LES PER VE USIONS DU GOUT
dans cette inclination bizarre une indication de la nature « analogue, par exemple, à celle qui pousse les bestiaux à lécher les pierres salines pour aiguiser leur appétit, quand ils ont pâturé dans des terrains trop humides ? » (Virey).
Cette aberration du goût se rencontre encore chez quelques femmes en état de grossesse, chez les hystériques, parfois aussi chez certains enfants délicats ou nerveux, ou des jeunes fdles, à l’époque de la puberté. Les dépravations du goût chez les femmes enceintes seraient dues, d’après M. Auvard, à un vice de fonctionnement cérébral produit par la grossesse.
Pour ce qui est des hystériques, on peut également penser à une nutrition imparfaite du cerveau. « Si les hystériques ont l’esprit fantasque et une imagination bizarre et souvent pervertie, ne seraitce pas parce que l’élément nerveux n’élabore et ne peut élaborer aucune pensée juste dans cet organisme qui ne lui fournit aucune substance? » Lempereur, Essai su /■ la nutrition dans U hystérie,
Quoi qu’il en soit de ces théories, les individus qui se livrent à ces pratiques, pour le moins singulières, dépérissent rapidement. Ils succombent le plus souvent à une gastro-entérite, à la dysenterie ou à l’anémie pernicieuse. Quand c’est un simple caprice d’imagination qui pousse les femmes grosses à réclamer de la terre pour nourriture, il
est prudent de ne point les contrarier, sous la réserve, toutefois, que leurs exigences ne dépassent pas les limites qui séparent la raison de la folie.