‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 46 sur 174 · FRANCE. — MOTEURS. — MACHINES-OUTILS · texte numérisé non relu

FRANCE. — MOTEURS. — MACHINES-OUTILS

tion. Mais gravissons l'escalier qui mène à la plate-forme desorgues, dont les sons puissants dominent, s’ils ne les étouffent pas, les bruits de toutes sortes qui se font à l’entour. La facture des grandes orgues d'église est dignement représentée par M. Stoltz et M. Merklin-Schütze.

Nous atteignons le sixième secteur du Palais, compté à partir du grand vestibule, et nous rencontrons les machines et appareils de la mécanique générale : moteurs, organes de transmission de mouvement, appareils hydrauliques, élévatoires, etc. Laissons aux hommes du métier le soin d'étudier les progrès accomplis dans la construction mécanique, et bornons-nous à signaler les machines à vapeur qui fournissent la force motrice à toutes les machines de l'Exposition, et que nous avons pu déjà remarquer de distance en distance. Les principaux constructeurs français et étrangers ont répondu à l'appel de la Commission impériale, et pour l'œil le moins exercé, il est facile de distinguer presque tous les types parmi ces moteurs désignés comme appartenant à la classe 52, machines à balancier, horizontale et à connexion directe, à cylindres inclinés, à cylindres oscillants, etc.

Ces belles et grandes machines ne reçoivent la vie de la vapeur que pour la transmettre à ces outiis innombrables qui exécutent toutes les opérations réclamées par les besoins de l’industrie. Nous signalerons des machines à raboter, à planer, à percer, à poinçonner, etc. C’est tout le matériel des grands ateliers de construction. Les machines à travailler les bois, envoyées par l’usine de Greffenstaden, sont d’une exécution irréprochable. Mais la curiosité sera davantage attirée par les machines de M. Vanloo pour faire des moulures, sculpter, guillocher, découper les bois, et enfin les ornements les plus délicats.

Toute une catégorie de machines-outils se trouve à part et forme la classe 57; elles embrassent les procédés mécaniques de coutures et de confection de vêtements. On y remarque les apprêteurs mécaniques de M. Touzet, pour la chaussure. A côté, M. Dupuis a monté un atelier complet de fabrication de chaussures à vis; le montage, le vissage, le coupage des vis, le moulage de la semel'e, le râpage destalons, sontexécutés par autant de machines distinctes. Les machines à coudre se montrent avec leurs formes variées; moins répandues chez nous qu’en Angleterre et aux États-Unis, on a pu cependant constater l'influence pernicieuse du mouvement de Ja pédale sur la santé ces ouvrières; aussi recommandons-nous à l'attention publique celles qui empruntent leur mouvement à un petit moteur électro-magnétique. Il ne faut pas oublier dans le secteur que nous parcourons, et presque caché sous la passerelle, ja grande machine électro-magnétique de M. Berlioz, employée par la Compagnie l'Alliance, pour l'éclairage électrique des phares.

Un mot de la classe 60. Nous y trouverons de curieux échantillons de ce qu’a pu faire le génie inventif pour substituer. le travail

7k GALERIE DU TRAVAIL ET DES MACHINES.

de la machine au travail plus irrégulier de l’ouvrier, dans l’exécution de diverstravaux. Machines à gaufrer et estamper, à boucher les bouteilles, à faire les boutons, à fabriquer les cigarettes, à sculpter et façonner les manches de parapluies et d’ombrelles, à découper les allumettes, à fendre les dents de peigne, etc., toutes rivalisent d'adresse et exécutent les travaux les plus curieux ; tout auprès se trouve une petite machine appelée peut-être à amener une révolution dans la gravure des métaux et celle des pierres dures. Un poinçon mis en mouvement par la machine se promène sur un Camée; inutile de le guider, il sait sa marche tout seul. Après dix ou quinze heures de travail, il vous rend la pierre devenue un beau camée. Comment la chose se fait-elle ? c’est le secret de l'inventeur.

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