ORGANES GÉNITO-URINAIRES
Les Reins
u xive siècle, le jugement des urines était considéré comme une nécessité, ainsi que le prouve le document suivant: la ville de Collioure, qui dès le xme siècle avait un hôpital, s’attacha, en 1372, un médecin public, maître Albertdel Puig, avec le titre de physicien , par un traité dans lequel ce médecin s'engageait à examiner les maladies par les moyens d’observation médicale en usage ; parmi eux était spécifié l’examen des urines. (1)
(1) « Jusqu’au xviie siècle, l’examen des urines a joué un rôle capital en médecine. Dans le tableau La Femme hydropique qui est universellement regardé comme le chef-d’œuvre de G. Dow, un médecin contemple attentivement les urines de la malade, qui sont contenues dans un ballon de verre à long col. Parmi les nombreux ouvrages ayant trait à l’examen des urines, qui ont été publiés par les savants du moyen âge, je me bornerai à indiquer le Tractatus de urinis de Roudellet, le De Urinis de Montagnana, le De Urinis d’Actuarius, les Carmina de urinarum judiciis , d’Egidius, et le De Cautclis urinarum de Bernard Gordon. Dans le dernier, il est fait mention de différents tours de passe-passe et d’un choix de réponses équivoques propres à tirer d’embarras les uropathes de cette époque, auxquels le liquide sécrété par les reins d’une personne souffrante n’indiquait rien. Cette vogue de l’uroscopie aux xiv°, xv' et xvi' siècles est attestée par tous les vieux conteurs et par divers [tassages de Gargantua et de Pantagruel Le Double, Rabelais anatomiste.
Le médecin aux urines était d'ailleurs un personnage important et Le Boulanger de Chalussay, dans Elomire Hypocondre, (scène III), a mis fort au long ce répugnant Esculape en scène, et expliqué sa spécialité en détail... C’était une tradition du bas comique, mais fondée sur la réalité.
On connaissait le médecin des urines depuis longtemps, (1) et maître Pathelin, contrefaisant le malade, dit au drapier, qu’il feint de prendre pour un médecin :
Et mon orine,
Vous dit-elle point que je meurre ?
(1) Stercus et urina medici sunt prandia prima.
Ex aliis palcas, ex istis collige grana.
déclare Panurge au docteur Rondibilis.
— « Vous prenez mal, dist Rondibilis, le vers subséquent est tel:
Nobis sunt signa , vobis sunt prandia digna
Les matières fécales et l’urine sont les mets préférés du médecin: des autres recueille la paille et de ceux-ci la graine. »
« Le premier de ces deux vers est une allusion à un réglement de Henri II, dont voici le texte: « Sur les déclarations des personnes décédées par la faute des médecins, il en sera informé et rendu justice comme de tout autre homicide, et seront les médecins mercenaires tenus de goûter les excréments de leurs patients et de leur impartir toute autre sollicitude, autrement seront réputés avoir été cause de leur mort et décès ». (Voy. Mercier, Tableau de Paris, vu, p. 227).
« Le second vers que Panurge accole plaisamment au premier est emprunté à un brocard de droit qui n'a aucun rapport avec le sujet ». (Burgaud des Marets et Rathery).