‹ Les Curiosités de l'Ancien MondeChapitre 67 sur 97 · DISTRIBUTION DES CONTRÉES DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES CONTRÉES DE L'AMÉRIQUE

Nous avons dit que l'Amérique ou Colombie, nom que cette partie du monde devrait plutôt porter en l'honneur de Christophe Colomb, son découvreur , est située dans l'hémisphère occidental de notre globe.

Elle se compose de deux continents, fort vastes l'un et l'autre, taillés en triangle, et réunis par l'isthme de Panama.

Suivant leur position, ces deux continents prennent les noms d'Amérique septentrionale et d'Améri(jue méridionale.

L'isthme de Panama, qui leur sert dépeint de jonction, est formé par une chaîne de rochers élevés, qui, semblables îi une digue immense, sépare l'océan AlUinlique du grand Océan équinovial, celui-ci plus bas

de cinq à six pieds que celui-là, et s'élève là comme les restes gigantesques d'un monde détruit.

Au milieu du golfe oriental formé par les côtes des deux, grandes presqu'îles du Nouveau Monde, au pied et en regard de cet isthme, surgissent du sein des vagues les îles appelées Antilles, Antè Insulœ, ou Indes occidentales, ces mêmes îles dont nous avons parlé plus haut, et qui les premières furent découvertes par le brave amiral Christophe Colomb.

Au nord, le sol de l'Amérique se perd sous les glaces, vers le 80" degré de latitude septentrionale.

Au sud, l'Amérique méridionale se termine au 54' degré de latitude sud, où elle est séparée de la Terre de Feu par le détroit de Magellan.

Le cap Horn forme l'extrémité méridionale de cette Terre de Feu.

A l'est, le cap brésilien de Saint-Roch, sous le 34P degré de longitude, forme la limite orientale de ceite quaîrième partie du monde;

Et, à l'ouest, elle .se termine par le cap du Prince de Galles, à l'extrémité de la presqu'île' d'Alaschka, sous le 209' degré de longitude occidentale.

La superficie de l'Amérique est évaluée à 1,250,000 lieues carrées.

Sous le nom d'Amérique du nord, on entend toute la région comprise entre la mer Glaciale et l'isthme de Panama ;

Et, sous le nom de Groenland, les pays situés cn're la partie nordouest de la baie de BafTin, le détroit de Lancaslre, le Spilzberg et la Terre de Baffin.

L'Amérique anglaise septentrionale comprend :

Le Haut et Bas-Canada, le New-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, les îles du Prince Edouard, le Cap Breton, Terre-Neuve et le Labrador, les îles Bermudes et la Nouvelle-Galles.

L'Amérique russe se compose de la longue terre formant la presqu'île d'Alaschka.

Les terres des côtes, connues sous le nom de Nouvelle-Géorgie, Californie, Nouvel-Hanovre et New-Cornwallis, sont habitées par des Indiens indépendants, vivant sous l'autorité de leurs chefs.

Le voisinage des Montagnes-Rocheuses et les Prairies du centre de l'Amérique du nord sont occupés par :

Les Indiens à côte de chien, au nord du lac des Esclaves; — les Indiens cuivrés sur les bords de la Rivière de Cuivre; — les Indiens Querelleurs, à l'embouchure du Makensie ; — les Indiens de Nathana, sur le neuve de ce nom ; — les Knisteneaux, habitant les contrées situées près du lac Winnipic ; — les Peaux-Rouges, sur le Nelson, supérieur ; — les Pieds-Noirs, entre le Nelson et le fleuve du Cerf-Rouge ;

— les Indiens des Cataractes, sur le Sainte-Marie et le Haut-Missouri ;

— les Kostonahows, aux sources de l'Askov; — les Chippeways, dans le

voisinage du lac Supérieur, et ù celte tribu apparlienncnt les Napesangs, les Ottawas, les Muscoguiges cl les Messisangs ; — les Algonquins, sur les bords du Saint-Laurent dans la Nouvelle-Ecosse ; — les Mobikans, d'où descendent dix tribus différentes ; — les Iroquois, sur les lacs Erié et Ontario, dont font partie les Hurons, les Mobawks, les Onôïdas, les Sénécas, les Cayougs, les Onondagas et les Tuscaroras ; — les Nadovessies, sur la j-ive occidentale du Mississipi; — les Osages, sur le (leuve de ce nom; — les Ottogames et les Sakis, sur la rive orientale du Mississipi ; — les Arrapays, sur le Kansas; — les Sioux, sur le Missouri et le Mississipi ; — les Apaches, les Navajoès, les Comanches, et une foule d'autres tribus.

Les Etats-Unis d'Amérique ont pour principales provinces :

Le 3Iaryland, la Virginie, l'état de New-York, la Pensylvanie, la Delaware, la Caroline du nord, New-Jersey, la Louisiane ou Nouvelle- Orléans, le Massachussets, le Connccticut, la Caroline du sud, Rbode- Island, la Colombie, l'Ohio, la Géorgie, le Tennessee, le Kentucki, New-Hampshire, Maine, Vermont, Illinois, Alabama, Mississipi, Micliigan, le territoire du nord-ouest, l'Orégan et les Florides,

La république de Guatemala et l'empire du Mexique sont les derniers Etats de l'Amérique du nord.

