‹ Les curiosités la scienceChapitre 12 sur 53 · L’AUSTERLITZ DES FOURMIS · texte numérisé non relu

L’AUSTERLITZ DES FOURMIS

jFl y a des gens qui se disent socialistes, internationalistes ^ partisans de la paix et de l'harmonie universelles.

Ces lurons-là portent le monde dans leur cœur, comme Louis XVIII portait toute la France dans le sien. Ils ont sans cesse à la bouche des mots d’amour. Egalité, fraternité, voilà leur antienne ; plus de guerre ! c’est leur dada. Pendant que deux peuples s’entre -égorgent, ils affectent de teiulrelesbras au vainqueur et de l’appeler frère. Touchante philanthropie, En 1871, ils disaient à la Prusse ; ma sœur ! et couvraient d’injures leurs compatriotes écrasés par le nombre. Dispensés d’ailleurs de tout service, grâce à leur sacerdoce humanitaire, ils occupaient leurs loisirs à traquer comme bêtes fauves ceux qui n’étaient pas de leur avis, et — toujours au nom de l’égalité — sur dix gaillards de leur acabit nommaient trois généraux, quatre colonels, deux commandants. Le dixième restait simple soldat.

Je ne prétends pas discuter avec ces apôtres. Ce que je voudrais leur faire toucher du doigt, c’est l’absurde de leurs théories. L’égalité qu’ils proclament, mais où est-elle ? N’ya-t-il pas eu, de toute éternité, et n’y aura-t-il pas, jusqu’à la fin des choses, des géants et des humbles, des cèdres et des roseaux, des forts et des petits? Le soleil, en vertu de son attraction souveraine, n'eutraine - 1 - il pas dans

1 infini des cieux tout un système do planètes esclaves. Le foi du désert est-il l’égal du timide lapin ? Et le chêne peutil se comparer à l’hysope ? La création entière en un mot, n’est-elle pas une hiérarchie tyrannique, un flux et un reflux d attractions et de répulsions, d’asservissements et de révoltes ?

Examinez autour de vous, farouches refondeurs de sociétés. S’il ne vous plaît point de prendre en haut vos leçons, abaissez votre orgueil et vos regards jusqu’à ce peuple invisible que je vais vous montrer. Là, dans un mètre carré, vous assisterez aux discordes civiles, aux guerres, aux représailles ; vous verrez éclater les haines de races, les antagonismes de castes, les intrigues, les ruses, la barbarie, tous vos instincts et tous vos appétits humains. Regardez à vos pieds ; plus près, plus près encore ! Les fourmis vont vous apprendre que, du petit au grand, c’est la même loi qui règle les destinées des gouvernements et des peuples.

Sur les flancs du Mont-Valérien, non loin des ouvrages enfantés par le génie de la guerre, j’ai vu, ces jours passés, la forteresse minuscule d’une tribu de fourmis noires.

L’insecte a copié l’homme, dirait-on, mêmes fossés, mêmes épaulements, demi-lunes et courtines pareilles. C’est une réduction Collas de la terrible citadelle.

Par une poterne adroitement abritée, les habitants du fort vont et viennent sans désordre, les entrants chargés de provisions, les autres affairés, diligents, fidèles à la consigne, qui est de ne jamais chômer. Du matin au soir, ce petit monde travaille à miracle. Les brins d’herbe et d’avoine servent à consolider l’édifice; les grains 'sont classés par grosseurs et variétés. Car, — c’est un fait depuis longtemps reconnu, — la fourmi possède au plus haut point le sentiment de la classification. Jamais, dit Latreille, une fourmi ne confondra le blé d’Odessa avec le froment d’Amérique. Chaque sorte occupe une case spéciale ; et, dans ses sombres greniers, l’insecte sait faire régner un ordre admirable, dont le plus habile collectionneur serait jaloux.

