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ihyrose, comme ils l’appellent, est directe. Le facteur déterminant l’état anormal des os est dominant, c’est-à-dire qu’il a une force spéciale, une tendance très prononcée à s’affirmer. Aussi, est-il très rare que l’anomalie saute une génération. On a souvent invoqué quelque trouble du métabolisme maternel ; c’était à tort. On connaît des cas où un seul des jumeaux est atteint, 1 autre étant normal.
11 semble y avoir une connexité entre la fragilité héréditaire des os et la coloration bleue de la sclérotique, mais la chose n’est, pas démontrée.
L’os qui se brise le plus souvent est le fémur, et parfois dès la naissance; puis vient l’humérus et, ensuite, la clavicule. On connaît des sujets qui, avant la puberté, ont eu vingt fractures et davantage.
Les statistiques réunies par MM. Davenport et Conard font voir que tout parent ayant présenté de l’ostéopsathyrose durant sa jeunesse, aura au moins la moitié de ses enfants atteints de la même infirmité. Mais deux parents, appartenant l’un et l’autre à des familles fragiles, mais n’ayant pas présenté eux-mêmes de fragilité durant leur jeunesse, ont normalement des enfants tous sains, tous solides (i).
Une Ostéomalacie historique.
Le duc d’ Aiguillon, qui succéda à Ctioiseul au ministère, en 1771, mourut en 1782, à 62 ans, les
(1) Débats, 5 janvier 1916.
LE SQUELETTE
os liquéfiés : « les os comme de la cire pen¬
dant la canicule » Soulavie, Mém. du règne de Louis XIV, I.
La science a-t-elle relaté beaucoup d’observations de ce genre ?
La Peinture des Os.
Parmi les rites qui avaient pour but d'honorer les morts, on doit signaler la coutume de peindre leurs ossements ; elle n’est pas très répandue ; elle existe, limitée à la tête, chez les Andamanais et à Mallicolo. Les Indiens de l’Amérique du Sud l’ont, aussi, pratiquée autrefois.
Dans certains ossuaires de la Patagonie, on trouve des squelettes complètement peints en rouge. Ces os peints rappellent l’ancienne coutume, aujourd’hui délaissée, qu’avaient certaines tribus de préparer les squelettes de leurs morts en peignant les os, quand les parties molles avaient disparu, avant de les déposer dans les tombeaux des ancêtres. M. Moke.no, auquel on doit beaucoup d’observations sur ce sujet, croit que cette peinture était un privilège réservé aux guerriers morts en combattant leurs ennemis, et quoique la tradition soit muette, il lui semble qu’ils ont été décorés ainsi, pour montrer qu’ils ont été guerriers ; on sait que, maintenant encore, quand les Indiens vont à la guerre, ils se peignent la face en rouge ou en noir, pour terrifier leurs ennemis (i).
(i) Revue d'anthropologie, t. V, 583.
Poésie sur les Os.
Scipion Abeille, médecin du XVIIe siècle, a écrit en vers une Nouvelle histoire des os, selon les anciens et les modernes (i685).
Ce chirurgien-poète a exprimé en prose les détails purement descriptifs et anatomiques ; il a réservé pour la poésie l’indication des fonctions et des usages auxquels servent les os. Ecoutons-le décrire 1 os coron al :
Cet os est des plus curieux,
11 a part à l’honneur de porter la couronne.
Il sert de domicile aux yeux Et ce nom sacré qu’on lui donne Doit être respecté des hommes et des dieux. Toutes les passions de l’âme S’impriment aisément sur lui :
La crainte, le chagrin, la paresse, l’ennuy ;
Tout ce que la vengeance trame,
La bonne, la mauvaise humeur,
Il découvre enfin tout, jusqu’aux secrets du cœur...
LE SQUELETTE
La Tête.
La tète comprend : le crâne et la face,
Le Crâne
Les gens à la tête dure.
Après la bataille gagnée par Cambyse sur Psam- MhTTQt E, on distinguait, parmi les morts, les Egyptiens, qui avaient toujours la tête nue, à l’extrême dureté de leurs crânes; au lieu que les Perses, coiffés de leurs grosses tiares, avaient les crânes si tendres, qu'on les brisait sans effort. Hérodote luimême fut, longtemps après, témoin de cette différence.
