PALAIS DU BEY DE TUNIS. — TURQUIE
des cabinets où les baigneurs se reposent et dans l’étuve même un large espace orné de divans ad hoc est réservé aux exercices des masseurs. Ici les murailles sont frustes, sans ornementations, sans niches, sans colonnes ; l’etuve trop étroite n’offre au masseur qu’un théâtre insuffisant, et le patient doit s’étendre tout simplement sur le plancher brûlant. La chaleur s'obtient à sec par des courants de cheminée, ménagés dans l'épaisseur des murs; quatre vasques de pierre à robinet de cuivre fournissent l’eau nécessaire, et le jour arrive adouci par de petites cloches de verre disposées dans des trous de la coupole.
La Mosquée.
La Mosquée, construite sur le plan du Yéchil-Djams (Mosquée verte) de Brousse, a la forme d’un carré, la coupole octogone se raccorde par une série de losanges aux formes droites du toit qui lui sert de base. A gauche s’élève le Minaret, dont le balcon et la flèche de zinc terminée par un croissant dominent majestueusement l’édifice et semblent appeler les croyants à la prière.
La façade est d’un heureux effet; terminée par deux pavillons circulaires en bois treillissé, elle est coupée au milieu, dans toute sa hauteur, par une porte gracieusement évidée en forme de niche, ornée de riches moulures et encadrée de versets du Coran. La première pièce est le vestibule, où les fidèles déposent respectueuse: ment leurs chaussures; les Européens, qu’on admet quelquefoisà l'heure des prières dans les contrées les moins fanatiques de la Turquie, ne peuvent jamais dépasser le seuil de cette entrée; c’est de là qu'on peut, dans les Tékés, assister aux curieux exercices des derviches.
La Mosquée proprement dite est une salle carrée au fond de laquelle on remarque une niche dorée, bordée comme les fenêtres de briques émaillées; c’est le Mihrab tourné dans la direction de la Mecque, et indiquant la place de l’Imam. A droite est une espèce de chaire, petit pavillon pointu en bois doré; c’estle Mimber, d’où l’Imam fait aux fidèles la lecture du Coran.
La religion de Mahomet ne permettant la reproduction d’aucun être animé ou inanimé, les murailles n’offrent aucune image; le nom seul d'Allah et des inscriptions du Coran se détachent en lettres d’or sur le fond rouge et bleu des murs et de la coupole.
Les deux pavillons de la façade ne sont pas seulement un ornement, mais bien une partie indispensable de la Mosquée ; dans l’un se trouve la fontaine aux ablutions (Zébil), ans l’autre sont les horloges (Mohakit) qui règlent l’heure vraie de la prière.
Telle qu’elle est, la Mosquée du parc présente un ensemble des plus agréables; on pourrait cependant regretter que l’échelle de réduction n’ait pas permis, pour conserver les proportions exactes du Yéchil-Djami, de donner au Minaret une plus grande élévation;
en réalité, le Minaret de Brousse domine le temple d’une hauteur de deux cents pieds, et rien n’est plus gracieux que cette immense flèche, dont la pointe si fine étincelle au soleil.