l’austerlitz des fourmis

A l’entrée du fort, deux sentinelles veillaient, chargées du contrôle des marchandises. Telle fourmi qui se présentait avec son grain, recevait le mot d’ordre et pénétrait à gauche ou à droite, selon la nature de ce grain. Souvent, une pauvre bête arrivait exténuée, brisée sous un fardeau deux fois plus gros quelle. Alors une des sortantes rebroussait chemin, venait au secours de sa compagne, et le grain, brouetté à hue et à dia par les six paires de pattes, faisait triomphalement son entrée dans la ville souterraine,

Couché sur le gazon frais, à l’ombre d’un marronnier, j’observais depuis deux heures les faits et gestes de cette laborieuse peuplade, lorsqu’ une douzaine de fourmis, agitant fiévreusement leurs antennes, pénétrèrent en hâte dans la cité. Messagères d'alarmes, elles semblaient crier : « L’ennemi s’avance. Au secours! »

Il avançait, en effet. Devant moi, à quelques mètres du fort, se massait une formidable colonne de fourmis rousses, les vandales de l'espèce. Cette race est avide, barbare, jouisseuse. Tandis que les noires, intelligentes et douces, se livrent en paix aux travaux d’art et à l’élevage des jeunes, celles-ci ne rêvent que rapines, enlèvements et carnage. Malheur à la république, si la discipline se relâche ou si des bandes mal conduites vagabondent dans la campagne ! Malheur à la cité, si des forces imposantes 11e garnissent pas ses murailles! La fourmi rousse est là, qui guette, ses terribles mandibules toujours aiguisées pour la curée!

Lorsqu’elle fut en présence de la citadelle, la troupe des envahisseurs se divisa soudain. Du gros de l’armée se détachèrent quatre colonnes volantes, commandées chacune par un chef devant lequel tout le bataillon défila. Ce chef était beau ; il avait des ailes !

Au commandement, les deux premiers corps d’éclaireurs désignés pour l’attaque firent irruption dans la forteresse, pêlemêle, la gueule ouverte ! — Pauvres fourmis noires, qu’allez vous devenir ?

Mais, tout-à-coup, les assaillants font volte-face. Le torrent recule, s éparpille, et par des ouvertures brusquement

démasquées, je vois dévaler au grand galop des centaines, des milliers de noires, farouches, vaillantes, intrépides. Une affreuse mêlée s’engage. Les chefs assiégeants parcourent les rangs débandés, frottent de leurs antennes les cohortes indécises, ramenant au combat les fuyards épouvantés, veillant à tout, se multipliant. C’est admirable !

Cependant les abords de la forteresse se couvrent de cadavres. Ce ne sont partout que pattes coupées, antennes arrachées, ventres ouverts, têtes séparées du corselet et mordant à vide le sol arrosé d’acide formique. Des guerriers s’empressent autour des blessés, et d’une goutte de cet acide qui est à la fois dictame et poison, cautérisent les plaies béantes. Latreille a déjà remarqué ce fait extraordinaire. — Que de dévouements obscurs, combien de traits d’héroïsme, quelles vertus au milieu des fureurs aveugles, de la rage et de l’ivresse de cette bataille d’infiniment petits !

Le gros de la troupe assaillante ne bronchait toujours pas. Immobile à son poste de réserve, l’arme au pied pour ainsi dire, elle attendait la fin de ces engagements d’éclaireurs. Au centre du camp, je distinguais à merveille le général en chef entouré de ses lieutenants : là l’état major tenait son conseil de guerre, il arrêtait les dernières dispositions de la journée.

Mais par de nouvelles ouvertures, par des poternes, par des bastions, les fourmis noires descendaient sans trêve, en colonnes épaisses. Chaque légion gagne le poste qui lui estassignépardemystérieux commandements. Ily adéjà plus detrois mille combattants, masse noire, imposante, qui peut essuyer sans désavantage le choc des rousses. Déjà les deux peuples sont en présence. Une minute d’hésitation terrible s’écoule, pendant laquelle, haletant et ému, je contemple ces myriades d’êtres qui pensent, qui vivent, et sur lesquels tout à l'heure va voler l’infatigable mort.

