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LES ACCOUCHEURS DE LA COUR

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Les accoucheurs de la Cour.

Parmi les accoucheurs, quelques-uns jouirent d'un grand crédit à la Cour. On citait, entre autres, un certain Jacques de la Cuisse et son beaupère Bouchet.

Anne d’Autriche et Marie-Thérèse eurent recours à des sages-femmes; bien que, pour cette dernière, le célèbre accoucheur François Bouchet se tînt dans une pièce voisine, prêt à intervenir, si besoin était.

Mlle de la Yallière et la Dauphine furent délivrées par le fameux accoucheur Clément.

Mais ce n’est qu’au commencement du dixhuitième siècle que les médecins ou chirurgiens sont appelés fréquemment auprès des femmes en couche.

. Dionis écrivait en 1717 :

« Les princesses et toutes les dames de qualité choisissent des accoucheurs ; les bonnes bourgeoises suivent leur exemple, et l’on entend dire aux femmes des artisans et du menu peuple que, si elles avaient le moyen de les payer, elles les préféreraient aux sages-femmes. » (1)

(1) Dionis, Traité des accouchements, p. 444 et 448.

« Il y a des gens, écrivait Mauriceau, qui disent Qu’un chirurgien qui veut pratiquer les accouchements doit estre mal propre ou à tout le moins fort négligé, se

La grande mode à Paris était de se servir des accoucheurs, mais devaient-il etre jeunes ou vieux, beaux ou laids, cela donnait lieu à d’interminables discussions.

Dans toutes les classes de la société, la femme, en cas de maladie et surtout d accouchement, témoignait d’une égale pudeur à se soumettre à l'assistance masculine ; elle n’y avait recours qu exceptionnellement. On cite môme des exemples célèbres de cet excès de fausse honte : celui, entre autres, de la duchesse Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, aimant mieux, à la suite d une chute de

laissant venir une longue barbe sale, afin de ne pas donner aucune jalousie aux maris des femmes qui 1 envoient quérir pour les secourir. A la vérité, on en voit qui croient que cette politique leur peut faire donner beaucoup de pratiques, mais qu’ils s en desabusent, car une semblable mise ressemble plutôt a un boucher qu’à un chirurgien, dont les femmes ont déjà assez de peur sans qu’il se déguise ainsi. »

Dionis disait à son tour :

« Celui qui embrasse les accouchements doit être bien fait de sa personne, n’ayant aucun défaut corporel, ni rien de choquant dans son visage. Il taut qu U soit fait de manière qu’une femme puisse se mettre entre ses mains sans aucune répugnance. Il ne doi être ni trop jeune ni trop vieux ; il faut qu il soit dans la vigueur de son âge et qu’il ait de la force pour pouvoir faire un accouchement laborieux, qui le met quelquefois tout en sueur. »

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