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ASPECT DES ANTILLES

L'aspect général des Antilles est montueux. Tantôt les cimes des montagnes sont aiguës et dépouillées d'ombi'ages, tantôt arrondies cl boiiséos. Les îles volcaniques présentent d(>s montagnes isolées et coni-

ques, dont les sommets se perdent» dans les nues : leur surface est hérissée de rochers coupés à pic, de ravins profonds; on y trouve des ports nombreux et commodes , des mouillages sûrs, les côtes étant escarpées. Les autres îles offrent des plateaux ondulés, divisés en larges terrasses, et atteignant à peine, dans leur plus grande élévation, la hauteur moyenne des monts volcaniques ; leurs côtes sont bordées de récifs et de brisants, ce qui rend leurs ports sans abri et d'un abord difficile.

La situation des Antilles indique assez que leur climat doit être chaud. Cependant la température y est moins ardente que Ton pourrait se l'imaginer, car la chaleur est adoucie par les brises de terre et de mer. On ne connaît que deux saisons bien marquées : la sèche et l'humide, la saison des chaleurs et celle des pluies. La première commence vers la fin d'octobre et dure jusqu'en avril ; la seconde dure les six autres mois de l'année. Mais les pluies des deux premi '. \ mois sont peu abondantes : celles de juillet, d'août et de septembi-e, sont au contraire diluviennes et occasionnent souvent de grandes dégradations, surtout dans les terres situées sur le penchant des mornes. La saison des pluies n'est pas exempte de chaleurs extrêmes, qui sont également nuisibles aux hommes, aux animaux et aux plantes. Elle est accompagnée de maladies mortelles, de la fièvre jaune, du désordre des éléments qu'elle bouleverse d'une manière effrayante. C'est alors que le tonnerre gronde d'un bout à l'autre, que les tremblements de terre et que les ouragans viennent épouvanter les hommes et ravager la terre. Malgré la beauté du ciel des Antilles, l'humidité de l'atmosphère y est pernicieuse, surtout la nuit; nul ne s'expose un moment à coucher dehors ou à se mettre au travail un peu trop avant le lever du soleil, ou à y rester après son coucher.

Les gros animaux sont rares dans les Antilles. Le climat n'est pas favorable à ceux de l'Europe, qui y dégénèrent bientôt ; mais les insectes et les reptiles de toutes les espèces y fourmillent. Les abeilles sont moitié plus petites que celles de France et n'ont pas d'aiguillon ; elles produisent un miel aromatique meilleur que le nôtre.

Considéré en général, le sol de l'archipel est dix-huit fois plus productif que celui de l'Europe ; mais il ne peut supporter les plantes de cette partie du monde, tandis que celles des autres pays acquièrent le développement le plus parfait. Les productions consistent en gingembre, manioc, patates, ignames, bananes, mais, arbres à pain, girofliers, muscadiers, canneliers, poivriers, etc. Joignez-y le tamarin, le coco, la calebasse, l'orange, la grenadille, le chou-palmiste, av«c les ananas et encore d'autres plantes. Toutes ces îles abondent en plantes potagères et méridionales. On distingue parmi celles-ci la casse, le copahu, le ricin, la spigèle, l'ipécacuanha. Les forêts fournissent le- gayac, le

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sandal,lecampôclie, l'acajou, Tacacia, le bois de fer, Icmancenillier, qui f>e plaît sur les bords de la mer, et qui est le plus dangereux des arbres vénéneux.

Toutes les îles de l'archipel appartiennent à diverses puissances européennes. Leurs anciens habitants, massacrés par les Espagnols, furent remplacés par des Européens et des Africains, dont les descendants forment la population actuelle, laquelle se compose de race pure, de nègres la plupart esclaves, et de gens de couleur qu i ne sont ni noirs ni blancs purs, mais qui proviennent du mélange de l'u n et de l'autre sang, et composent des créoles bien faits et très agiles .

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