‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867Chapitre 84 sur 174 · DANEMARK, SUÈDE ET NORVÉCE · texte numérisé non relu

DANEMARK, SUÈDE ET NORVÉCE

Ces trois États, que la nature avait réunis, que la politique a séparés, ont envoyé leur part de curiosités au Champ de Mars.:Ges têtes de rennes au bois superbe, ces belles fourrures d'ours blancs et d'autres animaux, ces échantillons d’abondantes mines, notamment le beau bloc de spath d'Islande, ces engins de pêche de toutes sortes, attestent suffisamment la nature du sol et du climat d’où nous viennent tous ces objets. Ces matières premières sont encore plus caractéristiques que la forme qui leur a été donnée par l’industrie humaine ; aussi cette exposition du mobilier, du vêtement, est-elle faite moins pour rivaliser avec d’autres nations plus riches et plus avancées, que pour témoigner de l’état de civilisation dans lequel marchent ces pays qui ont eu à triompher de tant d’obstacles. Dans les porcelaines, regardez deux vases avec peintures qui méritent attention, sinon par le fini de l'exécution du moins par les scènes de la vie nationale qu'ils retracent. L’orfévrerie danoise mérite également un coup d’œil, il ne lui manque peut-être qu’un plus grand débouché pour s'élever plus haut. Tout auprès se trouve un meuble avec incrustations et dessins en bois noir, qui a beaucoup de cachet. Mais la partie la plus originale de cette exposition, celle vers laquelle la foule se porte avec le plus d’empressement, et non sans raison peut-être, est celle des costumes nationaux.

Une Lapone s’en va fumant :sa pipe et portant sa fille derrière son dos ; tandis que deux autres habitants du même pays traversent en traineau ces solitudes glacées, l’untraîné par un renne qui fuit plus rapide que le vent, l’autre s’aidant d'une rame et maviguant sur la glace, comme il Le ferait sur l’eau, Dans ces lieux où la nature est si inclémente, le vêtement existe, mais non le costume ; on s’habille pour se garantir du froid et nullement pour se montrer. En redescendant vers des régions moins rigoureuses, la coquetterie, l'amour du luxe, commencent àreprendre leurs droits. Voyez cette

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