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L’ANTIQUITÉ DE LA PHARMACIE

Les premiers pharmaciens

IB/Ies ancêtres des pharmaciens s’appelaient, comme chacun sait, des apothicaires. (1) Mais si l’on attache généralement aujourd’hui au mot pharmacien (2)1 idée d'une profession libérale, dégagée le plus souvent (?) d’esprit de mercantilisme, on ju-

(1) « Si l’apothicaire, tel que nous le comprenons, est relativement moderne, le mot est beaucoup plus ancien. Jusqu’au XIIe siècle, on donnait le nom d’apotccarii à tous ceux qui tenaient une boutique, apotheha. Une charte de l’église de Cahors (1178) donne à tous les détaillants le nom d 'apotecarii. Plus tard, le nom d 'upotheka fut réservé aux magasins où étaient gardés certains produits spéciaux regardés comme rares et précieux. Un document de 1290 emploie ce terme, à propos des greniers épiscopaux, pour les figues, les amandes, le riz, les salaisons. Les Lombards tinrent à Paris, dans le quartier qui porte encore leur nom, les produits du Levant et, intermédiaires entre ce que nous nommons aujourd hui droguiste, confiseur, épicier, devinrent, par suite de la division du travail dans l’organisation de la médecine, les premier apothicaires pharmaciens. » Dr Bordier, La Médecine à Grenoble.

(2) Le docteur Philippe prétend que l’apothicaire à la. Révolution, fit comme tout le monde, dépouilla le vieil homme et las d’entendre de toute part ridiculiser son nom, le changea pour se faire appeler pharmacien .

«C’est une grave erreur, ou une mauvaise plaisanterie,

geail plus sévèrement autrefois ceux qu'on nommait les apothicaires.

Nicolas Languis, de Rocliefort, et Cornélius Agrippa appelaient les apothicaires les cuisiniers des médecins, medicorum coqui.

Symphorien Champier et Lisset Benancio les nommaient ah useurs, quiproqueurs, flibustiers ; Hecquet les stigmatisait du nom de faux-monnayeurs pharmaceutiques.

Gui Patin leur décochait, à tout propos, les flèches de son esprit acéré. L’apothicaire, ce fricasseur d’Arabie , était, pour le mordant satirique, un animal « fourbissimum, bene faciens partes, et lucrans mirabiliter , «c’est-à-dire un être des plus

écrit M. Grave, le mot n’est pas un néologisme de la Révolution. A Paris, clans toutes les grandes villes, dans quelques ordonnances, et dans plusieurs livres, on trouve déjà ce mot bien avant le xix' siècle.

Jean de Renou dit plutôt pharmacien qu 'apothicaire. Il tait même la distinction suivante: « Toutefois, dit-il, il y en a qui font différence entre le nom de pharmacien et d'apothicaire, car ils disent que le pharmacien compose et mictionne les médicaments, tandis que l’apothicaire les entasse en un lieu propre et les vend en gros et en détail. »

François Verny de Montpellier, dans son édition de la Pharmacopée de Brice Bauderon , (Lyon 1672), adresse sa préface « à Messieurs les Pharmaciens célèbres et sincères du Royaume. »

Ce fut une affaire de mode comme en toute chose et le nom de pharmacien s’est peu à peu substitué à celui A' apothicaire ; c’est ainsi que l’avoué a pris la place du procureur, et le notaire celle du tabellion ; voire même le coiffeur celle de perruquier. » Grave, Etat de la Pharmacie en France ■

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