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DENTS

Blanc ou gris-perle. — Nitrate d'argent, sublimé corrosif.

Dents

Quand les enfants perdent une dent, ils la jettent par dessus la tète en se signant et en récitant une formulette pour obtenir une nouvelle dent.

Aux environs de Ninove, on s’arrache un cheveu de la tête après avoir jeté la dent.

Le mal de dents est assez souvent attribué à des vers.

Manger beaucoup de sucre fait tomber les dents.

Celui qui entreprendra un pèlerinage pour le mal de dents sans nécessité, simplement pour être en bonne compagnie, reviendra avec le mal de dents.

Pour guérir le mal de dents, les bonnes femmes recommandent de détacher, mais non arracher, un morceau d’écorce d'un saule; puis de la partie de 1 arbre mise à nu, enlever un petit fragment qu’on enfonce dans la gencive malade ; remettre le fragment de bois, teint de sang, à la place où il avait été enlevé et le recouvrir de l’écorce détachée. Le mal sera transféré sur l’arbre.

Allez chez un rebouteur qui vous enfoncera un objet pointu dans la partie enflammée pour la faire saigner. Dans ce sang il trempera un petit morceau

de linge, après y avoir mis un peu de sel ; il vous remettra ce linge en disant : « Prenez cela, et, en retournant chez vous, vous le perdrez, la douleur s’en ira en môme temps. »

Beaucoup de personnes attribuent le mal de dents et l’enflure de la gencive à du mauvais sang qui s'y est accumulé ; pour cela ils se piquent la gencive avec une épingle (ou une aiguille) afin de se faire saigner.

L’on conçoit le chagrin qui s’imprime sur un joli visage auquel vient d’être ravie une des trente-deux perles qui l’ornent si bien.

Aussi l’homme s’est-il ingénié, dès les origines de la civilisation, à réparer ces outrages faits à la beauté. Nous en avons la preuve dans ces vestiges de prothèse qu’offrent les momies d’Egypte, dont bon nombre gardent dans leur mâchoire des fragments d’or et des dents artificielles. Mais comme le progrès est la loi de l’humanité, on s’applique beaucoup aujourd’hui à développer la greffe dentaire pour consoler la beauté avariée.

Ce n’est pas que le procédé soit de récente invention. Oh ! non, car Hippocrate l’a indiqué depuis deux mille trois cents ans. Mais comme il n’y a de nouveauté réelle que ce qui est très ancien, les ; Américains, gens fort osés et tout a fait affranchis de nos préjugés, se sont adonnés avec ardeur à

DEXTS

replanter dans la bouche de leurs concitoyens les dents fraîchement arrachées à un autre.

D ailleurs, rien de si commode qu’une dent ; cela pousse partout. D'éminents praticiens l’ont démontré en ornant de dents récemment extraites les dos de rats, les oreilles de lapins, etc. Les dents se sont très bien acclimatées sur ces diverses peaux d’animaux.

Actuellement, on se commande des dents naturelles, comme on se commande une robe ou une no°te î sur mesure. L’opérateur arrive avec sa trousse garnie d’un assortiment de dents encore saignantes, provenant indifféremment de la femme de chambre ou du commissionnaire du coin ; il les nettoie, les débarrasse de leurs parties malades, les tadle, les rogne à la mesure, et les met tranquillement à la place de celles qu'il s’agit de remplacer, en les maintenant au moyen d’un petit appareil.

Dix jours après, la greffe est prise, la substitution est parfaite.

Sans aller jusqu’à ces résultats, peut-être un peu excessifs, il est très réel que la transplantation des dents est désormais entrée dans la pratique, et qu on en tire les plus heureux résultats.

Pendant qu’à Saint-Germain, en 1770, le chirurgien Du Château fabriquait des dents avec de la Porcelaine, Robert, digne rival des ouvriers de

les curiosités de la tète

Saxe, en faisait, lui, d’admirables fleurs, aussi légères, aussi délicates que les naturelles.

Depuis longtemps, Fauchard se servait de dents d’hippopotame. (Y. son Chirurg. dentiste , 1728).

Il les faisait tenir, avec des ressorts ou « avec des ; fils d’or», suivant la méthode antique. (Cicér., de Legibus , livr. II, cli. xxiv). On a trouvé dans un tombeau grec sept dents fausses ainsi attachées . (Sischbein, Peinture des vases , t. I, p. 63).

Ce procédé nous revint par les Arabes. (Albucasis, De Chirurgia , lib. II, sect. 33).

Les poudres dentifrices étaient à Rome les mêmes qu’aujourd’hui. (Bœttiger, Sabine , etc., 1813, in-8, p. 41).

L’impératrice Marie-Thérèse, étant enceinte de son quinzième enfant, commençait à sentir quelques symptômes avant-coureurs, lorsqu'une rage de' dents, que rien ne pouvait calmer, la détermine à i faire arracher celle d’où partait sa douleur. Sur quoi son dentiste est appelé, mais la prudence ne ' lui permettait pas d’instrumenter dans un momentt si critique, sans l’aveu du premier médecin de Sai Majesté.

Le célèbre Van Swieten arrive, représente les risques auxquels s'exposait l’Impératrice..

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