FRANGE. — MOYEN ÂGE
leuse, et dont les moules du musée de Mouline font comprendre la
fabrication toute primitive.
Donnons en sortant un coup d'œil à l'autel antique de pierre trouvé à Melun, à la fontaine également antique et en plomb découverte à Apt, et ornée de plaques rapportées où se voient en relief des gladiateurs combattant, et au pistrinum ou meule à moudre le grain trouvée à Gergovie. Elle rappelle l'esclave antique qui la toumait sous le fonet du maître.
TROISIÈME SALLfi.
Ici non -seulement la nationalité gauloise a été complètement absorbée par l'empire romain , mais Pempire est lai*méme en décadence. Les Francs sont amvés en Gaule avec lenr barbarie et leur mépris des' arts. Le bronse est moins fréquent, le fer domine; aussi les armes et beaucoup d'objets de cette période , fabriouéâ presque exclusivement avec ce métal essentiellement oxydable, sont moins bien conservés que ceux de la précédente.
Remarquons le seau, seille ou baquet du musée de Beauvais, souvenir mérovingien d'une conservation étonnante puisqu'il est en bois. On soupçonne que les vases de cette sorte ont servi à donner à boire ÛMa les nskins et peut-être dans les initiations religieuses. On les retrouve sur la colonne Trajane et les monuments assyriens du Louvre; pareil ustensile est encore aujourd'hui en usage en Norvège et chez nos marins de Dieppe et de Fécamp.
Comme spécimens de l'art de la même époque citons : les fibules et les boucles de ceinturons du musée de Rouen ot le goût oriental semble se faire encore jour dans des incrustations d'argent. L épée mérovingienne du musée de Troyes à la poignée d'or ornée de grenats enchâssés ; et les olifants ou trompes d'ivoire, dont l'une snrtoot appartenant à saint Orens d'Aueh réveille le souvenir du paladin Roland. le Ca^ d^argeni dcré^ orné de cabochons, de la
^ cathédrale de Reims. .
Mais la nerle de cette salle est la Uatuette équestre de Charle' magne^ en nronze autrefois doré. D'une exécution barbare elle conserve cependant encore, comme l'artbyzantin dont elle procède, un souffle de cette civilisation romaine que le grand empereur s'ef-
- forçait de ranimer. Cette statuette appartenait autrefois à la cathédrale de Metz et ornait l'autel le jour de la commémoration du monarque saint.
Les nombreux manueerite des septième, huitième, neuvième et dixième siècles qui ornent le pourtour de la saUe, et qui presque tous sont relatifs à des matières religieuses, et les divers relt^uatmes,
dont l'un surtout en forme de bras surmonté de la main en vermeil, chargé de cabochons et d'intailles antiques , signalent les débuts de ce qui fut l'àme du moyen âge, du catholicisme*
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HISTOIHE DO TRAVAIL.
QUATBIÊHE SA£LE*
Reliquaires. —L'art byzantin apparaît encore dans les reliouaires H l'évangiliaire du Trésor de ConqiiPS, dont l'un, nommé l'A de Charlemagne en vermeil et orné de cabochons, est un curieui spécimen du dixième siècle; mais le gothique s'accuse de plus en plus dans le reliquaire philastère à 6 lobes du douzième sitcle de la cathédrale de Reims, celui des Dames bénédictines du douzième siècle, le reliquaire dit de Sanson, du treizième siècle, et dans la ehftsse de Nesle la Riposte, de la même épo^e, à la cathédrale de Troyes.
Signalons la collection de M. Barry de Toulouse , collection curieuse, et croyons-nous unique, des poids des pays de langue romane, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.
Plus loin les sandales du célèbre monastère de Chelles , que leur forme rattache à la plus haute antiquité, peut-être au huitième siècle.
Des charte* et des matmeriU à miniatares, depuis le douzième jusqu'au seizième siècle, montrent les différentes éorituree, la science des imagiers, etréclat des couleurs de l'époque. Le registre des actes de l'cdministration de Jaoques Goène, abbé dQ Marchiennes, de 1501 à 154^ (à M. le l>aron de Gommeooort), est di^pne de remarque*
Au treizième apparaissent les émaux de Limoges^ que nous verrons acquérir dans les périodes suivantes une si étonnante perfection. •
Deux crosses abbatiales en cristal de roche , provenant de i'ancieme abbaye de Mauboisebii.
Deux méiaiUes ^rand module, l'iuie en <ar, l'antre en argent, frappées en mémoire de l'expulsion des Anglais, ne peuvent laisser le visiteur indifférent.
