‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 11 sur 86 · MOLES JOUES PAU LES MEDECINS · texte numérisé non relu

MOLES JOUES PAU LES MEDECINS

nail leur art. C'est ainsi que Pliilippe-le-Bon faisait payer en 1446 « à maistre Henry de Zivols, docteur en médecine, nostre phisicien, la somme do trois cens saluz d’or, du prix de quarante-huit groz, sur l’ouvraige d’ung orloge, contenant le vray cours des sept planètes, que ledit maistre Henry a lait pour nous. »

En 1469 et en 1470, Charles-le-Téméraire envoyait à Garni son physicien (médecin), maître Simon de Lescluse, comme commissaire pour « le renouvellement des magistrats. «

L’archiduc Charles et son père faisaient remettre en 1509 la somme de soixante-dix livres à maître Gabriel de la Serre, docteur en médecine, pour ung livre contenant la généalogie et descente de leurs prédécesseurs et d’eulx , qu’ils lui avaient demandé.

Dans les commencements de sa convalescence, le maréchal de Saxe menait partout avec lui son médecin Sénac.

Un jour qu’au siège d’une ville, le maréchal voulut aller reconnaître quelques ouvrages, il fit avancer jusqu’à demi-portée de canon son carrosse, dans lequel était le bon médecin ; il en descend, monte à cheval, et dit à ce cher Esculape : « Atlendez-moi là, docteur, je serai bientôt de retour. — Mais, Monseigneur, lui dit Sénac, et le canon !... Je vois d’ici des canonniers qui vont

prendre pour but notre carrosse, et moi qui serai dedans ! — Vous n’avez qu’à lever les glaces », lui dit militairement le maréchal, et il partit.

Sénac partit aussi, ou du moins descendit surle-champ du carrosse, et fut se mettre en sûreté à la queue de la tranchée, jusqu’à ce qu’il vit revenir son auguste convalescent.

Alexandre-le-Grand, qui passe pour n’avoir respecté aucune loi, eut pourtant horreur de l'adultère.

Ses médecins lui ayant amené une femme très belle, il lui demanda pourquoi elle était venue si tard ; elle répondit quelle avait attendu que son mari fût couché; il la renvoya, et réprimanda rudement ses médecins de leur mépris pour la fidélité conjugue, et leur dit qu'il s’en était peu fallu que par eux il n’eût commis adultère.

Il paraît que les anciens médecins n’étaient pas très scrupuleux sur cet article. Ils voulurent persuader à Saint-Louis de prendre une fille sous prétexte de recouvrer guérison, la Reine étant absente. Ce roi pieux leur répondit : qu’il aimait mieux mourir que de violer la foi par lui jurée, et de donner un tel scandale à ses sujets.

Responsabilité médicale

Chez les Visigolhs, le même personnage exerçait en même temps la fonction de médecin et celle

HESPOXSAHILITJi MEDICALE

de chirurgien et d’apolhicaire, et il convenait d’un certain prix avant que d’entreprendre la cure des malades, qui ne payaient qu après leur guérison ; s’ils venaient à mourir pendant leur maladie, le médecin perdait tout son salaire.

Lorsqu'il estropiait quelqu’un en le saignant, il payait cent sols d’or d'amende, si c’était une personne libre ; et si cette même personne venait à mourir d’abord après la saignée, il perdait la liberté et était livré entre les mains des parents du mort pour être puni à leur gré.

Si celui qui avait été estropié par la saignée, ou qui venait à mourir après, était serf, le médecin en était quitte en donnant un autre serf à la place.

Tels étaient les usages et les mœurs des Yisigoths dans le temps que les Sarrazins envahirent les Etats de ces peuples au delà et en deçà des Pyrénées (J).

La belle Austrigilde, femme de Gontran, roi de Bourgogne et d’Orléans, fils de Clotaire, exigea en mourant, de son mari, qui eut la faiblesse de le lui promettre, et la cruauté de tenir sa parole (Voy. Histoire de France, de Velly, t. I, p. 146), que les

t (1) Sylla rendit une loi nouvelle, qui n’était que l’application aux médecins de l’ancienne loi Aquilia. Cette loi édictait que celui qui fait mal ce dont il se charge, sera responsable des accidents causés par son impéritie. Cf. Graves, Etatdcla Pharmacie en France.

deux médecins qui l’avaient traitée dans sa maladie et dont les remèdes, à ce qu’elle prétendait, avaient causé sa perte, fussent enterrés avec elle. Ce sont peut-être les seuls médecins, depuis que le monde existe, qui aient eu l’honneur de la sépulture dans les tombeaux des Rois.

Jean de Luxembourg, roi de Bohème (120G-1347),

fit coudre son médecin français dans un sac et le

fit jeter dans l’Oder. Le médecin du moyen-âge

était toujours tenu responsable de l’issue fâcheuse de

la maladie (V. Nicaise, Inttroduction à la Chirurgie

de Mondeville, p. XI et Bernard de Gourdon,

Lilium Médicinæ, p. 635).

Vers la fin du 14e siècle, « un nommé Yiennot de Labergement, soi disant physicien (médecin), fut condamné à 50 fr. (450 fr.) par le bailli de Dijon pour n’avoir pas guéri les malades qu’il avait entrepris, et qui, au contraire, étaient plus grièvement malades de corps, de jambes, de pieds, et pour un mal en avaient deux, pour ce que ledit physicien les décevait. 11 fut mis en prison à Ponlaller. » (1)

Les Egyptiens avaient un code de médecine dont il n’était pas permis aux médecins de s’écarter dans

(1) Anciennes coutumes de Bourgogne, par Amanton (ou Peignot).

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