‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 53 sur 154 · TURQUIE · texte numérisé non relu

TURQUIE

L'Egypte a reproduit là ses entablements massifs aux corniches surplombantes, aux piliers roides reliés par un chapiteau à téte d'Athbr; Toois et le Maroc ont des arceaux dentelés, des peintiures chatpyantes, des colonnes fond blanc agrémentées de bleu et d'or; la Turquie s'annonce par une façadè imitant le marbre blanc, ornée de larges arcades et d'ouvertures carrées aux. grilles d'or, a\ix fines colonnettes. Chaque pays a conservé le caractère spécial 'de son architecture, et le genre d'ornementatioi! oui lui est propre. Cette variété m constitue pas un des moindres cnarmes du bazar oriental.

Sans parler des produits agricoles qu'on peut étudier à loisir des deux côtés de la galerie des machines, et qui n'offrent guère d'intérôt qu'aux connaisseurs, nous suivrons les diyerses galeries réservées à l'Orient, en remontant vers le Jardin central, et en signalant au lecteur les objets qui méritent particulièrement son attention.

Soit par le nombre, soit par la qualité des objets exposés, la Turquie occupe ici le premier rang. Son industrie sans doute parait bien secondaire à côté des résultats si merveilleux et si variés qu'on obtient de nos jours en Europe; ce qui la relève, c'est son orifi^inalîté, c'est un cerWn sentiment artistique souveotinconscient, môlé néanmoins à toutes ses œuvres. L'industrie en Orient, et l'in* dustrie ottomane en particulier, n'a rien de mécanique; la régularité mathématique des machines n'a pas encore tué la fantaisie individuelle, et Ton peut dire que tout objet fabriqué porte l'empreinte de l'ouvrier.

La première des trois grandes salles, ou galeries turques, contient une collection de coquillages et de produits pharmaceutiques. Le regard s'arrête sur une petite pyramide formée d'échantillons de porphyres et de gypse, surmontée de curieux coquillages de l'Hedjaz et d'incrustations d'eau calcaire. L'objet le plus intéressant est un buisson pétrifié^ ressemblant à une éponge ouverte, et qui produit la gomme adragante. Dans des vitrines, à droite, sont des voiles en soie jaune et rouge, de Bagdad, ^ui imitent le reps, des serviettes de Mostar, des mouchoirs de soie, de Sophia, des chemises du Mont-Liban, des fez et des ceintures de femme, aux broderies de soie et d'or, du plus riche travail.

Des selles, des harnachements de chevaux ornent les murs de la seconde salle; on retrouve là les diverses formes usitées dans les

{)rovinces d'Europe et -l'Asie, depuis le siège modeste, mais sûr, de 'Arabe nomade, jusqu'à la selle de velours et d'or, où trônent les pachas opulents.. Dans les vitrines qui longent la muraille, on admire surtout des costumes albanais, or etSrocart, d'une incomparable richesse ; une autre vitrine placée au milieu de la galerie contient des coiïrets, des flambeaux et des miroirs en argent re-

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poussé, des Z4xrf (tasses à café avec soucoupe), et des bijoux en fîligraae. On regarde aussi deux grands vases de cui"VTe (Manyals) , qui remplacent les dieiuMei^ii Turquie, et qu'on place pleins de bnise lui eeatM de l^èpfÊiA&amU Un beaa Ire^ée dteaes w- ^BMcnu duquel les piiacii^x costumes da t^raiée turque soot n* poste mr des auumequlBs, attire les reginis pur la variété de ses focittes et les éiéj^antes incrustations des crosses. On voit là des yataghans aux ciselures d'argent, des flèches du Turkestau, des fusils aux crosses de bois, de fer, do cuivre et d'ivoire.

A gauche un petit casier nous montre des objets de la vie intime, cuillers de Constantinople en écaille et eu bois, patins de bain incrustés de nacr j, peignes de Bagdad, babouches ordinaires, chap-chap^ tchm$ks amanais, etc.