Parmi les diptyques et triptyques des douzième, treizième, quatorzième et qumzième siècles, soit en émaux, soit en ivoire, deux pièces sont à étudier : un triptyque en ivoire, du douzième, au musée de Lyon ; ouvert, il représente à Fintérieur le crucifiement; fermé, il forme une statuette en ronde bosse de la Vierge tenant Tenfànt Jésus; l'autre, dipty(}ue en ivoire, du quatonième, « trois registres séparés par des dais d'arohitecture, ciselés avec itt art infini (à M. Bellaigue de Brugas).
Um eurieuSÊ sou^pfyre sur M$ à M. Pabbé Jouen, d'Évreux. C'est si nous ne nous trompons, un pommeau de selle, d'un côté est un chevalier armé de pied en cap combattant un lion, de l'autre, un homme sauvage sans armes , mais velu, combattant le même animal.
Une pièce à remarquer encore est la châsse de saint Loup à /'<?-
.FRANGE. — XVr SIÈCLE
gii$9 de Saini-Tawrin d^Évtêox; eelto pièce serait ptrfidto A elle tt^avait pas été, en 1830, l'objet d*aite restauration trop lisibleumit considérable.
Sur un meuble de cbêne une singulière rangée de moines, statuettes en marbre blanc au nombre de dix; ces moines ont, sous leurs draperies, admirablement rendues, et sous le capuchon qui enveloppe leur tête, des attitudes variées, naturelles, risées qui ne semblent pas appartenir à cette époque de l'art.
La merveille de cette salle est dans la première vitrioA de droite. Ce n'est rien moins qu'une statiuitê équestre en bronze de Jeanne
d\4rc^ travail du quinzième, appartenant à M. Carrand. Sous cette armure de soudard sans armes offensives, sur ce cheval trottier on reconnaîtrait difficilement l'héroïne de la légende s'il n'était écrit en toutes lettres sur le piédestiil : La pucelle d'Orliens, De l'avis des archéologues c'est cependant le portrait le plus authen* tique que nous possédions d'elle.
Dans la vitrine qui suit on volt deux reliques vraiment nationales : le pourpoint de Philippe le Bel et celui de Charles IV son fils, alors enfant, donnés à la cathédrale de Chanrtres en 1904 en Phoaneur de la victoire de Moue enPuelle, gagnée snr les Vkmaads;
CINQUIÈME SALU.
Cette salle est presque tout entière consacrée au zvr siècle;
le gothique a disparu peu à peu devant cette r/^mrniscence de l'art antique qu'on a appelée Renaissance. Les émaux de Limoges sont arrivés à leur plus haut degré de perfection ; les belles choses y sont si abondantes qu'il faudrait tout citer; bornons-nous à citer une aiguière et un bassin en grisaille à M. le baron Gustave de Rothschild, signés Pierre Rezmond et datés 1558. — Le Parnasse d'après Raphaôl, plaque d*émail polydirome de Courtois, et des flambeaux du même*
Viennent ensuite, une magnifique aiguière en argent repoussée, imitation italienne , à M. Dutuit; le superbe calice de l'église de Saint-Jean du Doigt (Finistère) , en argent doré selon toute apparence, et enfin une paire de flambeaux carrés, d'une forme assez inusitée, ciselés en 1526 par Mongot, orfèvre du roi François 1^ (au baron Pichon).
Les dames ne pourront voir sans envie les bijoux et les montres de m; Carrand, rintaille antique, montée en or émaiUé au sdsième siècle, de M. B. Fillon, et deux petites coupes de cristal soutenues par des amours finement émaillés.
Un ma^iUque couvercle de fonts baptismaux où est sculptée sur bois la vie du Christ, et provenant de l'église Saint-Romain de Rouen, fait songer par son faire élégant et gracieux aux portes de Saint-Maclou de cette ville, attribuées comme on sait à Jean Goujon.
La deuxième vitrine est occupée presque tout entière par des
poteries vernies du çenre que trouTait le génie prime*sautier de
Bernard Palissy; mais deux ou trois merveilles céramiques sont au-dessus. Ce sont ces faïences dites de Henri II, qui se payent aujourd'hui presque aussi cher que les vases Murrnins à Rome : ce qui se comprend du reste lorsqu'on voit les flambeaux et la coupe ae la famille de Rothschild. Ce n'est pourtant qu'une sorte de terre de pipe ; mais la main de l'artiste, comme celle du roi de la fable change en or tout ce qu'elle touche.
Le mouYement littéraire de l'époque est indiqué par des éditions du temps comme l'Érasme de Frcdben; et par des livres aux reliures célèbres, ou ayant appartenu à des personnages marquants; comme le Plutarque aux armes de Marguerite de Valois et le Sannazar ayant faitpartie de la bibliothèque du célèbre bibliophile Groslier.
En sortant, un coup d'œil au superbe colîret en cristal de roche monté en cuivre doré et ciselé (au duc de Mouchy).
Donnons dans Tavenue un instant au plan en relief de Tabbaye de Saint-Denis et entrons dsms la