‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 5 sur 86 · L INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

L INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX

En Egypte, le cheval marin se roule dans les roseaux jusqu’à ce qu'il se soit procuré une saignée en se blessant une veine. En Lithuanie, les chevaux se mordent dans le même but, quand ils se sentent trop échauffés.

Les cerfs et les chèvres sauvages de la Crète montrèrent les premiers l’emploi du dictame et des vulnéraires, selon Cicéron, Virgile et d’autres anciens ; mais, en admettant qu’il, y ait quelque supposition gratuite à prétendre avec certains auteurs, que l’hirondelle sait éclaircir sa vue en frottant sa cornée avec le suc de chélidoine, en guise de collyre ; que des serpents ont fait connaître l’usage du fenouil (Œlien, Hist. anim, liv. 4, chap. 0.), et le crapaud, celui du plantain à feuilles étroites (Van Ilelmont, Tumul. pestis, etc), toujours cst-il vraisemblable que la nature, loin d’abandonner ses plus faibles créatures, leur fournit les moyens de se garantir des maux. Quand on voit les moindres insectes, au sortir de l’œuf, et sans guide sur la terre, découvrir précisément la plante qui leur convient le mieux, le nectar caché au fond d’une fleur, et s’ils ne trouvent pas le végétal qui leur est naturellement destiné, se repaître des autres végétaux d’un même genre ou d’une même famille, comme un botaniste exercé, (c’est ainsi qu’agissent plusieurs insectes d’Amérique, transportés en Europe avec des marchandises), on peut croire que divers animaux nous ont dicté l’empirisme médical.

C’esi une tradition générale dans l’Inde, selon Kempfer, Gardas ab orto et d’autres voyageurs, que la mangouste sait se garantir du venin du serpent naja ou à lunettes, au moyen de la racine d’ophiorrhiza mungos L. On a dit que les belettes se défendaient de même du venin des aspics au moyen de la rue, et la cigogne avec l’origan ; que les sangliers guérissent leurs plaies avec le lierre ; que l’ours, au printemps, se remet en appétit soit avec Y arum qui le purge, soit en dévorant des fourmis ; que les cerfs nous ont appris à manger les cardons, les artichauts ou autres espèces de cynara , etc.

Les chiens ont trouvé aussi Y&canaria (une graminée) avec laquelle ils se guérissent du défaut d'appétit. Ils mangent cette plante en notre présence, mais de manière qu'on ne distingue jamais ce que c’est, parce qu’on ne la voit que bien mâchée. On a encore noté un instinct bien plus singulier de cet animal à l’égard d’une autre plante : on dit que, mordu par un serpent, il se guérit avec une certaine herbe, mais qu’il ne la cueille pas quand un homme le regarde!

Les biches, moins envieuses, nous ont enseigné l’élaphoboscos (pastinaca saliva , L.), ainsi que le séséli, dont elles usent après avoir mis bas.

Ce sont aussi les biches qui ont fait connaître le

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