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LES FUNÉRAILLES D'UN OISEAU

Sj^’AUTHuii délicat et charmant des Humbles, des Petits ^^Ifioèmes de In u , des lu inities , s’étonne de n’avoir jamais rencontré dans la campagne le mignon cadavre d’un oiseau. Que deviennent-ils donc, ce , hôtes joyeux de la forêt et des pelouses, lorsque leur petit cœur a cessé de battre? Quelle mystérieuse pudeur s'empare, aux derniers moments, de leurs âmes? Où vônt-ils exhaler dans un frémissement la note suprême de leur chanson?

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

A cette question du poète, nul poète n'a répondu. Mais la science, qui sait tout et d’autres choses encore, nous a dit le mot de l’énigme. C'est avec ses données précieuses que je vais vous conter le roman véritable des obsèques d’un oiselet. Ecoutez-moi, je vous prie, M. Coppée.

Mon voisin de campagne, le colonel R..., un des mutilés de Reichshoffen, a deux passions de jeunes filles: les fleurs et les volatiles. Il les idolâtre, le vieux héros. Lorsque M. Geoffroy Saint-Hilaire reçoit de l’Inde ou du Haut-Nil deux couples de ces admirables passereaux, de ces rutilants gallinacés ou de ces étonnants palmipèdes que tout Paris va voir au Jardin d’acclimatation, il y en a toujours un pour le colonel.

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