LES PREMIERS APOTHICAIRES
fourbes, faisant bien les parts, et singulièrement âpre au gain.
Vadé, l’auteur du «Catéchisme poissard», ne les désignait que sous le nom (le « limonadiers des postérieurs ».
C’est aux vaudevillistes Varin et Vermond qu’on doit l’expression assez imagée de mousquetaires à genoux.
Enfin, un faiseur d’anagrammes a trouvé dans le mot apothicaire un synonyme dont le sens se rapproche assez de celui de certain papier hygiénique. Nous ne dirons pas le mot de l’énigme pour ne pas effaroucher la pudeur denos lecteurs etleclrices.
Les apothicaires-barbiers
Vers 1301, les barbiers à Paris avaient, outre leur emploi ordinaire, l’habitude de vendre des emplâtres. des cataplasmes et des purgations, ce qui devint une cause de querelle entre eux et les chirurgiens.
Lne ordonnance du roi Jean les adjoignit aux médecins et aux chirurgiens pour le traitement de la peste. Une autre ordonnance de Charles V, de 1372, reconnut officiellement aux barbiers le droit d administrer « emplâtres, onguements, et aultres médecines convenables, pour boces, apostumes et toutes les plaies ouvertes, car les mires jurez sont gens de grant estât et de grant salaire ; les pou -
LES C UHI OSITES UE LA MEDECINE
res gens ne sauraient comment les payer. » \ oilà la morale du temps peinte sur le vif en quelques mots. Tout ce que les pauvres gens ne peuvent largement payer, peut être préparé et fourni par le premier venu, quand même ce serait mauvais ou dangereux. Ce dont les riches ont besoin ne sera délivré que par les 31 (en 1395) mires ou docteursrégents de la Faculté; ils sauront bien se faire payer. Les privilèges de cette ordonnance de 1372 furent bienlôlétendusàtousles barbiers du royaume qui relevaient du barbier du roi. C'est assez pour signaler un droit restreint d’exercer la pharmacie et c’està ce titre que ce traitde mœurs devait être cité. Mais ilsn’avaient pas attendu les permissions royales, car les barbiers, les Barbandiers de Villa iges, comme on les appelait, allaient, de tout temps, de village en village, vendre leurs « antidotes et leurs drogues renfermés en leurs boistiers ». C'était un vieux reste des coutumes du tonsor romain, type dont la race n’est pas encore éteinte en Italie.
Le serment des apothicaires
Détail d'usage que le futur apothicaire offrit des dîners à ses juges. Mais pour éviter tout écart ou intempérance, de sages réglements venaient en déterminer les conditions.
(1) Grave, op. cit.