LA PESTE D’ASTRAKAN
«nies, ont essayé de s’inoculer le virus pestilentiel..
Ils vivent encore, mais seront-ils de ce monde demain?
Pendant que le moujick se réchauffe et boit du thé dans le bureau du maître de la poste, je vais rendre visite au commandant des hussards du Volga. La maison est close.
A.h? Excellence, me répond une vieille servante, notre
bon monsieur est mort il y a trois jours !
— Et sa femme, et ses enfants?
Partis, Excellence, sur le bateau de Nijni-Novogorod;
plus personne ! Seule à la maison, hélas ! Jésus, mon Dieu 1
A deux pas de là, je rencontre le major Wassilief.
Malheureux ! me crie-t-il, fuyez ce quartier mortel !
Quinze cents victimes en huit jours!... Hier, notre pauvre ami Sorokoff ; ce matin Pojalski, il y a deux heures, Nicolas Basileff, morts sous mes yeux... Remontez en traîneau, vite ! La peste est plus rapide que les meilleurs chevaux!
— Je ne crains pas la peste ; mon courage et mon acide phénique, voilà deux palladiums énergiques, contre lesquels se brisera la terrible contagion.
— Allons donc! la médecine est impuissante. Je vous répète que la mort est aveugle ; elle frappe aussi bien les vaillants que les faibles. Fuyez! — Mais vous? — Moi, je suis à mon poste. Si je meurs, j’aurai du moins mis tout en œuvre pour arracherai! fléau quelques victimes! D’ailleurs, le contact n’est point mortel ; c’est en respirant, en absorbant par les voies digestives ou pulmonaires, les miasmes cadavériques qne le mal vous atteint et vous tue. Une violente douleur au front d’abord, puis une courbature le long de la colonne vertébrale, qui peu à peu gagne les membres. Le vertige, une faiblesse extrême, des frissons glacés.
Bientôt, un feu dévorant semble s’allumer dans la poitrine ; le sang bouillonne, le cœur tressaute : des hémorrhagies nasales se déclarent, suivies do vomissements jaunes ou verdâtres. Une stupeur immense envahit le cerveau, des bubons charbonneux naissent sur tous les points du corps. La fièvre, le délire. Les yeux enflammés, le regard féroce.
la prostration des forces augmente, un froid intense vous saisit; après, la mort! Si cette peinture ne vous suffit pas, regardez autour de vous ; mais, de grâce, encore une fois, partez !...
A ces mots, je l’avoue, je sentis fondre mon courage. Mon traîneau était là. J’y remontai tout tremblant. Une heure après je rentrais plus mort que vif dans ma chambre bien chaude du quartier neuf, où m’attendait le somavar parfumé...
P. -S. — Un télégramme d’ Astrakan m’apporta dès le le lendemain matin une foudroyante nouvelle :
Mon ami, Eugraphe Poutiakine, est mort de la peste dans les bras de son fidèle moujicko
LA GÙOLOGIE EN DEUX GENTS LIGNES
Fougères colossales Palmiers et Cycadées, vous verdissiez non loin de rives où s’ébattaient 1« lourd ptérodactyle, l’étonnant ichthyosaure et tous les monstres étranges de cette création