Le choc enfin se produit. Les deux armées se sont ébranlées ; elles montent littéralement l’une sur l’autre. Un grouillement épouvantable confond ces légions do rousses et de noires. Les mâchoires grincent ; les membres volent ; les

l’austerlitz des fourmis

corselets fracassés noircissent la terre. Une âcre senteur (l'acide formique emplit les airs.

Je renonce à décrire cette scène de désolation, que mes yeux ne peuvent saisir que dans son ensemble. Après dix minutes l'armée rousse estvaincue, taillée en pièces, écrasée. Sous l'œil des généraux vainqueurs, l'ordre se rétablit dans le camp des assiégés et le soir venu, la citadelle était pleine des corps entassés des féroces envahisseurs, qui demain serviront de pâture aux jeunes et assureront, pour cet hiver, l’existence de ces prévoyantes bâtes.

LA GÉOLOGIE EN DEUX CENTS LIGNES

PgNB lectrice aimable veut bien m’adresser ce mot, que je !^4rcproduis non sans plaisir :

« Vous avez le talent, Monsieur, d’intéresser les femmes >/ aux choses de la science. Sans être précisément Irivole, » j’avoue que je me souciais fort peu, avant de vous lire, » des petits mystères de la vie d’un insecte , d’une fourmi, » d’un oiseau. Vos Curiosités m’ont donné du goût pour ces j bêtes. Mais, dois-je le dire? je crois que le choix des »> sujets vous aide singulièrement, et que s’il est aisé de faire lire l’histoire des oiseaux , des papillons et des » fleurs, peut-être serait-il moins commode d’aborder » l’étude des machines, des composés chimiques ou des cail- » loux. Connaissez-vous la géologie? Je n’attends pas votre » réponse, et sans vous laisser le temps de la réflexion, je » viens vous demander quelques lignes sur la science des » pierres, la moins aimable et la plus ignorée de toutes. » Corbleu Madame ! Des pierres ! vous en aurez , et par monceaux! Mettant de côté celles qui brillent à vos oreilles, à votre main, — sujet aimable qu’il mènerait trop facile de traiter, — je vais fouiller avec vous les entrailles du sol, et vous jeter à la tête tous les granits, tous les schistes et toutes les laves que nous rencontrerons. Posez là, je vous prie, le galant ouvrage de ces doigts de fée, prenez à deux poings votre courage, et géologuons.

LA GÉOLOGIE EN DEUX CENTS LIGNES

Vous 11’attendez pas de moi, j’espère, une nomenclature abrupte des terrains, une description serrée des éléments moléculaires des roches. Peu vous importe, n’est-ce pas, que le gypse de Montmartre soit un •:< sulfate de chaux hydraté », ou que la pierre de votre foyer soit un « calcaire à Cerulùmn Inpidum ? » Si j’ai bien compris votre question, c’est la théorie géologique et non la science expérimentale qu’il vous plaît de connaître. — A merveille !

Je prends donc la terre à sa genèse, et je dis, avec la science moderne :

Imaginez, Madame, un globe de flammes, un sol^jl, mélange ardent de gaz, de métaux en fusion, de matières incandescentes. C’est la Terre. Le Créateur l'a jetée dans l'immensité froide , lui a assigné sa place exacte , et lui a dit : Tourne! Obéissante, cette masse de feu roule et décrit à travers l’espace la courbe éternelle que Newton et Képler ont définie.

