II. — Les anthopiiages
Des botanistes anglais viennent de fonder une ligue, dont les adhérents s’engagent à ne manger que des fleurs.
Les anthophages nous donnent, à dire vrai, de sérieuses raisons pour nous convaincre de l'excellence de leur régime. La meilleure peut-être est qu’on use, depuis longtemps, de fleurs comme aliments, presque, pourrait-on dire, sans s’en douter.
La confiserie utilise couramment les pétales de violettes et de fleurs d’oranger. Une salade ornée de capucines n’est pas un plat à dédaigner, pas plus que les beignets, que les bonnes ménagères confectionnent avec la fleur du robinier, c’est-àdire l’acacia. L’artichaut, le chou-fleur sont de consommation usuelle. Le chapeau , qui est la partie la plus appréciée du champignon, est la véritable fleur de ce cryptogame.
La figue est-elle autre chose que le réceptacle charnu des fleurs du figuier, de même que les câpres sont les boutons non épanouis du capparis
ANTIPATHIES BIZARRES 133
spinosa, plante qui croît dans les régions méditerranéennes.
Le clou de girofle, que nous ne mangeons pas, mais qui sert de condiment, sinon d’aliment, estil autre chose qu’un bouton floral ? Et la salade de chrysanthèmes, si en honneur dans l’Extrême Oiient, n est-elle pas une salade de fleurs? Il y a, nous direz-vous, encore les fleurs... de rhétorique : ce sont à peu près les seules dont il serait excucable de se préserver.