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LES ACCOUCHEURS DE LA COUR

cheyal, succomber à sa blessure qu’en dévoiler le siège à un médecin.

Nous venons de dire que, en France, jusqu’au xvne siècle, l’art des accouchements fut exclusivement exercé par des femmes, et que la délivrance de Mlle de la Vallière par le chirurgien Julien Clément, en 1663, est le plus ancien cas connu de l'intervention d’un accoucheur. Or, dès le xive siècle, « un barbier » de Dole était appelé auprès d’une femme en couches ; il devait, sans doute, en être de même, déjà auparavant, pour les accouchements laborieux.

Avant la fin du xvne siècle, les matrones étaient seules chargées de l’accouchement des reines de France et des princesses de sang royal. Les médecins et chirurgiens de la Cour se tenaient dans une pièce voisine, pendant le travail, mais on ne cite pas de cas où ils aient dû intervenir.

Jusqu’à l’accouchement de la Dauphine Anne- Marie-Victoire de Bavière, les reines et autres princesses s’étaient toujours servies de sages-femmes. Marie de Médicis, femme de Henri IV, eut pour accoucheuse la célèbre Louise Bourgeois (1) ; Anne d’Autriche, femme de Louis XIII, Mme Péroné.

(D Louise Bourgeois, la sage-femme de Marie de Médicis, nous apprend elle-même qu’elle recevait du roi 500écus, si c était un fils, 300 si c’était une fille. La reine, il est vrai, y joignait quelquefois 200 écus. Louise Bourgeois obtint en outre, en décembre 1609,

La Dauphine Victoire de Bavière, étant d'une santé particulièrement délicate, les plus grandes précautions lui furent imposées durant sa grossesse. Le Roi, qui désirait ardemment un petit-fils, dut surtout se préoccuper du moment de 1 accouchement. Il est probable que Louis XI\ consulta ses médecins sur cet important sujet, et parmi eux celui qu’il honorait de toute sa confiance, 1 illustre Fagon. Fagon, médecin de Mmc de Montespan, recommanda au Roi l’accoucheur Clément, dont il vanta les talents à ce point que Louis XI\ ne voulut pas entendre parler d’un autre médecin pour délivrer la Dauphine.

Julien Clément peut donc être regardé comme le premier accoucheur en titre des princesses de la maison de Bourbon. Non seulement il accoucha de tous ses enfants la Dauphine, belle-fille de Louis XIV, mais il fut l’accoucheur de la duchesse de Bourgogne, de la reine d Espagne, sœur de la duchesse de Bourgogne, qui mit au monde trois

une pension de 300 écus ; mais elle fait observer que ses fréquentes et longues absences pour le service de la Cour lui avaient fait perdre la plus grande partie de sa clientèle, de sorte que ce titre de sage-femme de la reine, dont elle avait été d’abord ravie, lui était devenu préjudiciable. Par compensation, il est vrai, Henri iv lui avait accordé le privilège, dont elle était ficre, et qui ne coûtait rien au trésor, de porter le chaperon de velours. «J’ai été, écrit-elle, la première sage-femme qui l’a jamais porté ; avant moi celles de la reine portaient 'le collet de velours et la grosse chaîne d or au cou. »

UiS ACCOUCHEURS DE LA COUII

fois de suite un prince, et de toutes les grandes dames de l’époque. Après Clément, (i)on ne voit plus que des accoucheurs à la Cour, en place des sagesfemmes.

Sous Louis XV, Levret accouche la Dauphine.

Sous Louis XVI, l’accoucheur Vermond délivre Marie-Antoinette.

Sous le premier Empire, dès que Marie-Louise devient grosse, Baudelocque est désigné pour l’assisler, et comme il mourut bientôt après sa nominahon, Antoine Dubois le remplaça auprès de l’impératrice.

Sous Louis-Philippe, Moreau assista la duchesse d Orléans.