Pendant des millions, des milliards d’années peut-être, elle a suivi le même chemin, dégageant autour d’elle d’énormes quantités de chaleur, échauffant les mondes voisins, comme le soleil dont elle était sortie, éclairant la lune, fécondant de ses rayons et de ses feux le monde étrange que j’ai dépeint ici. Mais la main puissante qui lui avait donné son impulsion et ses mouvements divers, ne l’abandonnait pas au sein du vide. U11 patient travail s’élaborait dans cette boule de dix mille lieues d’étendue. Les gaz légers se séparaient des corps solides et métalliques. L’or, l’argent et le cuivre, individualités de noble origine, refusaient de se mésallier avec les laves vulgaires. Les affinités, les antipathies se révélaient; Une intelligence rudimentaire se manifestait au milieu de ^es torrents embrasés; le grand ouvrage du classement universel commençait! L’homme, dans son orgueil, croit l’avoir inventé. 11 le déchiffre tout au plus, et

n’est pas très bon clerc en ces matières.

Faisons un saut de cent mille siècles.

Le globe de feu s’éteint par degrés. De la lune, où l’on suit

attentivement sa métamorphose, les jeux séléniens constatent des taches sur notre large disque étincelant. — Tel aujourd’hui le soleil à nos regards terrestres. Que sont ces taches? Des pellicules solides, ébauches de continents, embryons d’Himalajas, d’Alpes ou d’Apennins, qui rident àpeine lasurface déjà moins fluide de cette fournaise débordante...

A mesure qu’il accomplit son é vol ut on, les bouleversements se succèdent sur notre monde en travail. Une croûte aussitôt brisée se forme, puis se reforme et s’épaissit. Les vapeurs chaudes, au contact des couches glacées de l’atmosphère, se condensent en pluie, tombent en cascades fumantes, se vaporisent et 'retombent encore. Ainsi, peu à peu, se refroidit la fragile et mince enveloppe des creusets où le chimiste fond le soufre, tandis qu’au-dessous la masse reste liquide, et brûle...

Mais des colonnes de gaz, emprisonnées dans les entrailles du globe, se font jour ; une immense dilatation se produit, rompt la pellicule en mille débris qui s’engloutissent,remontent à flot, se ressoudent tumultueusement. Ces cataclysmes, vingt fois renouvelés, deviennent de plus en plus rares ; après une incommensurable série de siècles, que nulle imagination humaine ne saurait concevoir, un calme relatif s’établit enfin, les feux disparaissent, le silence succède aux détonations et au fracas. Le refroidissement gagne de proche en proche ; les porphyres, les laves etles basaltes se solidifient. C’est à peine si quelques volcans, — soupapes de sûreté du foyer central, — attestent par leurs convulsions l’existence de ce foyer, et révèlent au monde son origine de feu.

Voilà, Madame, le premier âge de notre terre, ce que les géologues appellent la période ignée ou plufomenne . Le granit qui se dresse en obélisque sur la place de la Concorde, les dalles qui s’étendent à nos pieds sur les trottoirs de Paris, sont contemporains de cette époque ; la Maladetta, le Mont-Blanc et le Cervin en sont les témoins gigantesques, et nous disent, par leurs prodigieux entassements, de quelles commotions épouvantables ils sont les fils.

LA GEOLOGIE EN DEUX CENTS LIGNES

Je franchis encore un milliQn de siècles,

— Et les sept jours de la G-enèse? me dites-vous?

— Ma foi, Madame, les géologues s'en préoccupent fort peu. Ils prouvent, par l’examen des diverses couches du sol, que la tradition biblique est inexacte, eteette doctrine est admise même par des membres du clergé. Le désaccord, au reste, n’existe que sur le mot jours, et s’il vousplait,nous les remplacerons par ceux-ci : sept trillions de milliards d'années. — Est-il besoin de se chicaner pour de pareilles misères!

La croûte solide du monde est donc formée. La carcasse, le squelette des continents s’étend d’un pôle à l’autre, avec ses arêtes montagneuses, les vastes bassins où rouleront ses mers, ses plaines désertes et ses vallons muets. La vie est absente. Quels êtres pourraient supporter la haute température de ces terres surchauffées? Les océans eux-mêmes ne sont pas fixes. Tandis que leurs flots bouillonnent et fument dans les abîmes, un soulèvement déplace leur lit, élève des monts au milieu de l'onde, fait succéder de larges îles aux humides étendues. Ces phénomènes, d'abord fréquents, se manifestent plus tard à de lointains intervalles; jusqu’à ce que les terres, tour à tour immergées et émergeantes, acquièrent enfin la température favorable aux premières ébauches de la vie. Les airs sont saturés d’acide carbonique; le sol est brûlant encore. C’est ici qu’apparaissent les plantes phanérogames, géants du règne végétal dont les représentants survivent au sein des forêts équatoriales.