Dans l'Amérique australe formée par la république de Guatemala, on compte cinq provinces : Guatemala, Nicaragua, Honduras, San-Salvador et Costarica, qui forment environ quinze mille lieues carrées.

L'Amérique du sud compte les Etats suivants :

L'empire du Brésil ; — la Guyane, divisée en Guyane française, Guyane anglaise et Guyane hollandaise ; — la république de Colombie, qui a donné naissance, en 1831, à trois nouvelles républiques indépendantes : Venezuela, Nouvelle-Grenade et l'Equateur; — la république du Pérou ; — la république du Chili ; — la républi(iue de Bolivie ; — le Paraguay, sous l'administration d'un dictateur absolu; — la république Argentine et celle des Araucaniens; — la république Cisplatine et le pays des Patagons.

Les îles les plus importantes de l'Amérique sont :

Les grandes Antilles, comprenant Cuba, Jamaïque, Haïti ou Saint- Domingue, et Porto-Rico ;

Les petites Antilles ou îles Caraïbes, qui se composent des îles Virginie, au nombre de soixante, Saint-Thomas, Sainte-Croix, Saint-Jean, Spanishtown, Toriosa, Onégada, des Serpents, Saint-Eustache, Saint- Martin, Anguilla, Saint-Barthélémy, Saint-Christophe, Newis, Monserrat, Antigoa, Guadeloupe, Maric-Galande, Désirade, Martinique, Sainle- Lucie, Barbades, Grenadilles, Tabago, Trinidad, Sainte-Marguorile, Curaçao, Bahama ou Lucayes, etc.

Dans les deux océans Atlantique et Pacilicjue, sont dispersées en

outre, autour des deux Amériques, les îles Orlow, Malouines ouFakland, la Terre de Feu, séparée de la Patagonie par le détroit de Magellan; celle des Elats, séparée de la Terre de Feu par le détroit de Le Maire; rîle du Nouvel An, sur la côte sud-ouest de la Terre de Feu ; les îles de Guanajéco, de Mas-Fuero et de Juan-Fernandez; l'archipel de Chiloë; les îles Gallapagos, appartenant à la Colombie ; les îles Thompson, près des Florides; les îles de Richmond et de Long-Island, sur les côtes de New-York; l'archipel du Roi Georges III, et ceux du Duc d'York et du Prince de Galles^ composés d'une innombrable quantité de petites îles; les Bermudes ou îles Summers ; Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse, le New-Brunswick, autrefois l'Acadie ; l'île du Prince Edouard, autrefois Saint-Jean ; et enfin le Cap Breton.

PAYSAGES DE L'AMÉRIQUE DU NO^ D, DE L'AMÉRIQUE DU CENTRE ET DE L'AMÉRIQUE DU SUD.

L'Amérique du nord, en exceptant le Mexique et Guatemala, présente l'aspect d'une plaine riante entourée des deux côtés par des chaînes de montagnes.

Elle a pour toile de fond, à l'ouest, la longue et formidable chaîne des Andes ou Cordilièi-es, qui sillonne les deux Amériques du nord au sud, et porte dans l'Amérique dii nord le nom de Montagnes-Rocheuses.

A ces montagnes se joignent quatre lignes parallèles de montagnes nommées Monts du Laurier, Montagnes Bleues et Monts Alleghany, qui portent le nom commun d'Apalaches.

Les rivières qui arrosent l'Amérique septentrionale, descendant presrque toutes de ces montagnes, sont : le Mississipi, l'Ohio, le fleuve de Cook, le Rio-del-Norte, le Missouri, le Saint-Laurent, le Makenzie, la Rivière de Cuivre et leurs affluents.

Partagé en deux versants par les Cordillères, le nouveau continent verse ses eaux, d'un côté dans le grand Océan équinoxial, et, de l'autre, dans l'océan Atlantique et l'océan Glacial arctique.

L'Amérique septentrionale compte en outre un grand nombre de lacs immenses et d'une rare beauté : lac Michigan, lac Huron, lac Erié, lac Ontario, lac Alhapescow, lac Nicaragua, lac Chapala, lac des Assinipoils, lac des Esclaves cl lac de Winnipic.

Au contraire de l'Amérique septentrionale, que nous avons dit présenter l'aspect d'une grande plaine, l'Amérique méridionale forme un grand triangle sillonné en tous sens par de hautes chaînes de montagnes.

Le plateau fertile de Llano del Pullal, élevé de huit mille sept cents

pieds ;ui-di'ssus du niveau de la mer, célèbre par ses richesses en produits médicinaux, tels que le quinquina, rijiécacuanlia et autres, est le seul qui interrompe la longue suite des sommets, toujours couverts de neige, des Andes ou Cordiliéres du sud, au milieu desquelles le feu souterrain qu'elles recèlent se fi'aie un passage tant au Pérou qu'à Quito, au Mexique et à Guatemala.