La deraière salle BOi»eiffre des msviMês insnistés de naers tet d^écaille, des éteibs lamées d'or pour^costumes fémiiûiiB, desiéatrès de Smyme brodés de laine aux nuances éclatantesy des tabourets syriaques en bois peint dont le succès paraît grand, et des berceaux en bois fouillé (fabrique de Constantinople), dont on remarque la forme originale. Une vitrine renferme des échantilions variés de coutellerie ottomane ; on y trouve des ciseaux élé^'-ants, des <5ôuteaux de table à'hmid et de Koniehy aux formes disgracieuses, aux lames excellentes, des pinces à épiler dont on fait en Turquie un fréquent usage ; parmi les objets les plus intéressants, il raut «âter un «evteau-poigiiard à fourreau de tukt noir, pnmnauit de Viédib (Bulgarie}, et servaat aiutruAiis aux sacrifiées de montons.

La principale branche de Tindastrie «ittemane est sans contredit •la fabrication des tapis ; oo an Ikit sur toute Tétendue de Teiupire, dans les villes, dans les bourgades, sous la tente môme. Une série complète de ces produits couvre les murs des deux dernières galeries; on peut les diviser en quatre catégories, les Duchémé^ en laine rase souvent mélangée de poils de chèvre; les Sedjadés^ de petite dimension, aux dessins capricieux et compliqués; les Sofriài^ tapis de table à rosace centrale et qui n'ont que^inq couleurs, «nii les SMt, qui en oomptoataîx régui amm at «Uemées «en •TayuMskofiuetfkaiMk

Les principaux centres deiîJbrication sont, en Europe, RouttokitiÉk et Viddin au bord du Danube, Stolati dans i'eyalet de Bosnie ; en Asie, Smyme et Konieh, l'ancienne Icmium. Depuis quelques années des maisons européennes ont monté à Ouschak d importantes fabriques et introduit des appareils spéciaux; dans le but de réaliser une économie considéraole, elles ont imaginé d'employer pour la trame des laines inférieures ; mais les produits ainsi obtenus ne possèdent pas au môme deçré que les tapis ordinaires les misUités si améeiéM dans la foMoatm torque, ie moeDeux, Thabue dispo- .«on des Ions et desdessîMs,! et fauNtasus tout riiaMnd)ls sblidH^ des eouioBis.

tJne denBère Titriœ adossée à la galerie des«rfs Ukém» oon-

ÉGmB.-*-lIÂROQ. —TUNIS. 123

tieot divers instroments de mudque. à Pusage des chanteurs mu'< sulmans (Sast, santouns, chou ara), des Kanoun^ espèces d'harmonica triangulaire, qu'on pose sur les go no ux et c[u'on frappe avec deux petites tringles de fer ; enfin une collection de ziti (cymbales) dont la fabrication en Turquie atteint une perfection exceptionnelle et donne lieu à une exportation annuelle de 50 ûûû francs environ. ^

ÉGTPTE.

Hdgré les immenses pf^grès aooocn|iliB dans ces denuèfees

anifées, Tindustrie égyptienne ne s^élève pas au-dessus du niveau des peuples orientaux ; aussi son exposition de l'intérieur du BaUis reste-t-elle inférieure aux installations si réussies du Parc.

On peut voir, en entrant dans l'étroite galerie é^^yptienne, des nattes aux mille couleurs d'un joli eOet, des couffés (paniers en feuilles de palmier tressées), des poteries d i4$5iou2, aes tasses à café en corne de rhinocéros et ivoire; une vitrine estréservée>àdMiattmments de topographie lUbriqisAs 4 Boulao et qui léaoignmt des efforts tentés pour atteindre une industrie plus életée.

< L'Égypte n'a pas voulu rester en arrière au point de vue du costume ; des figures de grandeur naturelle, représentant les principaux types égyptiens et déploj^ant un luxe de vêtements tout oriental, attirent l'attention du visiteur. Los plus curieuses sont une négresse servant le café, une Abyssinienne apportant le chibouque et une aimée dansant, qu'on ne peut contempler sans songer au joli tableau de M.Jérôme.