Fougères colossales, palmiers et cycadées , forêts sans ombre des temps carbonifères, je vous salue ! Et lorsque je retrouve, en clivant un schiste, vos troncs déliés, vos stipes élégants, les fines nervures de vos folioles, je reporte ma pensée vers les âges où vous verdissiez sur les jeunes couches du sol naissant, non loin des rives où s’ébattaient le lourd ptérodactyle, l'étonnant ichthyosaure , et tous les

monstres étranges de cette création infernale !

Après la période que je viens de résumer à grands traits.

péiiode secondaire ou de transition des géologues, qui nous a laissé les vastes dépôts de houille, d’ardoises et de marbres, les conditions climatériques s’améliorent, la vie se répand et s’harmonise à la surface du sol. — Admirable prévoyance du Créateur! Tout se prépare pour la Créature. L air devient respirable, l’eau se condense, les plantes élaborent un milieu plus pur, les terres se couvrent de trésors embaumés. Tout est combiné pour le moment précis où doit apparaître la vie définitive. « Cela, dit Flourens, prouve Dieu » et un seul Dieu; s’ils eussent été deux, ils ne se seraient » pas si bien entendus ! »

Un long intervalle de repos succède aux catastrophes répétées, aux mouvements convulsifs de la masse terrestre. Alors se forment de nouveaux bassins, des mers nouvelles; les êtres pullulent. Mollusques, insectes, crustacés, des millions d animaux parfaits peuplent les airs et les eaux. Les forces créatrices prennent un irrésistible essor, et le monde se pare d’espèces à peu près semblables à celles qui vivent de nos jours.

Les oiseaux,lespoissons, lesmammifères rongeurs, les carnassiers, les singes, les grands ruminants, la plupart des êtres qui composent la faune actuelle se retrouvent dans les couches de cette troisième période — âge tertiaire des savants. Les serpents aux écailles diaprées et les batraciens aux durs coassements viennent étaler leurs couleurs, pour la première fois, au soleil de ces temps antéhistoriques. Une mer profonde recouvre le sol qui, plus tard, sera Lutèce. L'Auvergne est en feu; cent cratères vomissent le tuf et la ponce dans le Cantal et le Puy-de-Dôme. Comme aujourd’hui, les Pyrénées dressent vers le ciel leurs cimes sauvages. Mais la terre n’est encore habitée que par des animaux féroces; nul

être humain ne respire à la surface du globe.

Tout à coup, dernières secousses de la Nature, des affaissements immenses se produisent. Le niveau des mers change brusquement; les eaux se précipitent sur les continents et bouleversent la création. Des montagnes qui, jusqu’alors,

LA GÉOLOGIE EN DEUX CENTS LIGNES 29

avaient eu leurs flancs cachés dans le sein de la terre, surgissent au-dessus du niveau des plaines. Les Alpes et les Cordillières prennent leur relief actuel, et étalent leurs sommets hardis au-dessus des contrées qu’elles viennent d’inonder par leur formation. U11 nombre incalculable d’animaux trouvent la mort dans ce déluge, le centième peut-être depuis l’origine des choses, et le précurseur du déluge biblique. — Des milliers et des milliers d’ans s’écoulent encore !

Enfin, la tranquillité revient à la nature, les mers se circonscrivent, se resserrent et se renferment dans leurs limites actuelles. Des êtres plus parfaits font leur apparition définitive, et lorsque tout est disposé dans le ciel, dans les eaux et sur la terre pour la créature par excellence, l’homme apparaît, Madame, et ma leçon est terminée.

Page 1