Celte chaîne des Cordillères traverse dans la direction du pôle tout le triangle de l'Aniériquc méridionale, depuis les caps Froward et Pilarez, au détroit de Magellan, jusqu'à l'isthme de Panama.

Le sol s'élève insensiblement depuis la côte de l'océan Atlantique jusqu'aux montagnes qui forment la côte ouest de l'océan Pacifique ou grand Océan équinoxial, et qui, semblables à un mur gigantesque, s'y terminent en rochers escarpés.

Les monts Chiquitos, donl les deux versants sont égaux, partent de la côte ouest du golfe d'Aiica, et se dirigent vers l'est en traversant le Brésil. Deux vastes pliines s'étendent à leurs bases : la plaine de la Plata ou les Pampas, et la plaine du pays des Amazones ; la première offre de riches prairies, et la seconde est couverte de bois.

Plus au nord, sur la côte de la mer des Caraïbes, s'élèvent aussi les monts Caracas, renfermant la plaine de l'Orénoque, vaste et fertile savane intérieure, d'upe superficie de quatre-vingt-trois mille trois cent trente lieues carrées.

Les trois grands fleuves de l'Amérique du sud sont l'Orénoque, le fleuve des Amazones ou Maragnon, et la Plata. Ces trois fleuves ont de très nombreux aflluents, aux inondations desquels cette .portion du Nouveau Monde doit sa prodigieuse fertilité. Ce sont l'Uruguay, le Parana, le Colorado, le San-Francisco, le Pilcomayo, le fleuve de la Madeleine et la rivière Vermeille, qui tous possèdent de magnifiques cascades.

Nous reviendrons tout-à-l'heure sur les merveilles de ces montagnes et de ces fleuves de l'Amérique du sud.

Disons d'abord qu'aux lacs de l'Amérique du nord on peut opposer, dans l'Amérique du sud, les lacs d'Ybera, de Zapatosa, de Maracaïbo, de Parima, de Xaracs, de Patos, de Chincaychocha, de Parime, dcMerun, de Villa-Rica, de Lauri, de Titicara, ainsi que les riches étangs salés de Ponrogo.

Le climat de l'Amérique méridionale est beaucoup plus froid que dans toute autre contrée sous la même latitude. La plupart des montagnes de la zone torride y sont couvertes d'une neige éternelle. Monsieur de Humboldt a fixé à quatorze mille sept cent soixante-douze pieds la ligne où commence la neige sous l'éqnateur. Et cependant cette seconde moitié du grand continent de l'hémisphère occidental a été dotée de telles richesses naturelles, les règnes animal et véj,u''îal y ont

atteint un tel degré de grandeur, les espèces y sont si nombreuses, si Tariées, et quelques-unes parviennent à des proportions si colossales, que l'Amérique du nord peut difficilement rivaliser avec elle. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur ces monts dont les pics se perdent dans les nuages, sur ces forêts vierges remplies d'arbres gigantesques, peuplées de troupes innombrables de singes, de colibris et de perroquets, sur ces immenses savanes, ces pampas à perte de vue, et ces grands fleuves semblables à des mers.

Ici, la nature tout entière, animée ou inanimée, porte le cachet de la grandeur, et revêt un caractère de majesté et des formes colossales que Ton chercherait en vain dans toute autre partie du globe. Ce qui distingue surtout le nouveau continent de l'ancien, c'est l'aspect particulier de sa surface, qui est encore moins remarquable par l'élévation prodigieuse de ses montagnes que par les contrastes singuliers que présentent leurs bases, que rien ne semble lier aux pays de l'intérieur, tantôt en s'abaissant au-dessous du niveau des contrées voisines, tantôt se terminant en côtes escarpées, offrant ici la fertilité la plus grande, et plus loin l'aridité des déserts.

On pourrait considérer l'Amérique méridionale comme l'Amérique proprement dite, car ce fut elle qui reçut spécialement le nom d'Amérique, qu'on n'a donné depuis que par extension à toutes les terres du nouveau continent. La partie qu'arrose l'Orénoque avait été touchée par. Christophe Colomb, mais la partie du Brésil, plus vaste et plus étendue, fut découverte, en 1497, par Améric Vespuce : elle forme un vaste triangle dont la pointe la plus allongée se dirige vers le midi, et, en y comprenant la Terre de Feu et l'île des Etats, elle s'étend entre le 11^ degré de latitude septentrionale et le 85* de "latitude méridionale, et depuis le iS" degré jusqu'au 63" degré de longitude occidentale.

Ce continent, dont on estime l'étendue à environ six cent mille lieues carrées, communique avec l'Amérique septentrionale par l'isthme de Panama.

Cet isthme de Panama est une longue crête de rochers, dont l'élévation est d'environ cent quatre-vingt-douze mètres, et qui, dans sa moindre largeur, compte à peine vingt lieues. Il sert de digue aux flots de l'Atlantique, qui feraient, sans lui, irruption dans le grand océan Pacifique équinoxial, dont les eaux sont moins élevées d'environ six mètres.

Page 1