‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 6 sur 86 · L INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

L INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX

diclame, [origanum dictamnus, L.)] blessées, elles mangent de celte plante, et les ilèclies se détachent aussitôt de leur corps. Le dictame ne se trouve pas ailleurs qu’en Crète.

Parmi les autres bêtes, auxquelles Aristote et Pline prétendent que les hommes doivent rendre grâce pour leur avoir indiqué divers remèdes précieux, on peut ajouter aux serpents aveugles, qui se frottent les yeux de fenouil pour revoir la clarté des deux, les ramiers, les merles, les perdrix, qui mangent des feuilles de laurier quand ils sont constipés, etc. « L’invention d’abattre les tayes des yeux appelées cataractes fut trouvée, dit Ambroise Paré, par une chèvre qui avait une taye devant la pupille, se frottant et gallant contre des espines, abattit ladite taye de devant la pupille,

et par ce moyen recouvra la vue. »

Maintenant est-il bien exact de dire que le chien a appris à l’homme l’usage des vomitifs, l’ibis celui des clystères, l’hippopotame l’emploi de la saignée? Il est évident, au contraire, que l’homme a dû s’observer lui-même avant d’observer les animaux, et que l’instinct des malades dut souvent offrir des indications, des enseignements plus certains et plus naturels. Ne sait-on, par exemple, que les personnes atteintes d’une fièvre putride demandent des acides, que certains poissons plai-

sent aux leucorrhéiques et que la dyssenlerie se caractérise par une appétence particulière pour le raisin ? C’est le hasard qui nous a enseigné les propriétés du quinquina, de l’ellébore et d’une foule d’autres médicaments qui enrichissent la matière médicale de nos jours. La nature, d’ailleurs, a placé dans beaucoup de pays les médicaments les plus propres à combattre les maladies endémiques. C’est ainsi que le cochléaria guérit le scorbut, si fréquent dans le nord de l'Europe ; que, dans l’Amérique septentrionale, le polygcila sènéga est un antidote précieux contre la morsure du serpent à sonnettes; que, sous les tropiques, on emploie le suc de limons et de plusieurs fruits acides dans les maladies aiguës ; que quelques lézards, dans le royaume de Gualémala, guérissent la lèpre qui y est fort commune; que le curcuma fournit aux Brésiliens un excellent remède contre le venin du gecko ; et que, dans le Schirwan, le pétrole est appliqué avec avantage à la guérison des fractures. Les peuples les moins civilisés possèdent ainsi une sorLe de matière médicale indigène, dont les effets sont surprenants et dont les nations policées ont fait souvent leur profit.

L’homéopathie chez les animaux

M. B. C..., bien connu en Ecosse et qui a beaucoup vécu à l’étranger, rapporte (1) qu'ayant sou-

(1) Les côtés obscurs de la nature , par Mrs Crowe.

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