U)8 LES CURIOSITÉS
classe inférieure mange du beurre vôgélal. Les Tomboucliens sont d'une grande propreté dans leurs vêtements cl l'intérieur de leurs maisons, où l'on voit pour ustensiles de ménage des calebasses et quelques plats de bois. On ne connaît pas l'usage des cuillers ni des fourcbettes; on prend les mets avec les doigts. Les nattes forment tout le mobilier : le lit se compose de quatre piquets ficliés en terre à une extrémité delà cbambre, et sur lesquels on tend une natte ou une peau de bœuf. Les riches ont un matelas en coton, et une couverture fabriquée chez les Maures des environs de Tombouctou, avec le poil des chameaux et la laine des moutons.
On occupe les femmes à promener les marchandises dans les rues. Llles sont vêtues fort proprement. Leur costume consiste en un caussabe, sorte de chemise longue, comme celui des hommes, excepté qu'il n'a pas de grandes manches. Elles portent, comme eux aussi, des souliers en maroquin. Leurs cheveux sont tressés avec beaucoup d'art, et elles y mêlent des ornements de corail et d'ambre faux. Elles ont l'habitude de se graisser la tète et le corps ; la grande chaleur, augmentée par le grand vent brûlant de l'est, rend cette habitude nécessaire. Les femmes l'iches ont une grande quantité de verroteries au cou et aux oreilles. Elles portent, comme à Jenné, un anneau aux narines; celles qui sont sans fortune remplacent cet anneau par un morceau de soie rouge.
Les Touaregs, dont la France et notamment Paris, ont vu tout récemment uri échantillon dans une portion de tribu venue pour amuser les curieux par leurs tours d'adresse, les Touaregs nuisent beaucoup au commerce de Tombouctou. Ces sauvages nomades ont rendu tous les nègres tributaires, et ils exercent envers eux le plus alTreux brigandage. Ils ont, comme les Arabes , de vigoureux chevaux qui facilitent leurs excursions vagabondes, A Tombouctou, on ne laisse pas sortir les esclaves de la ville après le coucher du soleil, de peur qu'ils ne soient enlevés par ces barbares, qui s'emparent volontiers de vive force de ceux qui leur tombent sous la main et rendent bien plus déplorable la condition de ces malheureux,
La grande mosquée de Tombouctou a une tour du haut de laquelle on découvre à une très grande distance une plaine immense de sable blanc. Cet édifice est construit en briques séchées au soleil. Il y a dans la mosquée trois galeries soutenues chacune par des arcades, aussi bien bâties que si elles avaient été construites par un homme de l'art. Ces arcades ont six pieds de hauteur et dix de large. Le toit est en terrasse, ainsi que le haut de la tour, qui est de plus environné d'un parapet de dix-huit pouces de haut. Cette mosquée a cinq portes de dilTérenles grandeuis, tiois au sud et deux au nord. Au milieu de la ville on voit une espèce de place entourée de cases rondes. C'est là (lue se
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trouve le palmier doum dont nous avons parlé, ainsi que des palmachristi.