‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 7 sur 86 · I. INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

I. INSTINCT MEDICAL DES ANIMAUX

vent entendu parler de la singulière expérience du scorpion et de la souris, il l’avait tentée, et le résultat établit parfaitement ce qu’il ne pouvait croire d'abord : les deux animaux, mis ensemble sous un même verre, furent évidemment effrayés ; puis le scorpion attaqua la souris et la piqua ; elle sedéfendit bravement et le tua. Cette victoire ne fut pas sans péril, car la souris enfla prodigieusement et sembla en danger de mourir empoisonnée ; mais elle se soulagea et se guérit à la fois en mangeant le scorpion, qui se trouva être l’antidote de son propre poison, donnant un exemple d’homéopathie des plus intéressants et des plus remarquables (1).

Comment on devient médecin

Ce fut un songe de Nicon, savant et riche architecte de Pergame, qui le détermina à faire étudier la médecine à son (ils, le célèbre Galien (2).

(1) Mme Calderon de la Barca cite, dans ses lettres du Mexique, quelques cas singuliers où des morsures venimeuses n’eurent aucune suite mauvaise; et elle raconte que, dans certaines parties de l’Amérique où les serpents â sonnettes pullulent, il est d’usage d'inoculer les enfants avec leur venin, car c’est un préservatif contre toute blessure.

(2) « Galien dutsavocation de médecin à un songe, dans lequel Apollon lui apparutàdeux reprises différentes pour lui ordonner de se livrer désormais à l’étucle de la médecine. Ce célèbre médecin s’est étendu avec complaisance sur cette circonstance de sa vie.» Brierre de Boismont, Hallucinations , cité par le Dr Chabaneix, Essai sur le subconscient.

L l£S CUIUOSITES DE LA MEDECINE

Ainsi, celte réputation extraordinaire qui, dans les temps anciens et modernes, n’a qu’une seule rivale, celle d’Hippocrate, aurait pour origine... un rêve'.

André Rüdiger, médecin à Leipsick, s’avisa, étant au collège, de faire l’anagramme de son nom en latin : il trouva de la manière la plus exacte, dans Andréas Rudigerus , ces mots : avare rus Dei dignus, qui veulent dire : digne de labourer le champ de Dieu. 11 conclut de là que sa vocation était pour l’état ecclésiastique, et se mit à étudier la théologie. Peu de temps après celle belle découverte, il devint précepteur des enfants du célèbre Thomasius. Ce savant lui dit un jour qu'il croyait qu’il ferait mieux son chemin en se tournant du côté de la médecine. Rüdiger avoua que naturellement il avait plus de goût et d'inclination pour cette science; mais qu’ayant regardé l’anagramme do son nom comme une vocation divine, il n'avait pas osé passé outre. Que vous êtes simple ! lui dit Thomasius; c’est justement l’anagramme de votre nom qui vous appelle à la médecine ; Rus Dei , n’est-ce pas le cimetière, et qui le laboure mieux que les médecins? Rüdiger ne put résister à cet argument irrésistible, et il se lit médecin.

Aétius d’Antioche, de vigneron qu’il était, devint orfèvre, puis médecin. Il ne tarda pas à abandonner

Page 1