Le médecin philhellène Pououeville, qui voyagea en Grèce et à Constantinople de 1798 à 1801, expose les faits suivants (v. Nouvelle Biblioth. des Voyages, t. 12, 383) :
Une observation que je n’ai vue consignée nulle part, me disait plaisamment M. R..., et qui méritait bien une place dans une relation, serait une considération u sur les têtes de Constantinople » ; car, outre qu’elles sont parées de turbans et de coiffures, qui varient suivant les professions, et selon qu’on est musulman ou chrétien (coup d’œil qui offre une richesse iné-
puisable aux crayons de l’ artiste), c’est la dureté de ces têtes qui est notable. Un homme est-il poursuivi par la garde, qui l’arrête en lui lançant adroitement dans les jambes un bâton qui le fait tomber, les janissaires, en fondant sur le prévenu, ne manquent jamais de lui asséner sur la tête un coup de leur sope, ou bâton. Apres l’avoir ainsi étourdi, ils passent un de ces mêmes bâtons dans la ceinture qui lui serre les flancs, et ils le transportent, suspendu en lustre, dans la prison où ils l’enferment. Là, sans soins, sans secours, il guérit ordinairement en deux ou trois jours. Cette remarque, minutieuse en apparence, conduit à confirmer 1 observation, faite plusieurs fois, de la guérison rapide des plaies de la tête dans les climats méridionaux.
Legrand cle, dans la
d’Aussy écrivait, à la fin du XVIIL si relation de son voyage en Auvergne
Quand, en parcourant le pays des montagnes, je aïs partout les paysans ne se mettre en route qu armes d’un fort bâton, à bout noueux ; quand on me dit que, dans certains cantons, ils ne sortaient jamais de leur logis qu avec cette espèce de massue, et qu ils la poitaient même jusque dans l’église ; enfin, lorsque j’appris qu’ils se battaient fréquemment entre eux, et que le combat consistait à frapper sur la tête, à coups redoublés, avec cette arme redoutable, je fus alarmé, et je dus l’être, tu en conviendras.
En conséquence, dès que je trouvai a questionner, de confiance, des curés et des chirurgiens, je leur demandai combien, dans la paroisse, dans la ville ou dans le canton qu’ils habitaient, on comptait annuellement de gens assommés, .luge quelles furent ma surprise et ma joie, lorsqu’on me répondit que les morts et les meurtres de ce genre étaient fort rares. 11 est meme rare, me dirent les chirurgiens, que les plaies à la tête soient
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considérables et qu’elles aient du danger, parce que, dans ces montagnes, la boëte osseuse du crâne est considérablement plus épaisse que partout ailleurs.
On a souvent dit que l’Auvergnat a la tête dure ; serait-ce autre chose qu’une métaphore P
La calotte crânienne et ses usages.
Les Ashantis (Afrique), écrit le Dr Eïfer, ont employé comme coupe la calotte crânienne de leurs ennemis. En Australie, on se contente d’enlever la partie faciale du crâne du parent mort; on garde la voûte et la base du crâne. Le maxillaire supérieur enlevé entraîne avec lui l’ethmoïde et une portion du sphénoïde; on remplit ce trou d’herbe sèche. Désormais, le crâne sert de filtre, l'herbe sèche retient la boue, et on boit par le trou occipital. Lin de ces crânes est conservé au Musée d’Oxford.
Les fakirs indous, de la secte des Mendiants, portent quelquefois, pour boire, la calotte crânienne d’un de leurs confrères mort en odeur de sainteté.
Les Lamas du Thibet font, avec ces calottes crâniennes, le support de tambours sacrés, qui résonnent dans les temples. En Chine, on retrouve cette coutume.
Faire un tambour d’un crâne humain, ou en faire une coupe, ces deux usages dérivent d’une même croyance aux amulettes qui protègent. Les sorciers du moyen âge, qu’on a accusés de tant de méfaits, buvaient peut-être dans des crânes hu¬
mains.
L'Ordre du Crâne.
En faisant quelques réparations l’abbaye de Newstead, on trouva un jour un crâne dans une niche pratiquée dans un mur. Ce crâne avait pu appartenir au moine qui avait habité ces lieux, ou à l’un des ancêtres de Byron, qui avaient habité l’abbaye, ou à l’une des victimes de cette farouche race. On le transforma en coupe, pour s’en servir dans des orgies dignes d’Odin.
