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LE SERMENT DES APOTHICAIRES

Dans mule ces réglements ci lés par de Closmadeuc, on lit ceci : « Au jour de présentation dudit sup- « pliant se pourra faire une collation seulement ; au « jour de l’examen sur la théorique se pourra don- « 11er a souper et sans excès ; au jour de la présen- « talion des drogues dispensées pour le ehef-d’œu- « vre se pourra donner à souper sans excès.

« Et pendant tout le temps employé à la confec- « lion du chef-d’œuvre, attendu que MM. les exact minateurs sont dans la nécessité de surveiller « tous les détails de l’opération dont la durée était « quelquelois de plusieurs jours, se pourra donner « le desjeuner et le goûter.

cc Au jour ipie le chef-d’œuvre sera achevé, se « pourra donner à souper.

« Au jour donné que le dit chef-d’œuvre se porte " a l’Ilôtel-de-Ville, doit un banquet général ou « disnertant aux médecins, apothicaires, leurs fem- « mes et aux femmes veuves dudit estai.

« Le même jour donnera à souper aux médecins « et apothicaires sans leurs femmes».

La dernière épreuve du chef-d’œuvre victorieusement subie, « il fallait se parer de la culotte courte. orner son chef de la perruque à trois tours, et après avoir mis ses pieds dans des souliers à boucles d’argent, prendre, bras dessus bras dessous, le prévôt et aller avec ce grand personnage rendre une visite respectueuse au lieutenant général de

police, entre les mains duquel le nouveau-maître apothicaire prêtait le serment accoutumé».

Ce fameux serment des apothicaires, dit M. le professeur Dupuy, imposé par la Faculté, n était qu'un pastiche défiguré de celui d’Hippocrate, et arrangé au mieux par les docteurs-régents.

La prestation de serment accomplie, les maîtresapothicaires, précédés de musiciens et traînant a leur suite tous les animaux à lait médical, chèvres, dnesses, juments, ornées de guirlandes de Heurs, conduisaient le nouvel élu à une officine et 1 installaient au comptoir, tandis qu’au dehors les meneurs et meneuses d’animaux chantaient les anciennes et naïves chansons d’usage.

Cette réception, peut-être un peu bruyante, ne paraissait pas trop étrange à cette époque. Xe saiton pas, en effet, que les étudiants reçus licenciés se faisaient accompagner de trompettes et de tambours dont le nombre allait croissant, et qui, par une sage mesure du pape Jean XXII, lut fixé, en 1324, à deux trompettes et un tambour ?

La réception des médecins était plus calme . elle se bornait à une distribution de gants et de confitures, suivie de la cérémonie du bonnet doctoral. Le chancelier les couronnait, leur mettait au doigt l’anneau d’or et autour du corps la ceinture d'or, puis leur présentait le livre d Hippocrate, les embrassait, leur donnait la bénédiction en disant : Allez ! et tuez Caïn ! « Les plus savants médecins,

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