LE SERMENT DES APOTHICAIRES
dit Monteil, ne savent pas ce qu’il faut entendre par ce mot, en sorte qu’ils ne savent au juste qui il faut tuer ».
Enseignes d’apothicaires
Cadet de Gassicourt, dansson curieux Voyage en Autriche , raconte que, se promenant dans une des rues d’Augsbourg, il vit, au-dessus de l’officine d'un apothicaire, une Transfiguration de notre Seigneur. « Quel rapport, dit-il à celui qui l’accompagnait, ce miracle a-t-il avec la pharmacie? il me semble que mon confrère Augsbourgeois aurait pu mieux choisir... La guérison des lépreux, par exemple?— Oui, répliqual’interlocuteur, la guérison des lépreux, ou saint Bernard prêchant l’incarnation, avec le texte écrit au bas du tableau. Et comme Cadet paraissait surpris: — «Quoi ! vous ne savez pas qu’il n’y a rien de plus analogue à la pharmacie que la manière dont Saint Bernard explique le mystère de la divine incarnation ? Ecoutez: Ex Deo et homine cataplasma confectuus est, quod sanaret omnes infirmitales tuas. Coutusœ sunt autem et çommixtœ hœ duœ species in utero çirginis tangua ni in mortariolo ; Sancto Spiritu tanguant pis-
LES CUItlOSITKS DE LA MEDECINE
tillo illas suaviter commiscente[ 1).» Cadetde Gassicourl rit de boa cœur de la citation, et la nota sur le champ. Et c’est ainsi qu’elle est parvenue jusqu'il nous.
Certain apothicaire auvergnat de Monlferrant s’était l'ail représenter sur l’une despoutres d'angle = de sa maison, la seringue en joue, tandis qu’à l'autre extrémité du toit, sur la poutre opposée, un client attend patiemment le résultat de l’opération. Celte enseigne avait, à tout le moins, le mérite 1 d’ètre parlante, et elle vaut bien certains étalages | multicolores d ’ auj o urd ’ hui .
Apothicaires et hommes illustres.
M. le vicomte d’Avenel rapporte l’anecdote suivante, d’après un mémoire manuscrit d'André > Duchesne, 2e feuillet recto (Bibliothèque Nationale, Cabinet généalogique ; famille de la Porte) :
« Au chateau d'Ouerron, en Poitou, à six lieues de Thouard et huit de Saumur, se voit un tableau
(1) « Le ciel fit de l’homme et de Dieu un cataplasme 1 pour guérir toutes nos infirmités. Ces deux natures lurent broyées et mêlées dans le sein de la Vierge comme j dans un mortier; le Saint-Esprit servant de pilon pour j en faire avec suavité le plus doux amalgame. »