‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 12 sur 86 · RESPONSABILITÉ MEDICALE · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ MEDICALE

le traitement des maladies : si le malade mourait après avoir usé de quelque médicament qui n’était point dans ce code, le médecin payait cette erreur de sa vie. Ce n’était pas là un moyen de contribuer beaucoup aux progrès de la médecine en Egypte.

Arriennous apprend que, pendant la maladie dont mourut Alexandre le Grand, plusieurs de ses généraux allèrent passer la nuit dans un temple de Sérapis qui existait à Babylone, et y demandèrent s il {allait que le monarque fût transporté dans le temple afin d’y être traité par le dieu. Sérapis répondit qu’il valait mieux que le roi restât où il était. D'après celte réponse, on peut présumer que les prêtres craignirent peut-être la responsabilité qui pèserait sur eux s’ils échouaient dans le traitement d un malade aussi puissant que le conquérant de l’Asie.

Lorsqu’Ephestion mourut, non seulement Alexandre fit pendre le médecin qui l'avait soigné, et cela contre tout bon sens et toute raison, car celui-ci était fort innocent de la mort de son malade, qui, au mépris de son ordonnance, avait bu et mangé immodérément ; mais pour réconforter son deuil, et passer un peu son ennui, il s en alla à la guerre comme à chasse d’hommes; là où il subjugua la

nation des Cossèiens, qu’il extermina toute, y tuant jusqu’aux petits enfants, ce qui fut appelé le sacrifice des funérailles d' Ephestion.

« Au moyen-âge, écrit le Dr Dupouy, lorsqu un médecin est appelé pour panser une plaie ou traiter une maladie, il doit, après avoir pris connaissance, fournir une caution et s’arranger pour ses honoraires qu’il ne pourra réclamer dans le cas de danger pour les jours du malade.

« Si un médecin blesse un gentilhomme par la saignée, il sera condamné à payer cent sous, et si le gentilhomme meurt des suites de cette opération, : le médecin doitêlre livré entre les mainsdes parents, . qui pourront faire de lui tout ce qu’ils voudront.

« Si le médecin estropie un esclave ou bien lui cause la mort, il est tenu à la restitution.

Yarillas, dans ses Anecdotes de Florence, dit que Pierre de Médicis, voyant son père mort, jeta de colère (1) le Médecin Léony dans un puits, où il se noya.

Ange Poli tien qui était présent, témoigne dans

(1) Gabriel deZerbis, professeur à Padoue et à Rome, était un homme violent et d’une vie très dissipée. 11 fut envoyéen Turquie pour traiter un pacha qui l’avait demandé à la république de Venise; mais celui-ci ayant succombé, Zcrbis fut mis à mort. A . Cap, La Science et les Savants au XVI' siècle.

Page 1