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RÈGNE ANIMAL

Le règne animal n'est pas moins riche.

Le lama, le guanaco, la vigogne remplacent nos troupeaux, tandis que le tapir et le tajassu tiennent lieu du porc, si utile pour la nourriture de l'homme. Le jaguar, sorte de tigre ou de panthère, est presque de la taille et de la force du léopard, et il se montre très redoutable pour les troupeaux.

Dans les fleuves, l'alligator ou crocodile américain, qui souvent atteint seize pieds de longueur, a établi son redoutable empire.

Les oiseaux parés du plus brillant plumage, depuis le puissant condor, qui habite les hautes régions, jusqu'au gracieux colibri, peuplent les plaines et les vallées. Qui ne connaît les nombreux et très variés avas, et les périques, et les perruches, et les perroquets de ces immenses solitudes du Nouveau Monde. Et les ibis, et les flammants? Qui n'a vu quelque spécimen de ces charmants petits oiseaux-mouches, ornés des couleurs les plus vives et les plus variées, dont quelques-uns n'ont pas plus de six centimètres de longueur totale. Tout récemment une nouvelle variété de ce genre des colibi'isa été envoyée de la république de l'Equateur à Londres. Un magnifique échantillon de cette espèce a été présenté à la Société zoologique, qui regarde comme nouveau dans la science, sous le rapport du genre et de l'espèce, cet oiseau exlraordinairement remarquable par sa taille minuscule, par sa queue, dans laquelle existe une profonde bifurcation, et pour l'harmonie des couleurs de son plumage. On lui a donné le nom gracieux {.VEugcnia Imperatrix, très llatteur pour la compagne de Napoléon III. L'Eugenia Imperaliix iiabite les vastes forêts de la chaîne des Cordilières, dans -le voisinai>v

de Quito, où il fait sa proie des insectes qui se trouvent dans le calice de la fleur du datura.

La pêche de la baleine est très productive dans les parages de Tîle de Sainte-Catlierine, qui dépend de l'empire du Brésil.

Les rivières de la Guyane sont tellement encombrées de manatis ou vaches marines, que la navigation en est souvent gênée, et rien n'est abondant comme la pêche sur les côtes du Chili.

Nous citerons encordes alcos ou chiens sauvages, le tuja, qui ressemble au casoar et qui peuple les pampas ; les anguilles électriques des llanos, et les pingouins des îles Malouines.

Dans les plaines herbues qu'arrosent les divers bras de la Plâta, et jusque dans la vallée où coule le Madeira, on voit errer des milliers de chevaux sauvages. Dans la province brésilienne de Rio-Grande, ces animaux sont en tel nombre qu'on en fait la chasse dans le seul but d'avoir des peaux. On peut juger par ce fait combien le climat a été favorable à la propagation des animaux transportés en Amérique par les Européens, où le cheval y était complètement inconnu jadis.

Malheureusement, d'affreux reptiles viennent enlaidir de leur pré-* sence cet immense paradis. On les rencontre surtout sur les hauts plateaux et sur les versants des Cordillères. Tels sont les serpents à sonnettes et le serpent amrou ou serpent à idoles. Le serpent aboma que l'on trouve en Guyane n'est pas venimeux, mais sa taille est effrayante, car il est de la grosseur d'un homme, et souvent sa longueur dépasse vingt-cinq pieds. Des raille-pieds monstrueux, des scorpions, des crapauds et surtout l'horrible rana-pipa de l'Orénoque, des lézards, etc., sont continuellement en guerre avec d'énormes fourmis, et on doit regretter qu'une destruction complète et réciproque ne soit pas le résultat de cette antipathie naturelle.

La Guyane est riche en brillants papillons, et, dans toutes les forêts, le lumineux j)orte-lanterne sert souvent à guider le voyageur égaré.

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