‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 31 sur 86 · A POTIIICAIRES ET HOMMES ILLUSTRES · texte numérisé non relu

A POTIIICAIRES ET HOMMES ILLUSTRES

représentant la cluile de la maison Goutïier- Rôannez et l'élévation de la famille de la Meilleraye. Au fond du tableau, on voit le Louvre : la fort une est à la porte ; d'une main elle chasse le duc de Roannez. Ce duc est représenté une bêche à la main, marque de son exil ; on lui donne un air menaçant et une taille haute ; de son autre main, la fortune attire un vieux apothicaire, vêtu de brun, avec un bonnet doublé de peau, comme en ont communément les artisans ; une seringue pend à sa ceinture ; il tient par la lisière un petit enfant qui, ramassant tout ce qu’il trouve pour en faire son jouet, rencontre par hasard un bâton de maréchal de France».

Cette peinture satirique, commente M. Avenel, fait allusion à la profession du grand-père de Charles de la Porte, depuis duc et maréchal de la Meilleraie, et de Suzanne de la Porte, mère du cardinal de Richelieu, qu’on a dit être apothicaire. Le père Anselme ne fait nulle mention de cette particularité, non plus que Duchesne dans sa généalogie imprimée de la maison de Richelieu ». Lettre. s, instructions diplomatiques et papiers d’Etat du Cardinal de Richelieu, publ. par Avenel, t. i, p. 150. note 1, col. 2. Paris, 1853.

M. Gabriel Ilanotaux a combattu celle note, dans son Histoire du Cardinal de Richelieu (t. i, p. 19, note 1. Paris, 1893) ; il y donne le nom du prétendu

ancêtre de Richelieu : Pierre de Genouillac, apothicaire d’Angles..

Le trisaïeul de La Bruyère était apothicaire dans la rue Saint-Denis ; c’était un des marchands les plus riches de cette rue, et il possédait plusieurs domaines et une seigneurie en province.

La mère de Molière, Marie Crissé, était de la même famille que ce médecin Crissé, dont Beffara a prouvé la parenté avec le grand comique, et auquel il arriva une si singulière aventure, racontée par Guy Patin (Lettre du 24 novembre 1669). Y. Taschereau, Vie de Molière , 2e édition, p. 151-208.

LES

des régions

ÜES CURIOSITÉS

DE ÜA TÊTE

Menton

Morsqle Àspasie. la maîtresse de Cyrus, était encore jeune, il lui vint au menton une tumeur qui 1 enlaidissait beaucoup et qui lui causait de grands soucis.

Son père qui n’en était pas moins désolé qu'elle, se décida a la conduire chez un médecin qui promit de la guérir pour trois statères, environ 12 à 15 francs de notre monnaie.

Mais Ilermotimc — c’était le nom du père — n ayant pas celte somme sur lui, le médecin refusa d’indiquer le remède.

Quelques jours après, Aspasie faisait un rêve qui la combla dejoie. Elle vil en songe une colombe qui, se changeant en femme, lui dit : « Aie bon courage, Aspasie ; prends des roses offertes a ^ émis et déjà fanées, broie-les dans les mains, et appliques-les surfa tumeur. « A son réveil. Aspasie

suivit à lu lettre les conseils de la déesse..., et la tumeur disparut.

N’est-ce pas là un exemple d’aulo-suggestion thérapeutique des plus nets?

Bouche

Fracaslor vint au monde sans bouche ; il n’avait qu’une petite fente, c’est-à-dire que ses lèvres étaient soudées. Un chirurgien les sépara avec un rasoir.

Un jour que sa mère se promenait dans un jardin, le tenant entre ses bras, elle fut foudroyée par le tonnerre sans que l’enfant en fut aucunement blessé.

Son poème de Syphilide est encore lu de nos jours. On a de Fracastor un autre poème sur les aventures du patriarche Joseph, mais son inspiration l’avait abandonné. Fracaslor fit moins d’honneur au saint qu’il n’en avait fait au mal napolitain.

Langue

Aussi loin qu’on remonte dans l'antiquité, on retrouve l’habitude de la section du frein de la langue, non seulement dans le cas de soudure complète de la langue au plancher de la bouche, non seulement comme moyen curatif de défauts de pro-

nonpialion existants, maisencore el surtout sur des nouveau-nés, comme mesure préventive, destinée a assurer dans l’avenir aux enfants une élocution satisfaisante.