La hijoutevia «st étalée dans une yitrinetraoiwsale ; il y «là un assortiment complet de «uspenaioas, de platemtz, de braoetets massifs, de mandiettes de femmes en filigranes^ etc.

Dans le compartiment réservé aux étoffes, on s'arrête devant les étoffes de sofe de Mansourah, devant les tissus du Caire (soie et argent), devant un magnifique tapis de velours violet aux dessins d'une incomparable richesse, et servant à faire la prière dans les mosquées.

Des selles splendides en velours littéralement couvert d'or, des chasse-mouches en ivoire^ de curieux ciseaux arabes (fabrique de Menouf) et autres menus objets complètent cette exhibition.

Dans un tecdn attenant à la galerie des arts libéraux, on peut admirée, devant une vitrine garnie d'armes et d'objets de toilette en fer poli el kcrusté d'argent, une balustrade aocienne dont le bois forme une cutiense mosû^e.

Cette double exposition occupe tout un côté de la rue d'Afriquç, où elle est disposée dans une série de compartiments, altemattve- ' ment réservés à ces deux Etats.

Le Maroc nous présente tout d'abord une collection d'oiseaux et de coléoptères, puis dans un petit salon orné de vitrines des costumes indigènes, dont le plus curieux est la toilette de cérémonie d'une riche Marocaine : les nuances sont le vert et le rouge ; l'or est semé à profusion; la coiffure se compose d^2n bonnet rouçe haut et pointu, surmonté d'un voile, etqni rappelle certaines coiffures féminines du moyen âge.

Plus loin un riche intérieur de salon attire les regards; la pièce est fermée par une galerie en arrades ornée de portière«î blanches ; une double L-alerie du même style isoie les deux côtés de l'appartement de la partie centrale où l'on voit une femme assise sur des coussins. Les divans ne ressemblent pas à ceux qu'on trouve en Turquie ; ils se composent d'un simple mate las recouvert d'étoffes marocaines; les murs agréablement peints en tons vi& sont surchargés d'étagères, de glaces, de tentures brodées et de trophées de tout genre* L'aspect général est aussi original qu'agréable.

Trois encoig-nures pourvues de vitrines nous montrent les divers échantillons de l'industrie marocaine, bien peu de chose, hélas! quelques bracelets et bijoux, des étoffes bourrues, des foutahs (pièces de soie rayées), des bassins en cuivre, quelques poteries à bouquets bleus sur fond blanc. A ces objets on a joint, nous ne savons trop pourquoi, des photographies coloriées, qui n'ont rien de remarquable, et des cùmpimtwni de calligraphie des élèves de l'éoole israéiite de Tanger I

Les arrangements ttinmene fontle pendant exact des installations marocaines ; nous retrouvons là un salon coquet, d*an goût plus simple, des tissus indigènes et des costumes locaux, entre autres celui d'un cavalier tunisien, et une toilette de mariée en soie blanche et toile d'or.

La vitrine la plus intéressante est celle qui contient avec des vues photograijJiiques hien réussies, de non,breux fragments de statuettes antiques et de poteries trouvées dans les fouilles de Garthage. On y a joint, comme curiosité peutnfttre uni(jue, un grain de Ué trouvé aussi à Carthage et qui porte une inscription hébraïque asses compliquée gravée en caractères microscopi^es.

PJERSB, CmNS, JAK>N, ROTAmCB DE SUM. ' ^

Pour achever la description du quartier orientai, il nous reste à dire quelques mots d'une étro te g:alerie qu'on y a réunie, et où figurent les principaux pays asiatiques.

Cette exposition lort incomplète ne nous ménage guère de surprises : ce sont les mêmes tapis de Perse que nous connaissons, les mêmes meubles en bois sculpté, les mêmes coffrets en laque, les mêmes étoffes à ramages lamées d'or, bigarrées de personnages aux yenx en amande, les mêmes paravents et les mêmes porce-

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