\1) Clement eut 10.000 livres pour la naissance du duc le Bourgogne ; plus tard, en 1707, tant pour son salaiva'l 3Uf CT)m,e «ratification, il eut la charge de premier alet de chambre de la duchesse de Bourgogne, valant 10.000 ecus, et en 1711, des lettres de noblesse. Pe?- W Chf01S1- pariKVIn^Àe Leczinska< avait 1200 iivres • t-ird ieU "vv Z0'0,00 l)0ur la venue du dauphin. Plus art Louis x\ lui donna les premières entrées. Vernd, qui remplit les mêmes fonctions auprès de Marie- An omette, reçut, a la naissance de la ducdiesse c ’An jjouleme, une pension de 12.000 livres, et l’expectaâve

venatde nl,?aUlt On voit que la^royS

ohiurs A?ont 1 pluSgenereuse à l’égard des accou- Beurs‘ Ajouterons-nous que souvent il leur venait d’ail leurs des présents ? Ainsi Marie-Thérèse marraine

envoie a A ermond une belle bague en diamant et une boite e mai liée du prix de 600 florins. D’autres fois c’était a i rovmce dont le nouveau-né portait le S qui

lr, 'i g\vtsa j0,,e p;ir 1111 cadeau : un petit-fils dé de 1 ah V rTÜ l\ULr? d,ï Comte d’Artois ; les députés Aitois offrirent à 1 accoucheur une boîte en or.

Enfin Paul Dubois fut nommé accoucheur de la Cour, dès que l’impératrice Eugénie manifesta les j premiers symptômes de grossesse.

Une enseigne d’accoucheur

Un pauvre chirurgien de campagne, se mêlant un peu d’accouchement, demeurait dans le village d’Oullens, dont l’archevêque de Lyon était seigneur, | et où il avait une charmante maison de campagne. ,] Ce malheureux suppôt d’Esculape avait été appelé quelquefois chez le prélat , quandilavait des domestiques indisposés. Fier de cette pratique, il a\ait j fait placer sur sa porte une enseigne, où était écrit : en gros caractères : Claude Ponce;/, Chirurgienaccoucheur de Monseigneur l'Archevêque. On peut juger de la naïveté et de l’ignorance de cet homme par une ordonnance qu’il avait faite pour 1 un de ses malades, auquel il crut nécessaire de faire prendre une potion calmante, dans laquelle devait entrer quelques gouttes de laudanum, et, comme sa mémoire seule lui fournissait ce mot, il 1 écrivit ainsi, l 'eau d’anon. « Ah ! je ne savais pas, dit le pharmacien auquel on porta cette ordonnance, que lô; bonhomme Poncey se fût fait distiller (1).»

(1) Paris, Versailles et les Provinces , t. III, p. 261-

DE QUAND DATE LE EOltCEPS

De quand date le forceps ?

Depuis longtemps on cherchait un instrument qui permit d’extraire les enfants dont l’inertie utérine ou un vice de conformation du bassin empêche ou retarde la sortie.

La question fut résolue à cinquante ans de distance par 1 anglais Pierre Chamberlen et par le flamand Palfyn.

Chamberlen, au lieu de publier de suite sa trouvaille et de faire profiter tout le monde de cette utile invention, la tint soigneusement cachée et en fit un secret de famille, qu il exploita avec ses fils, prenant les plus grandes précautions pour que nul n’en put surprendre ou deviner le principe. C’était du mercantilisme bien digne d’un Anglais !

Grâce a 1 âpreté avec laquelle Chamberlen et ses successeurs avaient protégé contre les indiscrétions le principe de leur instrument, la question restait entière pour le public médical et le champ était libre pour les inventeurs à venir. Le premier en date fut Palfyn.

Guidé par ses études d’anatomie et par sa grande science des accouchements, Palfyn inventa en 1716 un instrument, apte à saisir la tête fœtale et suffisamment approprié, au moins dans sa forme générale, au canal pelvien qu’il devait suivre pour extraire celte tête.

L’inslrumenl consislaiL en deux mains de fer , (comme il les appela lui-mème), espèces de cuillers creuses à axe fortement incurvé : le forceps de Cliamberlen, au contraire, était absolument rectiligne, et la forme en était donc moins bien appropriée au but poursuivi que celle des mains de Palfyn. La différence entre les deux instruments est clairement rendue par celle phrase de M. le professeur E. Hubert, à propos de l’invention de Cliamberlen :

« Ce ne sont plus les mains qui attirent, c’est un outil brutal, une pince qui serre fortement. »

En 1747, Levret en France, et. cinq ans après, Smellie en Angleterre, rendaient justice à la supériorité de l’invention de Palfyn en abandonnant le forceps anglais, pour reprendre le forceps flamand en le modifiant.

L’origine de l’opération césarienne

Ce fut grâce à l'opération césarienne qu on sauva Sri pion l’Africain l’Ancien, ou Publias Cornélius Scipion, encore nommé le premier des Césars, parce qu'on l’avait tiré par incision du ventre de sa mère, a cœso malris niera. Par le même procédé on sauva Manilius ou Manlius lorqualus qui entra plus tard dans Carthage en vainqueur à la tète, d’une armée.

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