‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 5 sur 174 · CLASSEMENT. — PAVILLON CENTRAL. — TRAVAUX. II · texte numérisé non relu

CLASSEMENT. — PAVILLON CENTRAL. — TRAVAUX. II

rencontre d’abord ce sont les industries qui répondent aux nécessités physiques de l'existence :

1° Les œuvres gastronomiques placées dans une galerie extérieure qui enveloppe tout le Palais, sous le nom de galerie alimenlaire.

20 Les arts usuels, dans la galerie VI, dite du travail et des machines, qui est la plus haute et la plus spacieuse de l'Exposition, et dont toute la longueur est parcourue par une plate-forme, sorte de balcon aérien, d’où le visiteur peut dominer et suivre des yeux les divers travaux.

3° Les industries extractives, c’est-à-dire celles qui consistent à recueillir les dons que nous fait la nature, à exploiter les mines, les houillères, les forêts, les cours d’eau, etc. ; tous ces produits figurent dans la galerie V, dite des matières premières.

Lo Le vétement. Galerie IV.

5° Le mobilier. Galerie III. Déjà l’art commence à prendre sa place à côté de l’industrie.

6° Le matériel et les applications des arts libéraux. Galerie II.

7e Les OŒEuvres d'art. Galerie I.

Une galerie supplémentaire, sous le nom de musée, est consacrée à l’histoire du travail.

Les questions d'intérêt social et populaire ne pouvaient être laissées à l'écart dans une exposition qui porte le nom d’universelle. . Déjà en 1855 la France avait imaginé une galerie d'économie domestique. Cette idée aujourd’hui grandie et plus noblement accueillie encore, a déterminé la formation d’un groupe Spécial, le fameux groupe X, qui comprend les objets destinés à améliorer la condition physique et morale de la population. Une bande de 2215 mètres carrés a été accordée pour l'installation de ce groupe dans le Palais entre la section française et l'emplacement de nos colonies.

Enfin le Pavillon central autour duquel toutes ces galeries ont tracé leur orbite et qui est surmonté d’une sphère terrestre, abrite un rêve devenu depuis longtemps l’idéal du commerce entre les peuples, le symbole des relations internationales, le gage de la

aix universelle : l'unité des monnaies, des poids et des mesures. Si es études comparatives entre les monnaies, les poids et les mesures en usage exposés dans le pavillon pouvaient amener l’unité si désirée, ce serait peut-être le résultatle plus grand de cette Exposition, l'innovation la plus digne de notre époque.

Ce n’était pas tout de construire, il fallait alimenter l'être créë, lui donner l'air, l’eau, la lumière. Des travaux devant lesquels eussent reculé les Romains ont sillonné tout le sol du Champ de Mars et même au delà,le pont d’Iéna et le Trocadéro, pour assurer le fonctionnement et la vie à cette éphémère création.

La ventilation.

Un géant seul pouvait être chargé d’insuffler l’air dans le gigantesque édifice. Il fallait pour le ventilateur un lit de quatorze hectares. On l’a installé dans les sous-sols qui suivent non-seulement le pourtour du Palais, mais encore les rues transversales et les anneaux concentriques des galeries. L’air lui arrive par des puits extérieurs. Les bouches de respiration par où ce travailleur modeste caché sous terre, renvoie incessamment la masse d’air qu’il aspire du dehors, sont distribués dans le plancher des galeries. Vous les voyez couvertes d’un grillage pour que le monstre n’ingurgite aucune victime humaine.

Mais ce vaste réseau d’aérage, qui a coûté les plus grands efforts à établir à travers les fouilles entrecroisées que nécessitaient les fondations du Palais et l’établissement des machines, a rencontré encore des gênes inattendu: s dans le voisinage des restaurants. Les travaux d’excavation le lon, du po rtour, avaient été employés à

lusieurs fins : une partie à la circulation de l’air; l’autre partie à a création de caves que la Commission accorda aux restaurateurs. Ceux-ci voulurent transformer ces caves en sous-sols culinaires; mais l'air n’y arrivant par aucun soupirail, ils trouvèrent tout simple pour empêcher l’asphyxie des cuisiniers, de pratiquer des ouvertures dans le mur séparatif des souterrains d aération. On voit ce qui dut arriver. L'air n’arrivait plus dans le Palais qu’imprégné d’odeurs réputées appétissantes. Nous ne raconterons pas ce qu’il fallut d’ingénieuses combinaisons pour remédier à cet inconvénient et pour satisfaire à la fois le public qui veut de l’air pur, les cuisiniers qui sont des hommes méritants, après tout, et qu'il serait cruel de condamner au supplice de la suffocation. Que d’incidents comme celui-là, que de complications analogues, et peut-être plus difficiles à résoudre ont traversé l’œuvre des ingénieurs |

De la distribution de l’eau.

L’eaun’étaitpas moinsindispensable que l’air;ilen fallaitau Champ de Mars, commeilen fautau corps humain. C’est par elle que la vie et le mouvement se répandent dans tout cet organisme de machines; c’est elle qui, transformée en vapeur, soulève ces énormes muscles d'acier ; sans elle, point d'arrosage, non plus; point de ‘ardin. Çà et là, elle forme des cascades, des jets d'eau, elle emplii des bassins, elle s'épanche des vasques des fontaines; enfin se tient prête à porter secours en cas d'incendie aux immenses trésors accumulés dans les allées et les galeries.

Cinq pompes, cirq vigoureux poumons de fer, placées à droite et à gauche du passage qui conduit de la berge au Parc, enlèvent l’eau de la Seine et la refoulent impétueusement soit dans un château-

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