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LA GUYANE FRANÇAISE

En pays étranger, on est heureux de retrouver quelque chose qui nous rappelle la patrie absente. Arrêtons-nous donc un instant dans l'Amérique du sud, où la Guyane française nous offre l'hospitalité, et étudions-en les aspects, avant de parcourir la seconde et magnifique Amérique.

Le navigateur qui approche de la Guyane risque de ne pas savoir positivement où il est, s'il n'a pas une connaissance exacte du pays. Pendant un espace de plusieurs centaines de milles, l'œil n'aperçoit qu'une côte basse qui lui offre un aspect uniforme. Les marins à qui cette plage n'est pas familière sont dans l'habitude de côtoyer la terre jusqu'à ce qu'ils aperçoivent une maison à laquelle ils envoient un canot pour demander où ils se trouvent. La mer y a la couleur de l'eau de mare. On n'aperçoit que la cime des arbres, qui s'élève au-dessus de l'eau. Les embouchures des fleuves se reconnaissent à la couleur de l'eau fraîche qui entre dans la mer sans se mélanger, jusqu'à plusieurs milles.

Quelques parties de la Guyane offrent une physionomie montagneuse et nue ; et cependant le sol y est en général très fertile. Toute l'année, la terre est couverte de verdure. Les arbres portent en mém e temps des fleurs et des fruits ; tout y offre l'image ravissante de l'alliance du printemps et de l'été. Cette fertilité est due à la réunion de la chaleur et de l'humidité; et de plus, dans les terres basses, à leur position, qui empêche l'intensité de cette chaleur de détruire toute végétation. Les parties incultes sont couvertes d'immenses forêts, de rochers et de montagnes. Quelques-unes de ces dernières contiennon t une grande variété de substances minérales. Tout ce pays est entrecoupé de marais très [U'ofonds et de piairies sans arbres.

Malte-Brun nous fait de la Guyane, quand est venue l'époque des pluies, la description suivante :

« Grossies par des pluies continuelles, toutes les rivières se débordent. Alors les forêts, avec leurs immenses troncs, leurs labyrinthes d'arbustes, leurs guirlandes de lianes, flottent dans l'eau. La mer joint ses vagues salées aux eaux courantes , elle y apporte un limon jaunâtre. Les poissons de mer, les oiseaux aquatiques et les caïmans se répandent partout. Les quadrupèdes sont obligés de se réfugier su r le haut des arbres ; et, à côté des singes qui gambadent et se suspendent aux branches, on voit courir les énormes lézards, les agoutis, les pécaris, qui ont quitté leurs tanières inondées. A côté d'eux encore, les oiseaux palmipèdes, qui, par leur conformation, semblent condamnés à rester sur la

sur les arbres pour éviter les caïmans irtout se jouent dans l'eau ou se vaus abandonnent leur nourriture ordint, et mangent les fruits et les baies ç^ ^->^ igent. Le crabe s'attache aux arbres , dien , qui, dans son bateau, parcourt terre et de mer, ne trouve pas un coin nd son hamac aux branches les plus nquillement dans ce lit aérien que les s. »

: Voyages, nous dit à son tour :

itre plusieurs sortes d'oiseaux, les perère. Ils apprennent facilement à parler, faire croître des plumes de diverses ; certains reptiles. Les bois sont peu- (ues, de colibris, de hoccos et de tou- 0^ le la grosseur d'un poulet d'Inde, qui

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lune ; sa grosseur est celle d'un pison bec, qui est presque aussi gros loires et blanches que l'on prendrait i langue est une simple plume fort , pas plus gro s que nos poules, canards, et leur plumage est d'un si font des couronnes... »

jeune amateur, monsieur Mazure nous disant :

3 de la nature animale, il existe de le ou caïman, le tigre et le boa, ce uernier surtout, horrible reptile, fléau des Indiens dans les forêts,

Malte-Brun nous fait de la Guyane, quand est venue l'époque des pluies, la description suivante :

« Grossies par des pluies continuelles, toutes les rivières se débordent. Alors les forêts, avec leurs immenses troncs, leurs labyrinthes d'arbustes, leurs guirlandes de lianes, flottent dans l'eau. La mer joint ses vagues salées aux eaux courantes , elle y apporte un limon jaunâtre. Les poissons de mer, les oiseaux aquatiques et les caïmans se répandent partout. Les quadrupèdes sont obligés de se réfugier su r le haut des arbres ; et, à côté des singes qui gambadent et se suspendent aux branches, on voit courir les énormes lézards, les agoutis, les pécaris, qui ont quitté leurs tanières inondées, A côté d'eux encore, les oiseaux palmipèdes, qui, par leur conformation, semblent condamnés à rester sur la terre ou dans l'eau, s'élancent ici sur les arbres pour éviter les caïmans et les serpents à sonnettes, qui partout se jouent dans l'eau ou se vautrent dans la fange. Les poissons abandonnent leur nourriture ordinaire, offerte par l'humide élément, et mangent les fruits et les baies des arbustes parmi lesquels ils nagent. Le crabe s'attache aux arbres , rhuîti:%croît dans les forêts. L'Indien , qui, dans son bateau, parcourt ce nouveau cahos, ce mélange de terre et de mer, ne trouve pas un coin de terre pour se reposer. Il suspend son hamac aux branches les plus élevées de deux arbres, et dort tranquillement dans ce lit aérien que les vents balancent au-dessus des flots. »

La Harpe, dans son Histoire des Voyages, nous dit à son tour :

« Dans les forêts de la Guyane, entre plusieurs sortes d'oiseaux, les perroquets y sont d'une beauté singulière. Ils apprennent facilement à parler, et les Américains ont l'art de leur fau^e croître des plumes de diverses couleurs en les frottant du sang de certains reptiles. Les bois sont peuplés de flammants, de petites périques, de colibris, de hoccos et de toucans. On nomme hoccoun oiseau de la grosseur d'un poulet d'Inde, qui a le plumage noir sur le dos et blanc sur l'estomac, le bec court et jaune, la démarche fière, et la tête' ornée de petites plumes relevées en panache. Le toucan est noir, rouge et jaune ; sa grosseur est celle d'un pigeon. On admire particulièrement son bec, qui est presque aussi gros que son corps, et rayé de bandes noires et blanches que l'on prendrait pour de l'ébène et de l'ivoire. Sa langue est une simple plume fort étroite. Les flammants ne sont pas plus gro s que nos poules. Ils volent par bandes , comme les canards, et leur plumage est d'un si beau rouge, que les Américains en font des couronnes... »

Enfin, dans le portefeuille de jeune amateur, monsieur Mazure achève ce tableau de la Guyane, en nous disant :

« Mais en présence de ces trésors de la nature animale, il existe de terribles animaux : c'est le crocodile ou caïman, le tigre et le boa, ce dernier surtout, horrible reptile, fléau des Indiens dans les forêts,

dont la longueur est quelquefois de quarante pieds et la circonférence de quatre, et que l'on prendrait de loin pour le tronc d'un grand arbre abattu.

» Un jour, monsieur Malouet, qui était intendant de la Guyane française en 1777, et qui a laissé d'intéressants mémoires sur les colonies, rencontra un rassemblement de serpents, au nombre de plus de mille, roulés en spirales, les uns sur les' autres, et formant un énorme amoncellement autour duquel se montraient béantes leurs têtes armées de dards et les yeux étincelants. Il pense que ces reptiles s'étaient ainsi réunis pour se défendre contre un boa qui, sans doute, se trouvait dans les environs... » -

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