‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 10 sur 86 · COMMENT LA FORTUNE VIENT AUX MEDECINS · texte numérisé non relu

COMMENT LA FORTUNE VIENT AUX MEDECINS

do 1 Institut, etc., était un simple marchand de rubans.

Nélaton, dont le nom seul évoque la période la plus brillante de la chirurgie contemporaine, était né dans une boutique de tapissier.

Un autre virtuose du bistouri, Ricord, avait pour père un marchand de Baltimore.

Parune singulière coïncidance, le DrVéron, qui fut homme de lettres à ses heures — ainsique le témoignent ses Mémoires d’un Bourgeois de Paris , — directeur de 1 Opéra, créateur de la spécialité pharmaceutique (demandez plutôt à certains marchands de pâtes... non alimentaires), le Dr Véron avait vu le jour dans une papeterie.

Comment la fortune vient aux médecins

Le duc de Guise, blessé au siège de Boulogne-sur- Mer, venait detre porté dans sa tente où il était regardé comme mort. Le tronçon d’une lance, après avoir traversé la joue du prince au-dessous de l’œil droit, et pénétré jusqu'à la nuque au-dessous de 1 oreille gauche, était resté dans la tête.

Arrive Paré son chirurgien, qui lui était tendrement attaché : « Messieurs, s écrie-t-il en s’adressant aux

assistants, le prince n’est pas mort. . . Mais il va bientôt

1 être, a moins que, perdant toute espèce de respect dû à sa personne, je ne hasarde d’arracher à l’ins-

tant même ce tronçon de la tête dn blessé... et je le tente, aux risques de tout ce qu’il peut arriver. »

Il applique alors son pied gauche sur la face du prince, avec ses ongles parvient à ébranler doucement le fatal tronçon, et par degrés l’attire à lui avec assez d’adresse pour ne pas achever par des efforts trop violents de faire expirer le malade. Le succès répondit à l’espoir de l’heureux opérateur, d’où s’ensuivit sa fortune, car il fut depuis le premier chirurgien de quatre de nos rois.

Et c’est de là qu’est resté à François, duc de Guise, le surnom de Balafré.

Rôles singuliers joués par des médecins (1)

Les princes faisaient parfois appel à leurs médecins pour toute autre chose que ce qui concer-

(1) On lit dans les Mémoires du maréchal de Cas- Icllanc :

« La marquise de Talaru a plus de 50 ans ; elle croit avoir besoin pour sa santé d'avoir une homme couché à côté d’elle : en conséquence, quandM.de Talaru est absent, elle fait mettre dans un sac M. de Courtivron, . son parent, ou M. de Chavagnac, un de ses amis, et elle1 les fait porter dans son lit, en ayant soin de faire constater le lendemain, par ses gens ou par sa femme de’ chambre, que le sac n’a pas été décousu. Actuellement,. MM. de Chavagnac et de Courtivron sont à Madrid,, attachés à l’ambassadede M. de Talaru, et c’est M. Roirot, médecin des eaux de Néris, qui exerce pour le quart; d’heure l’honneur de cette charge. Ceci n’est en aucune façon une plaisanterie ; mon secrétaire est parent du docteur, qui positivement est renfermé dans le sac tousles jours. »

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