Bien que ce fût là, simplement, une originalité de jeune homme, où il y avait plus d odieux que de poésie, on en parla beaucoup dans le monde ; on se plut à entourer l’hôte extravagant de Newstead de je ne sais quel nuage mystérieux, et a rattacher à sa personne je ne sais quoi d horrible et
d’impie.
Lord Byron dit à son ami, le capitaine Medwin, que, dans la vieille abbaye, il avait créé un nouvel ordre de chevalerie, et s’était constitué grand-maître de Y Ordre du Crâne. Les membres étaient au nombre de douze ; tous portaient des robes noires; celle du grand-maître était quelque peu distinguée des autres ; à certaines époques fixes, on tenait un chapitre.
La coupe était naguère en la possession du colonel Windham.
Pour identifier un crâne historique.
On a tant parlé naguère du crâne de l’auteur du Discours de la méthode, et de ses vicissitudes pos-
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tlmmes (1), ([uc nous avons quelque scrupule a revenir sur un sujet déjà bien rebattu.
Le Dr Paul Riche r semble être arrivé à identifier la relique, grâce à une méthode que nous exposons plus loin. Ce qu’on n’a pas dit, c’est que cette méthode n’est pas nouvelle : elle a été appliquée, il y a près de vingt ans, en Allemagne, ce que M. P. Richer nous a dit ignorer.
L’histoire vaut la peine d’être rappelée.
Le 22 octobre i8g4, le déblaiement du cimetière de l’église Saint-Jean, à Leipzig, amenait la découverte d’un cercueil, qu’on supposa, tout d abord, être celui de Sébastien Bach. Comment était-on arrivé à cette quasi certitude? C’est ce dont nous informe un journal contemporain de l’évènement (2) :
Outre la tradition encore régnante à Leipzig, deux brèves mentions, inscrites sur les registres de l’hôpital Saint-Jean, mirent les directeurs des fouilles sur la bonne voie.
L’entreprise était difficile : les pestes du moyen âge, la guerre de Smalkalde, la guerre de 1 rente ans, la guerre de Sept ans, la bataille de Leipzig, enfin la mortalité normale de la ville avaient accumulé les débris humains dans le cimetière Saint-Jean; mais un registre de l’hôpital indiquait un cercueil en chêne pour le corps de Sébastien Bach : douze cercueils de chêne ayant été exhumés, on procéda par voie d’élimination, et finalement on se trouva en présence d’un cercueil unique,
(1) V. notamment l’étude du Dr Verneau, dans Æsculape , de fin novembre 1912 ; et notre article de la Gazette médicale de Paris , du G novembre 1912.
(2) The Graphie , traduit par la Revue encyclopédique, du
ier décembre 1895.
c’est-à-dire d’un crâne qui présentait des traits caractéristiques.
La comparaison de ce crâne avec les portraits de Sébastien Bach établit un commencement d’identité. On connaît quatre portraits du grand musicien ; les plus fidèles en fait de ressemblance sont celui conservé à l’école Saint-Thomas de Leipzig, et celui possédé par M. Abraham, éditeur à Vienne.
Le professeur d’anatomie His et le sculpteur Seffner .achevèrent la démonstration commencée par la similitude du crâne et des portraits, quant aux proportions anatomiques. Ils prirent un moulage du crâne et, d après cette empreinte ou sur ce relief, le sculpteur Seffner fit un buste revêtu de muscles ; ce buste fut trouvé d une ressemblance frappante avec l’un des portraits.
Une contre-épreuve, le buste de Haendel, modelé sur le crâne de Bach, confirma l’identité révélée par le premier buste ; dans le buste de Haendel le sculpteur dut recourir à une supercherie anatomique : il couvrit le front d’une couche épaisse de plâtre et laissa la mâchoire inférieure presque dégarnie de chair. Le professeur His et le sculpteur Seffner allèrent plus loin : ils trouvèrent une méthode scientifique permettant de rétablir sur un crâne quelconque les traits exacts de la personne vivante. Cette méthode a pour base une suite de mensurations prises sur des hommes d’âge moyen, de stature moyenne, et bien portants ; elle détermine l’épaisseur des parties molles de la face qui doivent couvrir le moulage d’un crâne. Le résultat obtenu est une ressemblance frappante.
L’Académie des Beaux-Arts avait donné mission au Dr Paul Riciier d’identifier un crâne découvert au Muséum et attribué à Descartes. Voici le résultat de ses confrontations et de .ses recherches. L’éminent artiste et médecin, pour atteindre le
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