est le major L..., surnommé le vieux chasseur. Jules Gérard s'exprime ainsi :

« On vint nous avertir qu'on avait vu rôder autour du vieux fort un gros guépard.

» Après le déjeuner, nous gravîmes la colline; mon ami B... et le percepteur à pied, armés de carabines, et moi, monté sur mon petit cheval favori Gooty. Nous arrivâmes bientôt à l'entrée d'une caverne qui avait environ quatre pied? de diamètre, et, après avoir vainement examiné les empreintes et les pistes, quelques-uns des villageois qui étaien t avec nous renversèrent les pierres accumulées à l'entrée de la caverne.

') William et le percepteur, précédés d'un domestique armé d'une torche, pénétrèrent à l'intérieur; mais ils furent presque aussitôt après obligés de revenir sur leurs pas, à cause de l'air vicié et de l'odeur insupportable qui remplissaient la caverne. Nous plaçâmes alors une botte

de paille en-dedans,, et nous y mîmes le feu , espérant chasser ainsi la bt>te par la fumée.

>» Nous lançâmes ensuite plusieurs fusées et des pétards, qui eurent pour effet de déloger des centaines de petites chauves-souris très curieuses à quatre oreilles.

» Voyant qu'aucun de ces moyens ne pouvait faire sortir le guépard, j'envoyai mes deux chiens forcer la béte, et immédiatement je reconnus que le gibier était sur pied, car Ali donna de la voix dès l'entrée, et peu après nous entendîmes des hurlements lugubres et d'étranges bruits sourds dans les entrailles de la terre. Je commençais à être inquiet pour mes chiens, quand tout-à-coup retentit un grand vacarme, et je vis mon pauvre ami D... qui, malgré mes avis, persistait à rester debout juste en face de l'entrée de la caverne, renversé sur le dos par une énorme hyène mâle; en un clin d'œil, la femelle, deux petits et mes deux chiens passèrent sur lui.

» Ils dégringolèrent à toute vitesse la colline et traversèrent quelques champs cultivés. William lira deux coups au passage, et doubla la femelle; je descendis la colline le mieux que je pus, et après une course de quelques minutes, Gooty m'amena près du mâle, qui luttait vainement pour se débarrasser de mes chiens, dont l'un l'avait saisi ptir l'oreille, et le second le tenait de l'autre côté à la gorge. Comme je ne voulais peint courir la chance de voir l'un ou l'autre blessé ou mordu, je plantai mon épieu entre les épaules de la bête, et je finis ainsi la partie; après quoi j'allai rejoindre le pauvre D..., que je trouvai tout brisé de sa chute , le menton et le cou considérablement endommagés par les griffes des animaux quand ils avaient passé en courant sur lui.

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