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LES GUERRIERS DU MEXIQUE AVANT CORTEZ

L'art stratégique des Mexicains était fort avancé, avant la conquête des Espagnols, mais avancé relativement à leurs moyens d'agression ou de défense, et pas un Espagnol n'aurait pu s'échapper si les Tlascastèques, petite république très belliqueuse, n'eussent fait contrepoids, „en s'allianl aux quelques aventuriers qui firent le Nouveau Monde se soumettre à ses envahisseurs.

L'armée mexicaine était toujours commandée par un général fils ou parent du roi, quand ce n'était pas Tlnca lui-même.

Un porte-étendard réunissait autour de lui les soldats de la province ralliés par le signe hiéroglyphique qui représentait les armes de la capitale de la province.

Chaque village avait aussi son guidon et son chef, qui commandait treize compagnies, commandées elles-mêmes par treize chefs de corps.

Exceptéles armes défensives et offensives, qui toutes se ressemblaient, le soldat s'habillait comme il lui plaisait. Mais le plus beau costume, cà

son avis, était celui qui était le plus atTreux et qui devait épouvanter le plus son ennemi. Il se déguisait en tigre, en caïman, en squelette, en aigle. Il y avait des cas(|aes de formes chimériques et des cuirasses en plumes ou rembourrées de colon.

Le général portait un casque dont le cimier en plumes immenses, droftes et de toutes couleurs, olïrait un rayonnement magnifique et devait être vu de fort loin. Son buste était protégé par un tissu de petites écailles de cuivre doré, et il entourait ses reins d'un pagne des mômes plumes qui ornaient si agréablement sa coiffure. Il avait au bras un large écu de métal, fet à la main une hampe surmontée d'une figure de montagne (tépèque), sur le sommet de laquelle on voyait une sauterelle (chapuline), ce qui composait le mot Cfuqmltépèque.

Un chef de cent hommes avait la tctc couverte d'un casque en bois, recouvert de la peau de t^te d'un juguar. La peau du corps l'enveloppait comme d'un hoquelon qui lui tenait lieu de cuirasse, car ce vêtement était rembourré à l'intérieur par une épaisseur de coton tressé, tellement compacte qu'elle pouvait résister à la pointe aiguë d'une pique ou d'une 6pée.j,Le chef tenait à la main droite un fort bâton de bois dur dans lequel étaient incrustées longitudinalement des lames d'obsidienne, sorte de marbre, iztli en mexicain. Cette arme elle-même, qui formait ainsi plusieurs marteaux, se nommait tepuzmacquauitl. Le même chef avait au bras gauche un écu oblong, avec des touffes de plumes qui pendaient à la partie inférieure du bouclier. Je dois dire que sa tête de jaguar était surmontée d'une énorme aigrette de crins teints d'une couleur vive.

Le porte-étendard était coiffé d'un casque représentant une tête d'oiseau : son visage apparaissait dans le bec ouvert du volatile, dont le bec lui servait de visière et de mentonnière. Il était revêtu d'une cuirasse, sorte de blouse, confectionnée avec les tuyaux et les plumes du canard. Elle ne pouvait être entamée par le sabre le plus tranchant, et &'ap^e\diil tipuzuipilli. Son étendard consistait en une hampe surmontée d'une tète d'aigle, et se nommait quachpautli.

Les armes étaient la macquanitl, espèce de sabre avec des lames d'obsidienne, ce marbre dont nous avons parlé, enchâssées dans un bâton ou lame de bois dur; l'arc et la flèche ; la pique, qui avait trois ou quatre mètres de longueur, et qui se terminait par une pointe de silex ; la fronde, arme terrible dans une main bien exercée. Venait ensuite la corde à lancer pour entraver l'ennemi, lasso ou macamecall, dont on se servait comme les vaqueros des estancias, c'est-à-dire les bouviers des fermes du Brésil, etc., s'en servent encore aujourd'luii pour prendre les chevaux, les bccufs ou les mules. La massue ne parait pas avoir été une arme bien en usage, (luoique on en trouve des dessins sui- des terres cuites et sur certains manuscrits. Un voyageur fameux'.

monsieur. W...., visitant le Mexique à une époque où personne encore n'était occupé de recueillir des antiquités, et surtout les costumes anciens travaillés en plumes mêlées au tissu de coton, les armes et beaucoup de débris curieux, se procura le tout à vil prix, à l'exception de ce qui était en or et en argent. Il s'en servit alors, à l'aide du grand manuscrit de Tlascala, et, en habillant un Indien, à recomposer les costumes civils et guerriers d'il y a trois cent cinquante ans, comme s'il arait assisté lui-môme à la conquête du Mexique.

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