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ORIGINE DES ÉTATS-UNIS

« A la fin du wf siècle, dit l'auteur du dernier Voyage pittoresque dans les deux Amériques, cent ans seulement après la découverte du Nouveau Monde, on avait vu les Espagnols découvrir les Antilles, le Mexique, la Floride, le Pérou, la Colombie, le Chili, la Plata, remonter ou descendre les trois plus grands fleuves de ces contiées, l'Amazone, le Rio de la Plata, l'Orénoque.

» Une partie du Brésil élait déjà peuplée par les Portugais, qui avaient pénétré au loin dans rintéiicur.

» Les Français, momentanément établis à la Floride et à Rio de Janeiro, avaient été forces d'abandonner ces possessions; mais ils étaient encore maîtres du Canada.

» Les Anglais avaient aussi parcouru le littoral de l'Amérique, surtout celui du Labrador et de la Virginie.

» Depuis longtemps déjà les Hollandais rôdaient sur les côtes, pillant les colonies espagnoles et portugaises.

» On peut donc en conclure que l'Amérique méridionale était alors presque entièrement connue dans son intérieur, tandis que l'on n'avait encore visité que les côtes de l'Amérique septentrionale. »

En effet, à| cette- époque, on savait à peine que les territoires de l'intérieur de l'Amérique septentrionale étaient complètement occupés par des tribus innombrables de sauvages..

Mais voici qu'en 1578 la reine d'Angleterre, Elisabeth, accorde une charte à; sir Humpbrey-Gilbert à l'effet d'y établir une colonie. Toutefois, cette concession n'a aucune suite.

C'est' en 1584 que, de nouveau, le spirituel et infortuné Walter Raleigli fait* une tentative pour s'établir en Virginie. Là encore des mesures mal prises, et les colons qu'on laisse périr sous le tomahawk des sauvages, font manquer l'émigration.

Cependant, sous les règnes de Jacques \'% de Charles I", et dui'ant la république et le protectoi-at d'Angleterre, une foule d'émigrants passent en Amérique^ et fondent le Massachussets, puis le New-Hampshire, le Connecticut et le Rhode-Island.

Ensuite, sous Jacques II, les puritains, tourmentés par la secte dominante en Angleterre, se transportent au-delà de l'Atlantique, afin de jouir de la liberté de conscience qu'on leur refusait dans leur patrie, et le fameux Guillaume Penn devient le fondateur de la Pensylvanie.

Enfin, en 1735, ces colonies ou Etats séparés et distincts se trouvent au nojnbre de treize, en y comprenant la Géorgie, la plus récemment formée.

C'est ainsi que les Anglais, établis dans l'Amérique du nord, jettent les premiers fondements de la grande nation qui va devenir la plus célèbre république du monde, sous le titre de Etats-Unis.

Vers la fin du xvii* siècle et durant les deux premiers du xviii% les guerres que soutint la France contre l'Angleterre pour la conservation des colonies françaises dans l'Amérique, fut entièrement favorable aux armes de la Grande-Bretagne. La France perdit peu à peu ce qu'elle possédait dans le nord de l'Amérique, et, en 1763, elle fut entièrement évincée par la cession du Canada,

Pendant cette période, les colonies anglo-américaines avaient énergiqucment embrassé le parti de l'Angleterre dans ses démêlés avec la France, et fait de grands sacrifices en hommes et en argent. Elles avaient acquis des connaissances dans l'art de la guerre et pris confiance dans leurs propres forces. Aussi des idées d'indépendance commençaient à germer dans leur sein, étoiles n'obéissaient qu'avec répugnance aux ordres de la mère-patrie.

Il résulta do là que, des villes étant fondées dans tous les nouveaux Etats, Boston, Philadelphie, Washington, Baltimore et cent autres cités puissantes se soulevèrent un jour, et, secouant le joug de l'Angleterre, se déclarèi-ent indépendantes et libres.

La guerre s'alluma et se lit avec une violence sans égale. Les succès

furent longtemps balancés. Mais enfin la France reconnut l'indépendance des Américains du nord; elle leur envoya des troupes, des armes, des munitions, et, battue, TAngleterre dut à son tour reconnaître Tindépendance que les Etats-Unis avaient si glorieusement conquise.

Ce fut en 1787 qu'un plan de Confédération générale fut arrêté à Philadelphie et accepté par les Treize-Etats-Unis, ou Union.

En 1789, Washington fut chargé du pouvoir exécutif de cette Union, sous le titre de Président.

Tel est l'aperçu de la révolution qui a fait un Etat important des colo- 'nies de l'Amérique septentrionale.

Depuis cette époque, le territoire de l'Union s'est immensément accru par la cession de la Louisiane et de la Floride, et au lieu de treize provinces, la Confédération compta bientôt vingt-quatre Etats; puis en dernier lieu trente-sept.

La population prit peu à peu des accroissements énormes. Vinrent des planteurs, des pionniers, des colons nouveaux, qui, dédaignant le séjour des villes, allèrent toujours vers les parties habitées par les sauvages. De cet empiétement incessant résultèrent des luttes déplorables dans lesquelles les blancs furent maintes et maintes fois scalpés, décimés, affreusement torturés par les Indiens, les Pawnis-Loups, les Sioux-Osages, les Hurons, les Mohicans, les Lennapes ou Algonquins, les Miamis, les Peaux-Rouges, les Pieds-Noirs, les Comanches, etc., féroces tribus qui se sentant refoulées vers l'ouest et menacées dans leur existence, ne cédaient le terrain que pied à pied, et non sans exercer de cruelles représailles. On peut regarder comme trop réels et trop vrais les tableaux et les récits de ces guerres sanglantes et de ces mêlées corps h corps des Européens avec les sauvages, si parfaitement peints et si merveilleusement racontés par les fameux écrivains Fenimore Cooper, Mein-Reed, Ferrey, Gustave Aimard et autres. Mais ces familles indiennes ainsi traquées, ces infortunés sauvages ainsi dépossédés, ces mille tribus repoussées dans leurs forêts par la civilisation, décroissent en nombre d'une manière rapide, et l'on peut calculer dès à présent à quelle époque la plupart d'entre elles seront totalement éteintes.

Les Européens tendent au contraire à s'accroître si promptement, qu'en peu d'années, si la proportion ne change pas, les Etats-Unis auront doublé de population.

Mais non, je me trompe! A l'heure où nous écrivons ces lignes, le doigt de Dieu se fait sentir et pèse sur l'Union. Après deux années d'une lutte immense et acharnée, le nord a vaincu. Mais comment uscra-t-il de sa victoire ?

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