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LES DISTRACTIONS DU PARC

Le Parc, lui aussi, offre un genre de distraction; il a son côté fantaisiste, sa couleur locale souvent bien plus accentuée que celle qui se montre dans la dernière galerie du Palais, où quelquefois la place lui a manqué pour s'étendre à son aise. Êtes-vous curieux de prendre le café à l’orientale : le Bey de Tunis a disposé pour vous le rez-de-chaussée de son palais du Bardo!.

Si vous préférez les usages du Nord, tout près se trouve la brasserie des Bavaroises ou la brasserie bavaroise, l’un et l’autre peuvent se dire avec autant de raison. Entrez dans ce long parallélogramme : vous voyez d’abord vingt jeunes filles au jupon court, au corsage de velours, à la coiffure fantaisiste, qui s’empressent de vous servir avec une grâce plus que germanique. Le premier consommateur qui entra dans cette brasserie, fut assez réjoui par cette apparition inattendue, il se crut transporté bien loin de Paris, de son bitume et de son langage; il s’empressa de demander une choppe, en prenant l’accent le plus allemand possible : Q déception! les Bavaroises parlaient le plus pur français de Batignolles. Le public en prit gaiement son parti, etne se plaignit pas d’avoir perdu au change: tant il est vrai que si l'habit ne fait pas l’homme, c’est lui qui fait la femme. La brasserie bavaroise est un café chantant, genre de distraction tout à fait moderne, et qui ne pouvait pas ne pas avoir de représentant au Champ de Mars.

Si la brasserie bavaroise est d'apparence trop parisienne et n'offre pas même ces intrépides buveurs de Munich qui défieraient à la choppe les Anglais les plus vaillants, il n’en est pas de même de la brasserie viennoise établie à l’autre bout du Parc, tout près de l’École militaire. Dans cet élégant bâtiment en bois découpé, tout est vraiment autrichien : et la bière que vous buvez, et les garçons qui la servent, et les Allemandes qui trônent au comptoir le sourire à la bouche et les fleurs dans les cheveux, n’ayant d'autre fonction que de réjouir les yeux par leur présence, tandis que derrière elles les garçons ne suffisent pas à tirer la bière des tonneaux qui occupent triomphalement le milieu de la pièce. Quelque costumes nationaux peints sur les murs font regretter de ne pas en voir revêtus les gens qui vous entourent, et qui pour la pepe serviteurs et consommateurs, ont un cachet bien prononcé

e germanisme. Tout autour de la brasserie, dont la façade regarde le Palais, sont rangées : une maison de la basse Autriche, une maison de la haute Autriche, une boulangerie viennoise dont les produits s’enlèvent «comme du pain, » c’est le cas de le dire ; une maison hongroise et un chalet tyrolien, qu’à son architecture pleine d’une

1. Voir la description du Bardo dans la partie orientale du Parc, p.51.

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