LES PREMIERS BANDAGES
M. le Dr Colson (de Noyon), avait trouvé un bandage dans une tombe remontant à la basse époque S'allo-romaine, mais rien de la trouvaille n’avait été conservé.
M. Darly (Amiens) a de même rencontré deux fois pareil ressort dans le cimetière mérovingien de Fluy (Somme), mais il n’y avait attaché aucune importance.
Ce serait donc à M. Danicourt que reviendrait le mérite d’avoir le premier signalé et décrit le bandage herniaire de nos ancêtres gallo-romains.
L'historique chirurgical des bandages herniaires ne contient presque aucun renseignement. A part un passage de Celse, qui ne s’occupe que du bandage mou pour la hernie des enfants ; à part quelques mots sur Constantin l’Africain qui, exerçant a Carthage (vers 1100), usait déjà de pelotes métalliques, nous ne savons rien de la construction des brayers dans l’antiquité.
De Celse à Ambroise Paré, qui ne connut que les bandages à pelotes en chiffons, avec bretelles et sous-cuisse, jusqu’à Lequin et Blégny, lesquels commencèrent la véritable réforme des brayers solides. à ceintures métalliques et à pelotes, malgré l’existence, jusqu’à Charles IX, de la compagnie des boursiers à Paris, la nuit la plus complète règne dans cette partie de l’histoire de la chirurgie ; à tel point
que Dezeimeris essaya bien de traiter ce sujet dans le Dictionnaire en 30, mais, dans les dictionnaires de médecine les plus récents, il n’en est plus question : l’historique est supprimé faute de documents.
Nous possédons aujourd’hui une figurine en terre cuite, trouvée à Sousse (lladrumète) sur un cimetière, vers l’enceinte phénicienne, représentant le dieu Bès porteur d’un bandage herniaire inguinal double, avec plusieurs autres variétés de hernies.
Cette figurine démontre, sans doute possible, que, très probablement, peu de temps après la fondation de Sousse et de Carthage, à l’époque des Phéniciens, dès l’an 900 av. J.-C., les médecins de ce pays connaissaient très bien la pathologie, les variétés des hernies et savaient appliquer un excellent bandage herniaire double, rigide, métallique, à pelotes, sur les tumeurs inçruinales.
Ce bandage, qui vient même peut-être de Tvn est établi selon les lois de la mécanique, avec une perfection que n'ont pas surpassée de nos jours les meilleurs constructeurs des capitales de l’Europe.
S’il est vrai que ni les ruines de Pompeï etd'llerculanum, ni l’arsenal chirurgical du moyen-âge et de la Renaissance ne contiennent trace du brayer à ceinture métallique, il n’est pas moins établi maintenant, et de la façon la plus solide, mieux que par un texte, que, longtemps avant Celse, les Phéniciens savaient construire le bandage herniaire inguinal à doulde pelote métallique.