‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 61 sur 174 · CRISTAUX. — BRONZES · texte numérisé non relu

CRISTAUX. — BRONZES

bleus, avec des ornements finement ciselés. Un magnifique bol à punch à dessins bleus, représentant des danses de faunes et de bacchantes, et entouré de toute une escorte de verres sur un riche plateau. Comme peinture sur verre, on admire des vases à feuilles de begonia, des vases ornés d'oiseaux en grisailles bleuâtres et soutenus par des bordures d’argent.

Les imitations des anciens verres de Venise exposées par la cristallerie de Clichy nous paraitront hors ligne, même quand nous aurons vu l'exposition italienne des verrières de Murano. Là nous trouverons aussi les traditions du seizième siècle, mais trop servilement observées tandis que nos artistes y mettent du leur. Si le genre n’est pas original, leur dessin du moins n’est pas une copie.

Le bronze doré, quand il se combine avec le cristal, le réchauffe pour ainsi dire, le soutient et le vivifie. Dans l’exposition de Baccarat on en voit l'exemple : des bouquetières de cristal agrémentées d'amours en bronze doré; des flambeaux même style.

N’omettons pas la pièce principale, cette colossale fontaine en cristal qui n’est pas sans précédents dans les expositions universelles, mais qui n’en est pas moins, pour qui connait les difficultés de la fabrication, un véritable prodige industriel.

Bronzes d'art.

La section des bronzes, voisine de celle des cristaux, offre de plus qu’elle un intérêt artistique, qui lui attire beaucoup de visiteurs. Mais il y a bronze et bronze, et tout ce qui porte ce nom n’a pas la même valeur. Il est en outre beaucoup domibitiense des zincs bronzés, des fontes galvanisées ; un œil peu exercé pourrait s’ytromper, mais pas à l'Exposition où les plus beaux modèles sur le métal le plus fin avoisinent ces reproductions hérétiques.

Au bord de la rue de Flandre sont les œuvres, genre antique, exposées par Lerolle; des cuivres repoussés, des lustres et des candélabres fort beaux comme restauration du passé. On voit que nos musées ont été explorés par les artistes de M. Lerolle.

Barbedienne , qu’on s'attend bien à trouver ici, est installé sous un dais de velours vert. De grands vases cloisonnés de plus d’un mètre de haut, en forme de tulipe, une armoire d’ébène avec cariatides, colonnes et ornements en bronze argenté, très-riches de ciselures, un miroir à facette vénitienne encadré de bronze argenté avec émaux bleu clair sur bleu intense, puis les statues reproduites des modèles classiques, et comme œuvres modernes, le chanteur florentin, d’après P. Dubois, le buste de Bianca Capello, voilà ce qui frappe à première vue dans cet étalage, sympathique à tous les amateurs.

Les compositions si fines de Mène pâlissent un peu au milieu de toutes les grandes œuvres que renferme l’exposition des bronzes.

Quant aux œuvres d'ameublement, garnitures de cheminées,

porte-flambeaux, candélabres et pendules, il y a profusion, il est difficile de les citer, et puis les goûts sont si divers!

Écoutez, par exemple, l'opinion de plusieurs visiteurs devant ces cheminées de marbres variés, garnis d’appliques en bronze. Marchand en a exposé une des plus compliquées qu’il nous semble avoir déjà vue à l'Exposition de Londres. Il y a des incrustations et des ajoutures de toutes sortes. Sur le milieu du manteau une statue d'or, au-dessous une tête de monstre vert tirant une langue rouge ; partout des filets dorés aux méandres grecs. Eh bien! iout le monde n'aime pas ces mélanges; mais il y en a qui les adorent.

Raingo. — Sa console en bronze ciselé et doré, ses lustres, ses pendules sont d’une exécution fine, d’un style pur.

Miroy frères. — Leur étalage abonde en porte-flambeaux, la plupart remarquables, sous leurs costumes de hallebardiers, de guerriers, d'anciens suisses ou de sauvages indiens.

Graux-Marly en a aussi, dans un autre genre, de fort séduisants, ainsi que des pendules, des cheminées et des vases.

Boy, de son côté, qui oppose le zinc d’art au bronze d’art, nous réconcilie avec le zinc par ses charmants porte-flambeaux ; chinoiseries presque vivantes.

Mais hâtons le pas. La manufacture de Sèvres est près de nous, et nous rend impatients.

Exposition des manufactures impériales de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins.

Une des plus belles salles de l'Exposition, la plus complétement satisfaisante pour le goût, est celle des productions unies de Sèvres et des Gobelins. Là toutes les magnificences de l’art! là tous les enchantements de l’industrie décorative; une alliance vraiment princière de la peinture et de la plastique avec les délicates souplesses du kaolin, avec les éclatants reflets de l’émail, avec les nuances veloutées de la laine. C’est le « camp du drap d’or,» c’est la cour plénière de la porcelaine et de la tapisserie. Il n'est venu à cette royale entrevue que les souverains de l’ornementation.

Les vases de Sèvres ont des formes exquises; la fantaisie les a parés de ravissantes conceptions.

Ce qui parait peu à peu abandonné, ce sont les peintures historiques, les reproductions de tableaux. Ce qui est plus nouveau, ce sont les reliefs de pâte sur pâte ; entrelacements légers de fleurs, de papillons, de colombes, de figures se détachant en saillies blanches, à demi transparentes comme celles d’un camée, sur un fond délicatement coloré, le plus souvent en bleu clair. La plupart dessinés par GÉLY, quelques-uns par Sozow, ces reliefs ont pour l'œil de véritables caresses.

Dans les peintures sur porcelaine, il y aussi cette année beaucoup de sobriété et de légèreté ; BARRIAT a peint d’après Hamon

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