Dans cet ordre d’idées, il s'est même créé une série de légendes qui ont donné naissance à des proverbes, qui reflètent, comme chacun sait, la sagesse des nations. « II a le filet bien coupé », dit-on d une personne qui parle beaucoup. Au xvme siècle, on disait couramment d’un grand parleur : « Il n’a pas de filet. »

Dans son épitre IX, Boileau s’exprime ainsi :

Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, A peine du filet encore débarrassée,

Sait d’un air innocent bégayer sa pensée...

Les Folkloristes, qui si bien nous renseignent sur les coutumes de nos aïeux, nous montrent que cette pratique est, à l'heure actuelle, encore très répandue.

M. Sébillol affirme que l’usage de couper le frein ou le sublet est à peu près général dans les campagnes de la haute Bretagne.

M. Moissetnous assure que, dans l’Yonne, c’est une opinion acceptée par tous, que si l’on omettait de couper le frein aux nouveaux-nés, l’enfant serait muet.

Dans le Poitou, suivant M. Desaivre, on dit

à quelqu'un qui parle beaucoup : « Celui <jui t a ; coupé le liguoux n’a pas volé ses cinq sous. » On s’empresse de couper le ligna ux aux nouveaux-nés dès leur naissance, parce qu’on croit qu’il empêcherai l l'enfant de téter et plus tard de parler.

Le DrTholozan a communiqué jadisà l'Académie | de médecine une note sur l’excision de la luette par i les barbiers persans. M. Tbolozan affirme que dans 1 les districts de Semnanet de Firouz-Kouh, situés à , cinq journées de marche à l’est de léhéran, 1 excision de la luette est pratiquée par les barbiers I persans chez presque tous les enfants, comme a moyen prophylactique des inflammations de la | o-orare. M. Tholozan fait remarquer avec raison!

qu’il n’est pas sans intérêt de voir que celle pra- j tique n’existe dans aucune autre localité de la J Perse, et qu’elle reste cantonnée dans les deux petites villes citées plus haut et dans les villages i qui les environnent, où les maladies inflammatoires : et catarrhales de la gorge sont assez fréquentes.

« Le treize avril mil sept cent soixante-et onze, ! il est venu à l’Académie une fille sans langue, et qui parlait très-bien. Ce fait n’est pas unique ; Jussien a vu en Espagne un phénomène semblable; a c’était encore une fille. »

LANGL'ë

Portai, qui cite cette observation dans ses cours d anatomie, dit qu’ayant légèrement comprimé avec son pouce, et par surprise, la trachée-artère de la fille qui lait l’objet de cette observation, elle ouvrit la bouche, et on y distingua la portion postérieure de la langue. Cette fille ne pouvait prononcer ni la lettre T, nid autres lettres qu’on ne prononce que par le moyen de la langue, et que l’on appelle pour cette raison linguales.

Les journaux d’Allemagne ont parlé d’une fille qui vint au monde avec deux langues et qui néanmoins fut privée de l’usage de la parole (1).

La parole peut se passer parfois de l’organe qui en est réputé l’instrument indispensable. Fabre en a réuni divers exemples, savoir :

Dans les Mémoires de V Académie des sciences , année 1718, on lit une observation de Jussieu qui a vu à Lisbonne, une fille, âgée de quinze ans, née sans langue et qui parlait distinctement.

En 1763, on présenta à l’Académie de la Rochelle une fille qui avait perdu la langue après une affection gangréneuse, puis qui avait recouvré la parole. Dans la thèse du chirurgien Aurran, soutenue à

(I) Journal des savants, 15 janvier 1685.

Strasbourg en 1766, on trouve l’observation d une Bavaroise dont la langue avait été sphacélee et qui parvint à parler après quelques années.

Il est intéressant de connaître les colorations que peuvent communiquer à la langue divers aliments, médicaments ou caustiques. En voici le tableau d’après Butlin et Rigal .

Noir — Encre, vin rouge, mûres, certaines espèces de cerises ou de baies. Vins ferrugineux el

préparations martiales solubles.

Brun. — Tabac, jus noir, noix fraîches, prunes.

Rouge brun. — Chocolat.

Jaune safran. — Laudanum, rhubarbe.

Rouge. — Quinquina rouge, ratanlna, lranv

boises, cerises.

Quant aux colorations des caustiques, elles peuvent avoir un intérêt double : au point de vue de la thérapeutique immédiate à employer comme contrepoison ou antidote, si le malade est hors d état da vous renseigner sur la nature du caustique mgere, et au point de vue médico-légal.

Gris-blanc. — Acide sulfurique,

nnirln AYollfTllfi.

acide phénique.

jaune. — Acide nitrique (si l’action est super i

cielle), acide chromique.

Rouge. — Nitrate acide de mercure.

Gris gèlatiniforme. — Potasse caustique.

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