‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 18 sur 154 · LE PARC. — QUART BELGE · texte numérisé non relu

LE PARC. — QUART BELGE

tat de Pégrisage, est dans les rainures de la meule^ et sert à la

taille, car le aiamant ne se laisserait entamer par aucun autre corps. Les diamants, résultant de ces diverses opérations, sont dans la aouzième ca'^e, qui est la plus intéressante, et où l'on remargue entre autres un diamant bleu, un diamant rose et trois inag-nifÎQues pendeloques d'un blanc parfait. Dans la treizième case on peut voir le fac-similé du Ko-i-nor et de 1 Étoile du sud, qui sont avec le Régent les plus gros diamants connus. Le premier qui, brut, pesait 186 carats n^en pèse plus que 102 1/3 et le second de 254 avant la taille n'en accuse plus que 125. On sait que Tart de tailler le mant ne fut découvert qu*en 1470 par Louis de Berquen.

LE JARDIN RÉSERVfi.

Entrée : 50 centimes.

Si, l'esprit lassé par la vue des nombreux objets qui viennent de s'imposer à votre attention, la tête fatiguée des mille bruits divers qui se font entendre de tous côtés, il vous arrive de souhaiter un instant de repos, le murmure d'un ruisseau, le parfum des fleurs, a un frais bocage, j comme disent les poètes, passez par le tourniquet quoic^ue non compris dans ces poétiques rêves, et entrez dans le Jardm réservé ; a Tactivlté fiévreuse de Tindustrie succède le calme paisible de la nature» aux puissantes machines, aux vêtements chamarrés d'or, aux diamants» aux cristaux étincelants de mille feux, succèdent la verdure, les fleurs, non moins riches dans leur variété, non moins éclatantes par leurs couleurs, et jamais contraste ne fut plus rapide, plus complet. Si pour le Parisien, qui se souvient qu'il y a un an à peine ce jardin si frais et si gracieux était un bas-fond marécageux, cette transformation est une étonnante merveille ; pour le simple visiteur qui ne juge que d'après ses impressions du moment, rien de charmant comme ces pelouses si vertes qui reposent agréablement les yeux sur une étendue de 50000 mètres carrés environ : rien de pittoresque comme ces accidents de terrain qui coupent rhorizon, comme ces bosquets, ces grottes, ces cascades, ces serres, les unes gigantesques, les autres toutes mignonnes, mais concourant également à l'harmonie de IVnsembîe ; tout cela se marie, se fond, se groupe d'une façon si parfaite qu'il semble difficile d'en séparer les divers éléments pour les analyser, et qu'il faut mieux laisser le visiteur au libre cours de ses impressions.

Cependant il faut signaler à son attention la serre monumentale qui s'élève sur le haut d'une ômincnce, du sommet de laquelle on voit jaillir une cascade qui tombant sur des rochers, s'en va se jeter dans le lac. Cette serre est remarquable et pour sa grandeur et pour la hardiesse qui a présidé à sa construction. Au milieu des

LE JARDIN RÉSERVii

plantes tropicales qui s'élèvent sous cet immense vaisseau et en tapissent les parois, sont groupés des milliers de pots de fleurs gui

se renouvellent chaque qumzaine pour le concours horticole rien de joli comme le contraste de ces arbres à l'aspect étranger, à la verdure sombre, aux feuilles bizarrement découpées, avec ces fleurs qui abritées à leurs pieds font monter jusqu'à eux comme des esclaves agenouillés devant leurs maîtres, leurs pyramides aux mille couleurs, leurs cassolettes aux mille parfums. Le salon d^honnenr qui précède la tente avec sa fontaine , ses statues, sa ridie décoration, a quelque chose de vraiment grandiose.

De chaque côté de la serre monumentale sont des grottes qui reur ferment Tune Paqaariiim d'eau douce, Tautre Taquarium d'eau salée. On se promène avec un singulier éfonnement sous ces voûtes de rochers artificiels éclairées par les reflets des aquariums où Ton peut suivre de rœil les détails les plus intimes de la vie des poissons enfermés sous ces globes de verre. Là le curieux aussi bien que le naturaliste ont une ample moisson de faits à recueillir.

La grande serre et les deux aquariums accaparent beaucoup de Pattention du visiteur et la rendent difficile pour le reste du jardin. Cependant il n'est presque aucune partie qui n'ait son genre

d'intérêt,

^ Même en sortant de la serre monumentale on peut visiter ses rivales affectées pour la plupart à des grnres particuliers de culture, comme par exemple la serre hollandaise avec sa collection de Cactus. Les amateurs de jardin verrontavec plaisir certains groupes de fleurs ou d'arbustes qui ont trouvé place dans les plantations du jardin: il y a notamment un groupe de rhododendrons qui fera bien des envieux.

Aujourd'hui que le luxe des parcs, des simples jardins même, est poussé si lom, ces kiosques élégants, ces volières, ces belles portes en fer ouvragé ont plus que jamais leur raison d^ètre et sont

bien certains de trouver des acneteurs. La perle de tous ces kiosques est le pavillon de l'Impératrice, merveille de goût, de grâce et d'élégance, avec ses peintures sur satin et ses encadrements en bois blanc sculpté.

Une dernière curiosité du Jardin réservé, c'est le diorama, où l'on voit la représentation de presque tous les pays du globe, d'après des photographies envoyées des lieux mêmes à la commission impériale. C'est en quelque sorte le complément de l'exposition, et ces vues achèvent ae transporter chez nous les payj dont nous connaîtrons bientôt les produits et/ a civilisation.

1. Le moment le plus favorable pour voir ces concours €st du 2 au 5 de chaque mois et du 16 au 20, car alors les plantes sont dans toute leur fraîcheur.

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